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Retour de Californie pour des têtes Maori



Retour de Californie pour des têtes Maori
WELLINGTON, mercredi 28 novembre 2012 (Flash d’Océanie) – Après une première série de cérémonies de restitutions de têtes momifiées Maori, également connues sous le nom de « Toi Moko », de France à leurs terres ancestrales de Nouvelle-Zélande, à partir de mi-mai 2011, deux nouveaux exemplaire de têtes, des « upoko » (crânes) ont réintégré mercredi leur sol ancestral, en provenance cette fois-ci de l’Université de Stanford (San Francisco) où elle se trouvaient depuis 1952.
Ce retour a fait l’objet de cérémonies de la part des tribus d’origine, à Waikato, lors de leur arrivée, avec une cérémonie traditionnelle d’accueil, un « powhiri ».
Destination ensuite prévue : le musée néo-zélandais Te Papa Tongarewa.
Les pourparlers avec l’Université de Stanford avaient débuté en octobre 2011, rapporte la radio nationale publique.
Les restes humains avaient été donnés par un agriculteur d’origine européenne, qui es avait ensuite donnés à un anthropologue de Stanford.

Tout récemment, un autre retour de « Toi Moko » a eu lieu, en provenance du Canada, où elle se trouvait depuis la fin du dix-neuvième siècle.
Une délégation Maori, pour ‘l’occasion, a fait le déplacement au Musée des Beaux Arts de Montréal, où une cérémonie traditionnelle, sur place, a eu lieu le 21 novembre 2012, avec force chants et gestes coutumiers.
Il s’agit de la cinquième et dernière tête du Musée de Montréal à être restituée.
Début octobre 2012, 22 têtes revenaient sur le sol néo-zélandais, en provenance de musées et instituts universitaires de Sydney (20 pièces) et de Perth (Australie occidentale, 2 pièces) pour réintégrer le Musée Te Papa de Wellington.

Deux autres « Toi Moko », jusqu’ici détenue par des établissements culturels norvégiens, ont été restituées début mai 2011 à une délégation néo-zélandaise venue spécialement pour l’occasion recevoir ce bien culturel des mains des responsables du Muséum d’Histoire Culturelle d’Oslo, où elles se trouvaient depuis les années 1930 au rayon ethnographie.
Mi-mars 2011, le Muséum d’histoire naturelle de Londres a pour sa part restitué les restes humains de 138 Aborigènes d’Australie originaires du Détroit de Torrès (extrême Nord du pays).

Dans le cadre de son programme de rapatriement de tous les restes humains Maori disséminés dans des musées d’une quinzaine de pays à travers le monde, le Musée Te Papa de Wellington aurait, depuis le début des années 1990, récupéré près de 330 têtes, momifiées ou tatouées.
Selon le Musée, il en resterait encore plus de cinq cents (dont une centaine de Toi Moko) à faire revenir.

Le volet français de ces restitutions

Début octobre 2011, côté français et concernant les « Toi Moko », l’annonce du retour d’une vingtaine de ces pièces désormais considérées dans le droit français comme restes humains et non plus pièces de musée, avait coïncidé avec la tenue d’une exposition intitulée « Maori : leurs trésors ont une âme » en association avec le musée néo-zélandais Te Papa Tongarewa.
Les Toi Moko figurent dans cette exposition, même si celle-ci avait été programmée avant le vote de la loi française autorisant le retour de ces objets vers leur pays d’origine.

Comme ce fut le cas lors des précédentes cérémonies de 2011, le départ de ces têtes de France, le 22 janvier 2012, a suivi le même scénario : une cérémonie à Paris, au Musée du quai Branly, en présence du ministre français de la culture, (à l’époque Frédéric Mitterrand), pour marquer la fin de l’exposition consacrée aux Maori.
Cette cérémonie avait aussi donné lieu à la signature d’une convention entre les musées Te Papa et du Quai Branly, avec comme idée forte de « formaliser et de renforcer » les relations de coopération entre les deux établissements culturels.
Quelques jours plus tard, le 26 janvier 2012, à Wellington, l’arrivée des têtes Maori a fait l’objet d’une cérémonie sur le Marae (place sacrée) du Musée Te Papa pour ces vingt têtes momifiées, en présence des hautes autorités locales et de l’ambassadeur de France en Nouvelle-Zélande, Francis Etienne, qui avait alors prononcé un discours au nom du gouvernement de son pays.

Première vague en mai 2011

La première vague de restitutions de ces têtes Maori au Musée néo-zélandais Te Papa (Wellington) a eu lieu le 12 mai 2011.
Le lot de têtes tatouées comprenait notamment une tête détenue depuis 1875 par le Muséum de Rouen (France).
Trois jours avant, à Rouen (France), une cérémonie officielle, en présence de délégation Maori et du gouvernement néo-zélandais, avait eu lieu afin de marquer cette restitution.
Cette cérémonie avait été fortement marquée par des gestes coutumiers Maori et un accueil de la délégation néo-zélandaise à l’Hôtel de Ville de Rouen par la députée-maire de Rouen, Valérie Fourneyron (considérée comme l’une des chevilles ouvrières du vote de cette loi).
Cette délégation incluait aussi Rosemary Banks, ambassadrice de Nouvelle-Zélande en France.
Une fois remise aux représentants de ce peuple premier de Nouvelle-Zélande, la tête maorie du Muséum d’Histoire Naturelle de Rouen s’est ensuite retrouvée au centre d’une cérémonie coutumière élaborée et réglée par les tribus et clans Maori et comprenant danses, hakas et hommages à l’esprit guerrier de l’ancêtre défunt.
Cette tête tatouée, de retour en Nouvelle-Zélande, a depuis fait l’objet de toutes les attentions du Musée Te Papa de Wellington.
C’est en effet après un rigoureux travail d’identification, en utilisant aussi les techniques les plus avancées, que chaque tête devrait retrouver son clan (« iwi ») d’origine.
Chacune d’entre elles devrait ainsi, au terme de ce processus, être inhumée selon les rites coutumiers et ancestraux des clans d’origine.

Voir à l’adresse suivante (http://vimeo.com/22288017 une vidéo de la tête, modélisée par le musée avant la restitution.

Un long combat politique en France

Au plan français, ces restitutions, depuis le vote d’une loi les autorisant en 2010, avaient marqué la fin d’une longue polémique concernant ces restes humains détenus par des établissements français.
Outre la vingtaine de têtes du Musée du Quai Branly, d’autres de ces objets, détenus dans d’autres établissements français (La Rochelle, Lyon, Rochefort, Dunkerque, Rouen, Lille, Marseille, Montpellier, Nantes) devaient retrouver le chemin de la Nouvelle-Zélande courant 2012.
Pour la France, le facteur déclenchant remonte à mai 2010, lorsque l’Assemblée Nationale française a adopté un texte de loi qui scelle définitivement le processus de restitution à la Nouvelle-Zélande de têtes Maori momifiées se trouvant dans des musées français.
« Depuis 2003, les autorités néo-zélandaises ont suivi une politique visant à faciliter le rapatriement des Toi Moko et des « koiwi tangata Maori » (les restes d’ancêtres Maori) se trouvant dans les musées à travers le monde. Les Toi moko et les koiwi tangata de certaines collections de musées d’objets océaniens datant du dix neuvième siècle. À ce jour, quelque trente neuf institutions à travers le monde ont collaboré dans le cadre de rapatriements similaires », rappelait alors le gouvernement néo-zélandais, tout en saluant le vote français de cette loi.

La gratitude du gouvernement néo-zélandais

« Cette décision de la part du Parlement français reconnaît l’importance culturelle et spirituelle qu’attache la Nouvelle-Zélande, et en particulier le peuple Maori, de ramener les Toi Moko chez eux, sur leurs terres ancestrales. La Nouvelle-Zélande apprécie ce geste. C’est une question de grande importance pour les Maori, qui croient que, à travers ce retour de leurs ancêtres sur leur sol ancestral, leur dignité s’en trouve rétablie, et que désormais, ils peuvent reposer en paix parmi les leurs », soulignait en mai 2010 le gouvernement néo-zélandais après le vote de la loi française donnant le feu vert à la restitution des têtes.

Ce dossier avait suscité une vive polémique ces quatre dernières années, avec en fer de lance, du côté des partisans de cette restitution, la ville de Rouen et son Muséum d’Histoire Naturelle hébergeant une de ces têtes.
En octobre 2007, une polémique s’était fait jour après que Christine Albanel, alors ministre de la culture, se soit opposée à l’intention de restitution exprimée par Rouen.

Le Sénat, première étape franchie en 2009

Fin juin 2009, le Sénat français s’était prononcé unanimement en faveur d’une motion proposant le retour et de fait la restitution de l’ensemble des têtes momifiées Maori, conservées jusqu’ici dans plusieurs musées de France, sur la base qu’il ne s’agissait non pas d’objets d’arts, mais de restes humains.
La mise aux voix de ce texte avait été précédée de la première intervention devant le Sénat du ministre français de la culture, Frédéric Mitterrand, nommé quelques jours auparavant.
La ville de Rouen s’apprêtait alors à renvoyer la tête d’un grand chef Maori, qu’elle détenait depuis 1875, au musée néo-zélandais Te Papa.
Cette décision avait, en 2009, suscité l’opposition de la ministre de la Culture Christine Albanel, sur la base de craintes selon lesquelles cette décision pourrait ouvrir une sorte de boîte de Pandore.
À l’époque, Christine Albanel s’inquiétait en effet d’une remise à l’ordre du jour d’une procédure visant à rendre obsolète la notion d’ « inaliénabilité » des collections des musées français, qui pourrait alors, de fait, concerner des pièces-clés des collections de musées français, comme par exemple des momies égyptiennes.
À l’origine du texte présenté aux députés : la Sénatrice (Centre) de la Seine-Maritime et conseillère municipale de la ville de Rouen, Catherine Morin-Dessailly.
Ces têtes de personnes tatouées et ensuite momifiées (connues en Nouvelle-Zélande sous le nom de « toi moko « ) sont reconnues dans la culture Maori comme un hommage posthume de la part d’une tribu ou d’un clan envers les plus prestigieux de leurs guerriers décédés.
« À l'origine pratique rituelle (…) la momification des têtes est devenue, sous l'effet de la curiosité macabre des voyageurs et des collectionneurs européens, l'objet d'un commerce particulièrement barbare (…) On ne construit pas une culture sur un trafic, sur un crime.
On construit une culture sur le respect et l'échange, sur une véritable pratique de la mémoire », avait affirmé M. Mitterrand avant le vote des Sénateurs, le 30 juin 2009.

pad

Documents ressource :
LOI n° 2010-501 du 18 mai 2010 visant à autoriser la restitution par la France des têtes maories à la Nouvelle-Zélande et relative à la gestion des collections (1)

À l’adresse suivante :

http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=d528606&idtable=d44293920090629_13|d128606-66793_5|d075282|d078852|d528606&_c=maori&rch=ds&de=20080506&au=20110506&dp=3+ans&radio=dp&aff=28606&tri=p&off=0&afd=ppr&afd=ppl&afd=pjl&afd=cvn

Rédigé par PAD le Mercredi 28 Novembre 2012 à 05:30 | Lu 987 fois




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