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Relance : ​"Le temps joue contre nous, contre les entreprises, contre l'emploi"



Après les annonces du Pays, le président du Medef souhaite que "les engagements qui ont été pris soient engagés au rythme où ils ont été annoncés et avec la méthode qui a été proposée".
Après les annonces du Pays, le président du Medef souhaite que "les engagements qui ont été pris soient engagés au rythme où ils ont été annoncés et avec la méthode qui a été proposée".
Tahiti, le 27 juillet 2020 – Dans un entretien à Tahiti Infos, le président du Medef de Polynésie française, Frédéric Dock, explique ses attentes sur le plan de relance du gouvernement attendu pour le mois d'août. "Notre principal ennemi, aujourd'hui après le Covid-19, c'est le temps", estime le patron des patrons.
 
Pour le Medef, les annonces sur le maintien et l'accélération de la commande publique d'ici la fin de l'année font l'effet d'un premier volet du plan de relance ?
 
"Oui. Ce premier volet, on l'a dit, répond parfaitement à la demande à court terme avec la relance des projets publics. Et, encore une fois, on ne peut que saluer ce que nous a présenté le gouvernement. Maintenant, sur le déroulement de ce premier volet, ce dont il faut être conscient, c'est que notre principal ennemi, aujourd'hui après le Covid-19, c'est le temps. Le temps joue contre nous, contre les entreprises, contre l'emploi et contre le Pays. Il faut donc que les engagements qui ont été pris soient engagés au rythme où ils ont été annoncés et avec la méthode qui a été proposée avec notamment l'observatoire du BTP. C'est la première chose. La deuxième, c'est de travailler dans les freins et dans les leviers qui ont été évoqués. C'est-à-dire dans les textes qu'on a la chance de pouvoir faire évoluer grâce à notre statut d'autonomie, pour les rendre plus efficaces. Ça va du code des marchés publics aux règles d'urbanismes liées à l'obtention des autorisations."
 
Outre l'investissement public, qu'attendez-vous du plan de relance du Pays ?
 
"Sur le volet deux, on est sur un temps plus long, mais pour lequel on a déjà pris énormément de retard. Ce sont les investissements structurants. La semaine dernière, j'en ai cité deux : transition énergétique et numérique. Sur les énergies renouvelables, on a manqué le rendez-vous des 50% en 2020. Il n'est pas question de manquer l'objectif du Pays en 2030 de 75% d'énergie renouvelable. Il faut d'ailleurs noter qu'il a été annoncé la semaine dernière en Europe un cap historique, où les énergies renouvelables ont généré plus d'électricité que les combustibles fossiles sur tout le premier semestre 2020. On est donc déjà en retard par rapport à la moyenne européenne, ce qui est un peu frustrant quand on connaît les ressources dont on dispose… Sur la partie numérique, on sait aussi qu'on a déjà investi plus de 30 milliards dans l'accès au très haut débit en Polynésie, et qu'il ne faut aujourd'hui plus que quelques milliards pour permettre à une bonne partie de la population d'y accéder. (…) Evidemment, ces deux secteurs ne sont pas les seuls, il y a les infrastructures portuaires ou aéroportuaires, certains secteurs comme l'agriculture dont on sait combien il est important qu'elle gagne en autonomie… Ce sont ces sujets qui ont fait l'objet, au Medef, de discussions et de propositions. Il faut maintenant qu'on se retrouve autour d'une table pour déterminer les objectifs et les leviers pour en accélérer le passage."
 
Avez-vous rencontré le Pays et évoqué avec lui des demandes spécifiques pour certains secteurs de l'économie ?
 
"On a rencontré le Pays, on a échangé sur ces sujets. On leur a remis le résultat de nos premières réflexions et on s'est mis à leur disposition pour pouvoir travailler avec eux en concertation sur ces sujets. Pour l'instant, on n'a pas encore concrétisé ces rendez-vous, mais ils sont pris et on est organisé pour travailler avec eux."
 
Est-ce que vous craignez que le montant du prêt garanti par l'Etat ne soit pas suffisant pour permettre un plan de relance suffisant ?
 
"Ce n'est pas aujourd'hui ce qui est le plus important. Le seul à pouvoir engager des financements comme ils l'ont fait sur le premier volet dont on parlait, c'est bien le public. Ce n'est pas le privé. Par contre, sur ce qui relève des énergies renouvelables comme du numérique, des financements peuvent être trouvés, que ce soit dans le secteur privé ou auprès d'autres opérateurs financiers, à notre avis, sans aucune difficulté. Donc je pense qu'aujourd'hui le financement n'est pas le principal problème. Le problème, c'est de se mettre d'accord sur la stratégie et les objectifs. Et ensuite de chercher ensemble le financement, qu'il soit public ou privé. Aujourd'hui, on n'a pas identifié de véritables problèmes de financement des investissements. Après, c'est certain que s'il n'y a pas d'investissements, il n'y a pas d'économie, il n'y a pas de recettes sociales et il n'y a pas de recettes fiscales. Donc l'urgence, c'est de relancer les investissements. Commencer par la fin, c'est à dire se préoccuper de l'absence de recettes fiscales et sociales, c'est se condamner à une décroissance économique inéluctable et suicidaire."
 
Vous défendiez la mise en place d'un dispositif d'activité partielle en Polynésie pendant la crise. Est-ce que les amortisseurs de type DiESE et DESETI peuvent jouer ce rôle ?
 
"Aujourd'hui, on n'a pas encore suffisamment de recul sur la mise en place du DiESE en particulier. Il va dépendre évidemment de la reprise d'activité, en particulier touristique, sur laquelle il faut rester extrêmement prudent. Sur l'activité partielle comme on l'a souhaité, elle ne pourra pas se faire au niveau de ce qui se fait en métropole sans l'aide de la métropole. Parce que ça fait appel à des niveaux de montants dont ne dispose pas aujourd'hui la Polynésie. Il faut être cependant conscient de l'enjeu. Il faut rappeler que la situation de l'emploi en 2019 était déjà extrêmement sensible, puisque le taux d'activité en Polynésie était proche de 50%, c'est-à-dire bien inférieur en particulier à la métropole. Et le risque que l'on a, c'est que quelqu'un qui quitte une entreprise sorte du système social et fiscal normal. C'est-à-dire que le risque qu'a la Polynésie, comme ça s'est passé en 2008, c'est que progressivement des gens sortent du système du salariat pour passer dans ce qu'on appelle le halo du chômage et qui, ici, signifie qu'il n'est plus identifié et qu'il n'alimente plus ni les caisses sociales, ni fiscales. Donc, il faut continuer à réfléchir à tous les moyens possibles pour garder les gens dans un système structuré comme il l'est aujourd'hui et c'est pour ça que le Medef a fait des propositions notamment sur l'emploi des jeunes et la manière de garder les salariés dans l'entreprise."
 
On a évoqué la question d'une caisse chômage il y a quelques semaines, quelle est la position du Medef sur cette proposition ?
 
"La question de l'amortisseur social est une très bonne question. Elle a été placée en première priorité de travail du Medef. Et on travaille actuellement sur le sujet. Sachant que de nombreux dispositifs existent dans le monde et qu'on va prochainement livrer nos propositions sur le sujet. Mais c'est vrai qu'il est difficile d'imaginer aujourd'hui qu'on ne puisse pas prévoir un amortisseur social au salarié qui aurait perdu involontairement son emploi."
 
Avez-vous déjà échangé avec les syndicats de salariés ou le Pays sur ce sujet ?
 
"Non, pour l'instant c'est le Medef et les entreprises qui doivent livrer leur analyse et leur avis sur la situation. C'est vraiment un travail que l'on doit faire en tant qu'entreprise et en tant que citoyen sur la manière dont on perçoit un système vertueux d'amortissement social, de manière à ne pas tomber dans les excès que l'on a pu voir dans certains pays et pas davantage dans les crises sociales et personnelles que l'on peut imaginer."
 

​Les "réflexions" du Medef pour une "relance durable"

Le Medef de Polynésie française a adressé début juillet au gouvernement les "réflexions engagées par les commissions permanentes" de l'organisation patronale pour "une relance durable".
 
  • Volet emploi et formation : Maintien des emplois et des compétences pour "garder dans l'entreprise le salarié par un dispositif d'activité partielle", avec une allocation permettant de maintenir 70% de la rémunération antérieure brute, plafonnée à 4,5 Smic, versée directement à l'entreprise par la CPS, financée à 67% par l'Etat et 33% par le Pays ; Plan massif de soutien aux jeunes avec notamment un "dispositif incitatif à la prise de stagiaire en entreprise" ; Optimiser les dispositifs d'aide à l'emploi en ouvrant l'ACT aux CDD sur 12 mois maximum et motiver l'ACT des CDI avec une prise en charge des charges patronales élargie à 3 fois le Smig ; Mettre en place l'observatoire de l'emploi.
 
  • Investissement : Lever les freins opérationnels et administratifs à un "choc de relance" et s'engager sur un calendrier au sein de l'observatoire du BTP ; Relancer la commande privée avec une fiscalité incitative en "relançant l'esprit du code des investissements pour des crédits d'impôts", en "optimisant les délais d'instruction des dossiers de défiscalisation nationale", en "ajustant le dispositif de défiscalisation locale" et en "mettant en place l'observatoire de l'habitat".
 
  • Soutien direct aux entreprises : Définir une règle d'abattement fiscal pour les entreprises impactées par les mesures de confinement en reportant l'impôt sur les sociétés 2019 par intégration à l'impôt sur les sociétés 2020, en reconsidérant le 4% handicapé en le réduisant à 1% pour 2021 et 2022, en relançant l'accès au dispositif de contribution au service public de l'électricité (CSPE) pour limiter les charges d'électricité et en exonérant de loyers les entreprises et commerces présents sur la plateforme aéroportuaire.

​Le plan de relance attendu "courant août"

Passés les dispositifs du plan de sauvegarde économique mis en place pendant le confinement et la crise du Covid-19, le gouvernement planche actuellement sur un plan de relance de l'activité économique. Le président Edouard Fritch l'a annoncé le 10 juillet dernier, ce plan sera présenté "dans le courant du mois d'août". Pour l'heure, il ressort des différents ministère que ce plan comportera un volet de mesures sectorielles actuellement coordonnées par le vice-président, des mesures de soutien à l'emploi pour éviter les licenciements ou permettre les réembauches et un aménagement de la réglementation pour permettre d'accélérer la commande publique. Edouard Fritch doit préciser samedi, à l'occasion du conseil politique élargi du Tapura Huiraatira, les grandes lignes de ce plan de relance.
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Lundi 27 Juillet 2020 à 22:06 | Lu 6809 fois





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