Tahiti Infos

Reine de beauté et externe au Taaone


La plus jolie stagiaire du CHPF, élue deuxième femme la plus belle au monde l'année dernière.
La plus jolie stagiaire du CHPF, élue deuxième femme la plus belle au monde l'année dernière.
PAPEETE, le 29 octobre 2015 - Marine Lorphelin, Miss France 2013 et 1ère dauphine de Miss Monde 2014, est en stage à l'hôpital de Taaone pour six semaines. Étudiante en quatrième année de médecine, elle nous raconte pourquoi elle a décidé de revenir à Tahiti et comment elle trouve notre Pays, côté beauté et côté médecine.

Elle était déjà venue à Tahiti l'année dernière, c'était l'une des sept Miss France qui avaient sélectionné Hinarere Taputu pour devenir Miss Tahiti (un bon choix puisqu'elle a terminé première dauphine de Miss France et va maintenant se présenter à Miss monde). On se souvient qu'alors un petit fait divers avait fait les entrefilets des médias locaux : Marine Lorphelin, Miss France 2013, avait été victime d'un accident de wakeboard et avait dû aller aux urgences du CHPF pour se faire soigner. Un an plus tard la revoilà, mais de l'autre côté du stéthoscope puisqu'elle y fait un stage de 6 semaines en tant qu'externe de médecine.

Tahiti Infos : C'est donc ton passage au CHPF en 2014 après ton accident de wakeboard qui t'a poussée à y revenir ?
Marine Lorphelin : Alors ce n'était pas un accident de wakeboard (rire), c'était un accident de la vie quotidienne complètement bête, et voilà. Je ne vous expliquerai pas de quoi il s'agit mais… C'était un petit accident de rien du tout. Mais j'ai découvert l'hôpital, très moderne, très propre, il m'a plu.

TI : Pourtant ici l'hôpital est très critiqué, des Polynésiens le trouvent mal conçu…
ML : Après je n'ai pas eu le temps de me balader la dernière fois, mais j'étais agréablement surprise par les locaux, vraiment neuf. J'ai déjà fait quelques stages en France, et ici la structure d'accueil est très bien. Et j'avais discuté avec les médecins et les patients, et ils étaient tous très sympa. Donc je m'étais dit que je pourrais allier l'utile à l'agréable en faisant un stage ici.

TI : Ton dernier séjour était dans le contexte très glamour de Miss France, Bora Bora et les grands hôtels. Là tu vois une face complètement différente de la Polynésie : les patients au régime de solidarité, les maladies chroniques liées à l'obésité, les femmes battues…
ML : C'est ça, on voit un peu de tout. Les urgences c'est l'école de la formation médicale par excellence. On voit les accidents de la vie quotidienne, les difficultés des gens…

TI : Très différent de l'image publique
ML : C'est sûr qu'il y a l'accueil très chaleureux des gens, la bonne humeur, la beauté incroyable de la destination. Mais je ne m'attendait pas à ce qu'il y ait encore cette ruralité, le fait qu'il y ait des patients qui attendent très longtemps avant de voir un médecin, ou qui vont voir des médecins traditionnels dans les campagnes et les villages un peu loin de la ville. Et ce n'est pas du tout un reproche, mais du coup ils arrivent ici avec des problèmes qui ont pris des proportions importantes, alors qu'au début ce n'était peut-être rien du tout. Et ici à cause du climat tropical dès qu'il y a une petite plaie on met tout de suite des antibiotiques. C'est très différent de la France.

TI : Donc même la médecine est différente. Ça doit être intéressant pour un étudiant en médecine, en plus des vacances.
ML : Oui et il y a des pathologies différentes, le chikungunya, la dengue, la ciguatera… C'est plein de soucis de santé et de pathologies que je ne verrai pas en France, c'est intéressant.

TI : Et du point de vue d'une miss, Tahiti c'est la culture de la beauté de la femme. Est-ce que tu as vu ces différences ?
ML : Oui, on sent que la culture tahitienne est différente. La langue est très parlée, les gens parlent tahitien entre eux. La nourriture, la culture est différente… On sent aussi que la culture américaine est très présente, il y a ces problèmes d'obésité… Mais par contre c'est sûr que les femmes sont coquettes, elles portent de belles robes à fleurs, elles mettent des fleurs à l'oreille… J'ai vu ça hier en rentrant, j'ai croisé les lycéennes qui rentraient de l'école et la plupart avaient la petite fleur de tiare à l'oreille. C'est vraiment bien de respecter et d'assumer sa culture. En six semaines, je devrais déjà en avoir un aperçu.

TI : Et pour tes futurs longs stages d'interne tu pourrais revenir au CHPF ?
ML : Oui, pourquoi pas oui. Je suis quand même très intéressée par Tahiti et les Dom-Tom, c'est la France du bout du monde et il y a plein de cultures qui se mélangent, c'est très intéressant. Et même au niveau médical il y a encore plein de choses à développer, c'est passionnant. Il y a la Nouvelle-Calédonie, je n'y ai pas encore fait de stages même si j'y suis allée. Donc d'abord un stage là-bas et puis ensuite pourquoi pas des stages de six mois ou un an en tant qu'interne ici, ou ailleurs.

TI : C'est rare de trouver des reines de beauté qui soient également médecin. Est-ce que ce cumul est un atout ? Un handicap ?
ML : En tout cas pour moi ça a été un atout quand j'étais candidate à Miss France. On me disait "c'est chouette d'avoir une candidate à Miss France qui fait des études de médecine." Ca a parlé aux gens, ils ont été touchés par mon domaine d'étude. Médecine c'est fait pour soigner la population et être au service des gens, ça leur a parlé. Ça m'a peut-être aidé à gagner aussi, je ne sais pas.

Après dans l'autre sens… Bon là ça me prend un peu de temps, parce que les médias tahitiens m'aiment bien (rires), mais tant mieux. Mais là vous venez tous dans le service, ça me perturbe un peu (NDA : désolé). J'aime bien séparer les deux, quand je suis à l'hôpital j'essaie d'être Marine Lorphelin étudiante en médecine, et en dehors je me prête volontiers au jeu des photos et des évènements, ma vie de miss et de personnalité… Après je ne sais pas si c'est un atout ou un inconvénient pour ma carrière médicale. Je pense que c'est un atout pour les patients qui me reconnaissent, parce qu'ils sont super heureux, ils ont le sourire, ça leur apporte un petit quelque chose, de la bonne humeur. S'ils me demandent une photo, j'accepte volontiers il n'y a aucun soucis. Mais au niveau des médecins je dois faire mes preuves et leur montrer ce que je vaux, comme les autres étudiants. Tout ne m'est pas servi sur un plateau d'argent, et mes études il va falloir que je les réussisse et que je les valide.


Rédigé par Jacques Franc de Ferrière le Jeudi 29 Octobre 2015 à 15:40 | Lu 4845 fois