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Reconnu coupable de tentative de meurtre, l’accusé condamné à 30 ans ferme


Tahiti, le 26 mai 2024 – L’homme de 49 ans jugé par la cour d’assises depuis mercredi a été condamné, vendredi, à trente ans de réclusion criminelle. Le quadragénaire, auquel il était reproché d’avoir violé et tenté de tuer une sexagénaire en juin 2015 à Raiatea, a été reconnu coupable de tentative de meurtre malgré ses dénégations.
 
Après en avoir délibéré durant environ trois heures, les jurés de la cour d’assises de Papeete ont condamné, vendredi après-midi, l’accusé qui était jugé depuis trois jours pour viol et tentative de meurtre. L’homme, un père de deux enfants, âgé de 49 ans, a écopé de trente ans de réclusion criminelle tel que requis par le ministère public. 
 
Plus tôt durant cette troisième et dernière journée de procès, l’avocat pénaliste parisien de la victime, MeMatthieu Chirez, avait tenu à rendre un hommage appuyé à sa cliente, une femme “grâce” à laquelle ce dossier a pu être jugée. Dans le cadre de cette affaire résolue sept ans après les faits, l’enquête avait en effet été marquée par des errements procéduraux qui auraient, selon l’avocat, pu permettre à la victime d’engager des poursuites. Abordant l’intention de tuer, niée par l’accusé, Me Chirez s’est dit convaincu que l’homme avait bien essayé de lui ôter la vie. “On ne prend pas un parpaing en béton de cette taille pour aller faire une balade dans le lagon ! De plus, il l’a frappée avec cette arme non pas sur la jambe, mais sur la tête qui est une zone vitale.”
 
“Survie”
 
Alors que l’accusé a assuré tout au long du procès qu’il n’avait pas prémédité cette agression et qu’il ne savait pas pourquoi il avait agressé la victime, l’avocat général a ensuite soutenu que le quadragénaire savait que cette femme était seule chez elle et qu’il avait tenté de la tuer pour ne pas qu’elle le reconnaisse et le dénonce. “Elle ne doit sa survie qu’à elle-même”, a-t-il martelé avant de requérir la lourde peine de trente ans de réclusion criminelle assortis des deux-tiers de sûreté à l’encontre de l’accusé, non sans avoir rappelé que ce dernier avait déjà été condamné pour des faits similaires en 1998. 
 
Face à la gravité des faits et aux antécédents de son client, Me Hina Lavoie a entamé sa plaidoirie en abordant sa conviction selon laquelle “toute personne a le droit d’être défendu”. Tel que l’on avait pu le pressentir durant le procès, elle a ensuite fermement réfuté l’idée selon laquelle son client avait eu l’intention de tuer la victime. “Durant ces trois jours, on a exagéré, on a essayé de lui faire dire des choses fausses mais initialement, il est entré dans cette maison pour voler. Il voulait assommer la victime mais pas la tuer.”
 
Après en avoir délibéré, les jurés ont donc suivi les réquisitions de l’avocat général en condamnant le quadragénaire à trente ans de réclusion criminelle. Ils n’ont cependant pas assorti cette peine d’une période de sûreté tel que cela avait été requis par le ministère public. 
 

Rédigé par Garance Colbert le Dimanche 26 Mai 2024 à 21:59 | Lu 2591 fois