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Réchauffement de 2°C : mission impossible de la communauté internationale ?



Réchauffement de 2°C : mission impossible de la communauté internationale ?
BONN, 13 juin 2013 (AFP) - La communauté internationale a commencé à relever ses manches pour bâtir le grand accord sur le climat de 2015 qui doit permettre de contenir le réchauffement à 2°C, un défi colossal voire hors d'atteinte selon certains.

Le cycle de négociations onusiennes qui se tient depuis le 3 juin et jusqu'à vendredi à Bonn a lancé le compte à rebours jusqu'au rendez-vous de Paris où, dans deux ans et demi, doit être adopté l'accord le plus ambitieux jamais conclu sur la lutte contre le changement climatique.

Quel niveau de contrainte? Quels engagements des différents pollueurs à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre? Doit-on continuer à être plus souple avec les grands pays émergents comme la Chine, au nom de leur droit au développement?... Les sujets épineux sont légion, mais l'objectif affirmé est de contenir le réchauffement à 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels.

"Sur le papier, c'est possible", estime le climatologue Jean Jouzel, "mais ça semble très difficile".

Avec une hausse continue des émissions polluantes, la concentration de CO2 dans l'atmosphère a récemment atteint le seuil de 400 ppm (particules par million), un niveau jamais atteint dans l'histoire humaine.

Selon le groupe d'experts de référence sur le climat (Giec), limiter l'élévation du thermomètre entre 2°C et 2,4°C suppose que la concentration de CO2 plafonne à 350-400 ppm. "Il faut au moins diviser par deux les émissions d'ici 2050 avec un pic au plus tard, disons en 2020", explique M. Jouzel, vice-président du Giec.

L'objectif des 2°C a été adopté formellement lors du sommet de Copenhague en 2009. Une frontière dessinée par les politiques à partir de travaux scientifiques sur l'impact de divers seuils de température sur les coraux, la calotte du Groenland, la productivité agricole...

"Les 2°C sont peut-être un peu symboliques, mais l'idée est que si on va delà, on prend des risques vis-à-vis de nos capacités d'adaptation", résume M. Jouzel.

A cet égard, en marge des discussions de Bonn, des scientifiques ont rappelé l'intérêt de limiter le réchauffement à 2°C par rapport à 4°C, plus ou moins la trajectoire actuelle.

Cela permettrait "d'éviter environ un cinquième des impacts potentiels en matière de stress hydrique (...) et les deux tiers des victimes d'inondations sur les côtes", a expliqué Jason Lowe, du Centre Hadley sur le changement climatique (Grande-Bretagne).

Canots de sauvetage

Un objectif chimérique? Fin 2012, l'ex-grand patron des négociations onusiennes sur le climat, Yvo de Boer, l'avait jugé "hors d'atteinte". Et cette semaine, un think tank allemand influent, le SWP, consacrait une tribune entière dans le quotidien britannique The Guardian à "l'échec annoncé de l'objectif des 2°C, dont personne ne veut vraiment parler".

Dans les couloirs de l'hôtel Maritim, où se déroulent les négociations sur le climat, même si on constate que la "fenêtre d'opportunité" se ferme à toute vitesse, personne n'envisage de remettre en cause le seul objectif tangible des pourparlers, par crainte d'ouvrir la boîte de pandore.

Pour l'ambassadeur des Seychelles, Ronald Jumeau, dont le pays est un des nombreux Etats insulaires menacés par la montée des eaux et qui plaident même pour un objectif d'1,5°C, une ambition revue à la baisse reviendrait à "sacrifier" les plus vulnérables.

"Les négociateurs des petites îles pourraient alors rentrer chez eux et s'acheter des canots de sauvetage", commente-t-il.

Interrogée récemment sur le sujet, la commissaire européenne en charge du Climat, Connie Hedegaard, a rappelé que les 2°C avaient "été acceptés par 120 dirigeants du monde entier il y a trois ans et demi". Et de demander : "Parce que c'est dur, il faudrait changer d'ambition?".

"Il faut de la volonté politique et une vision, et pour l'instant, il n'y en a pas vraiment", reconnaît un négociateur européen. "Mais si on abandonne l'objectif des 2°C, pourquoi s'arrêter à 3°C?", interroge-t-il, "on laissera filer et on ne peut pas se permettre cette logique là".

Rédigé par Par Claire SNEGAROFF le Jeudi 13 Juin 2013 à 06:17 | Lu 189 fois




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