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Quels quotas de produits locaux dans nos cantines


Tahiti, le 7 septembre 2022 – Le gouvernement a fixé mercredi les quotas de produits locaux dans les cantines scolaires pour la toute première année d'application de cette obligation votée en fin d'année dernière. Aux cantines de se préparer…
 
Un peu moins d'un an après le vote de la loi du Pays organisant la “promotion des produits locaux dans les cantines scolaires”, un arrêté pris mercredi en conseil des ministres est venu rappeler que des obligations alimentaires s'imposent à toutes les cantines du fenua depuis la rentrée scolaire d'août 2022. Dans les établissements du premier et du second degré de l'ensemble des archipels polynésiens, les cantines devront servir un taux minimum de produits locaux établi après consultation du premier “comité des produits locaux” au mois de juillet dernier.
 
Sans déroger aux principes annoncés il y a un an lors du vote du texte, le gouvernement a acté la présence minimale dans les assiettes des écoliers, collégiens et lycéens de 50% de fruits et légumes locaux, 25% de féculents ou produits vivriers issus du terroir polynésien et 80% de poissons pêchés au fenua. Des taux abaissés de 10 points pour l'archipel des Tuamotu “afin de prendre en compte les conditions particulières et peu propices à l'agriculture des atolls”, précise la loi du Pays. Pour la viande, un dispositif particulier a été mis en place en raison des disparités entre Tahiti où est localisé le seul abattoir polynésien à ce jour et les archipels dépourvus de structures d'abattage fonctionnelles. Tahiti et Moorea ont donc une obligation de proposer 15% de viande locale dans les cantines, mais sans aucune obligation de ce type dans les autres îles. Des taux qui sont tous “minimaux” mais qui ne sont évidemment pas plafonnés.
 
27% en moyenne
 
Ce pourcentage de produits locaux est calculé annuellement. Il pourra donc être révisé à l'avenir pour accentuer éventuellement la politique du Pays. Notons qu'une définition d'un “produit local” est fixé par la loi du Pays et qu'il doit s'agir de denrées alimentaires dont “50% au moins des matières premières ont été produites en Polynésie française”. La réglementation n'oblige donc pas strictement l'établissement à cuisiner avec les seuls produits locaux, mais à base de ces aliments.
 
En 2019, une étude commandée par le ministère de l'Agriculture réalisée sur un panel d'établissements du premier et du second degrés du fenua avait établi que, tous archipels confondus, 27% des produits de la restauration scolaires étaient issus de la production agricole et de la pêche polynésienne. Trois ans plus tard, les cuisines centrales et cantines scolaires devront organiser et pérenniser leurs chaînes d'approvisionnement pour atteindre les taux requis. La loi du Pays prévoit d'ailleurs que “sur demande dûment justifiée” adressée “au ministre de l'Agriculture”, un report pourra être décidé “pour un ou plusieurs groupes d'aliments” ou encore pour “certaines communes ou zones géographiques”. Notons que s'il n'existe a priori pas de sanction connue en cas de non-respect de ces taux de produits locaux dans les cantines, chaque établissement doit présenter annuellement “avant le 31 décembre de l'année écoulée” un rapport sur les quantités, la part des produits locaux et même les coordonnées des fournisseurs.
 

​Les taux minimums de produits locaux dans les cantines scolaires

Dans les archipels autres que les Tuamotu
 
Fruits :             50%
Légumes :       50%
Féculents :      25%
Poisson :         80%
 
Dans l’archipel des Tuamotu
 
Fruits :             40%
Légumes :       40%
Féculents :      15%
Poisson :         70%
 
À Tahiti et Moorea
 
Viande : 15%
 
Dans les îles autres que Tahiti et Moorea
 
Viande : 0%

Rédigé par Antoine Samoyeau le Mercredi 7 Septembre 2022 à 20:54 | Lu 1993 fois