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Quelle fin de vie pour le Taporo VII ?


Tahiti, le 2 septembre 2025 - Que faire du Taporo VII ? Partiellement ravagé par un incendie, à deux doigts de couler puis renfloué, le Taporo VII est bloqué à quai depuis près de trois ans en attendant de finir sa vie.  Son armateur demande à la couler en mer... Le Pays et l'Etat refusent.

 

Cela fait trois ans que le Taporo VII a été frappé par un incendie. Mais son avenir est toujours incertain. La société détentrice du navire, la Compagnie française maritime de Tahiti, a demandé au Pays, puis à l’État, l’autorisation de saborder le navire en mer, mais par deux fois, l’absence de réponse a acté les refus des deux autorités.  

Sommé de quitter le quai du Port autonome où sa carcasse n’est plus la bienvenue, le Taporo VII est aussi interdit par le Pays et l’État d’être coulé au large tandis que la société détentrice du navire oppose ne pas pouvoir compter sur une société locale qui pourrait le dépolluer et le découper pour le mettre au rebut. 

Pour contester ces refus de couler l’ancien transporteur au large, la Compagnie française maritime de Tahiti a déposé deux recours au tribunal administratif qui étaient étudiés ce mardi.  

De ce double recours, deux avis ont été exposés par le rapporteur public du tribunal administratif. Concernant le recours contre le refus du Pays d’autoriser l’envoi par le fond du bateau dans les eaux territoriales (moins de 12 milles nautiques des côtes, NDLR), le rapporteur public préconise de ne pas donner suite à la demande de la Compagnie française maritime de Tahiti, le recours ayant été déposé hors délais.  

Cependant, il pourrait rester une porte de sortie pour le Taporo VII du côté de l’État. En effet, l’absence de réponse par le haut-commissariat, ayant valeur de refus, n’a paradoxalement pas été appuyée par une demande complémentaire des pièces manquantes au dossier (étude d’impact, etc.) de l’État envers la compagnie maritime. C’est en tout cas ce qu’a exposé le rapporteur public sur ce point précis. “L’administration aurait dû demander des pièces complémentaires”, a-t-il assuré. “En ne le faisant pas, elle s’est mise en infraction” et le rapporteur public de demander l’annulation de la décision implicite de rejet du haut-commissariat. 

En dehors des points strictement administratifs, le juriste du Pays a exposé un avis que la Compagnie maritime de Tahiti n’avait certainement pas envie d’entendre. Si le Pays a réussi à procéder à la dépollution et à la déconstruction du navire de pêche chinois Shen Gang Shun 1 à Arutua, le Taporo VII devrait pouvoir lui aussi être démantelé par sa société mère. Une solution forcément bien plus chère et pour laquelle l’avocat de la Compagnie maritime de Tahiti émet des doutes quant aux conditions de travail des ouvriers qui ont procédé à ce démantèlement. 

Le tribunal administratif rendra sa décision le 16 septembre prochain. En cas de rejet des deux requêtes, le Taporo VII serait à la fois sommé de quitter le quai du Port autonome et interdit d’être coulé. Un paradoxe qui obligerait la société mère à réfléchir à une autre option, beaucoup plus onéreuse.

 


Rédigé par Bertrand PREVOST le Mardi 2 Septembre 2025 à 17:09 | Lu 2212 fois