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Préavis de grève au CHPF : le ministère de la Santé appelle au dialogue


Préavis de grève au CHPF : le ministère de la Santé appelle au dialogue
Tahiti, le 10 mars 2026 – Alors qu’un préavis de grève a été déposé ce lundi au CHPF par la Fédération des interprofessionnels des services de santé en Polynésie (Fissap), qui dénonce notamment l’absence de budget pour l’hôpital, le ministère de la Santé appelle au dialogue. Une réunion devrait être organisée cette semaine.
 
“Avant de poser un préavis, la Fissap aurait pu demander un rendez-vous”, déplore le ministère de la Santé interrogé sur le préavis de grève déposé ce lundi 9 mars par la Fédération des interprofessionnels des services de santé en Polynésie (Fissap) pour les agents du CHPF.
 
Pour Mireille Duval, secrétaire générale de la Fissap, l’absence de budget pour le Centre hospitalier de la Polynésie française reste le principal problème. Alors que le budget actuel tourne autour de 29 milliards de francs grâce à des subventions, les besoins réels sont bien supérieurs selon Mireille Duval, qui “l’estime à 45 milliards”.
 
Ce à quoi le ministère de la Santé répond qu’un budget définitif sera accordé d’ici la fin du mois de mars. Une réunion de trois heures avec la direction du CHPF et Hani Teriipaia Ott, directrice générale actuellement en campagne pour les municipales à Bora Bora, a eu lieu ce lundi à 11 heures. À l’issue de cet échange, Mireille Duval explique “ne pas être convaincue” et demande un rendez-vous avec le ministre de la Santé. Interrogé sur la question, le ministère assure “être en train d’essayer de caler cette réunion cette semaine avec les secrétariats du CHPF et des ministères”. Dans ce dialogue, les ministères de la Santé, de la Fonction publique et des Finances sont demandés autour de la table. Une discussion qui pourrait empêcher la grève annoncée pour dimanche 15 mars, en plein premier tour des élections municipales.
 
“20 % des postes ne sont pas pourvus”
 
Pour rappel, les points de revendication portent sur des questions d’effectifs et des conditions de travail jugées dégradées et un manque de personnel. “20 % des postes ne sont pas pourvus. Surtout dans un contexte de réorganisation, il y a des épidémies et des grands malades à soigner”, s'inquiète la secrétaire générale de la Fissap.
 
La colère sociale s’appuie également sur un sentiment d’injustice concernant le statut des agents pour des catégories spécifiques (C et D), qui demandent “une reconnaissance de compétences”. La Fissap pointe aussi une disparité de traitement par rapport à la France hexagonale : “Des catégories auxiliaires de santé dans les îles assurent des missions d’auxiliaires de soins équivalentes à une catégorie supérieure” dans un contexte de fortes tensions de recrutement de praticiens hospitaliers et de difficulté globale d’attractivité du territoire.
 
De son côté, le ministère de la Santé explique qu’une réforme des statuts des praticiens hospitaliers est en “cours d’écriture” pour pallier ce problème.
 
La situation est tendue depuis plusieurs années. Le dernier préavis de grève remonte à novembre 2024. Pour rappel, il y a six mois, en période de vacances scolaires, le plan blanc avait failli être activé au CHPF en raison d'un afflux trop important de patients lié en partie aux grèves chez Air Tahiti et aux évacuations sanitaires arrivées en nombre sur le territoire. Les vols ayant été perturbés, davantage de patients avaient été pris en charge au CHPF.
 
Dans ce contexte, le ministère insiste sur la nécessité d’anticiper les besoins du système de santé. “On anticipe les stocks de pétrole avec la guerre au Moyen-Orient, avec la santé il faut aussi anticiper”, indique-t-on du côté du cabinet.
 
Le ministère et la Fissap s’accordent sur un point : les patients restent les premiers concernés par cette situation. Les deux parties disent vouloir “les rassurer”. “On n’a jamais laissé notre hôpital”, souligne le cabinet du ministère de la Santé.

Rédigé par Violaine Broquet le Mardi 10 Mars 2026 à 13:08 | Lu 513 fois