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Pour attirer les jeunes, la médecine libérale a besoin d'être valorisée



Pour attirer les jeunes, la médecine libérale a besoin d'être valorisée
CANNES (Alpes-maritimes), 22 sept 2012 (AFP) - La désaffection croissante des jeunes médecins pour l'exercice libéral, qui reflète de nouvelles aspirations, nécessite une revalorisation de la profession, estiment les participants à l'université d'été de la CSMF, premier syndicat de médecins libéraux, réunis à Cannes.

Invitée à clore l'université dimanche, la ministre de la Santé Marisol Touraine est attendue au tournant par les congressistes qui redoutent que la médecine libérale soit mise de côté au profit de l'hôpital.

L'action gouvernementale en matière de santé s'est concentrée jusqu'à présent sur l'hôpital public, avec notamment le lancement d'une vaste concertation début septembre.

"Nous craignons un hospitalo-centrisme dévorant et constatons une position dogmatique très forte. Le seul projet du gouvernement pour la médecine libérale se limite à mettre un terme aux dépassements d'honoraires qui ne concernent qu'un quart des médecins!", a déclaré à l'AFP le président de la CSMF Michel Chassang.

Des négociations sont en cours entre l'assurance maladie et les syndicats de médecins pour limiter ces dépassements qui entravent à l'accès aux soins selon le gouvernement.

M. Chassang se dit "inquiet" pour la médecine libérale "vue uniquement à travers ce prisme", d'autant plus que son attractivité est en chute libre auprès des jeunes.

De moins en moins nombreux à vouloir s'installer à leur compte, les jeunes médecins préfèrent l'activité salariée, ce qui aggrave le phénomène des déserts médicaux, en raison des nombreux départs à la retraite.

Sur les 5.392 nouveaux médecins inscrits à l'Ordre des médecins au 1er janvier 2011, seulement 9,4% avaient choisi le secteur libéral.

"Parmi les chefs de clinique, pas plus de 20% souhaitent s'installer en libéral", a relevé lors d'une table ronde Julien Cabaton, vice-président de l'Inscca (chefs de clinique), invité à l'université avec d'autres syndicats de jeunes.

"mauvaise image"

Cette désaffection trouve son origine dans les aspirations différentes des jeunes générations: temps de travail, attrait pour l'exercice en équipe, lourdeur des tâches administratives en cabinet, etc.

Dans le même temps, la part des femmes est passée de 24,5 % en 1984 à 40,3 % en 2010, selon l'Irdes (Institut de recherche et documentation en économie de la santé).

Mais la féminisation joue-t-elle un rôle dans ce phénomène?

"Les femmes préfèrent commencer par le salariat ou les remplacements pour pouvoir faire des enfants car en tant que salariée, elles ont droit au congé maternité et en tant que remplaçante, elles n'ont pas à faire face aux charges", explique Isabelle Ettori-Ajasse, interne en médecine générale à Tours et membre de l'Isnar-Img (internes en médecine générale).

D'où la nécessité, selon elle, d'accorder "un vrai congé maternité" au médecin libéral, même si la féminisation "n'explique pas tout". Le problème est "surtout générationnel", dit-elle.

Pour Emmanuel Bagourd, président de l'Isnar-Img, les études de médecine ne favorisent pas l'exercice libéral car les stages en cabinet sont trop rares: "on ne s'installe pas dans un milieu que l'on ne connaît pas", a-t-il affirmé lors d'une table ronde.

"C'est important d'accompagner les jeunes et de passer le relais" car "ils ont souvent peur d'utiliser leurs connaissances seuls face au patient, dans des conditions très différentes de l'hôpital", relève en écho Béatrice Fazilleaud, médecin généraliste, membre de la CSMF, qui accueille des internes dans son cabinet.

En fait, la médecine libérale souffre d'une "mauvaise image" car "on a l'impression que le métier est dévalorisé", juge M. Chassang. Par exemple, les médecins "doivent pouvoir aménager leur temps de travail", ce qui passe aussi par une "meilleure rémunération", selon lui.

Rédigé par Par Céline CASTELLA le Samedi 22 Septembre 2012 à 06:24 | Lu 466 fois





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