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Philippines: Duterte refuse de mettre fin aux patrouilles en mer de Chine méridionale


Philippines: Duterte refuse de mettre fin aux patrouilles en mer de Chine méridionale
Manille, Philippines | AFP | jeudi 28/04/2021 - Le président philippin Rodrigo Duterte a affirmé lundi qu'il ne mettrait pas fin aux patrouilles en mer de Chine méridionale, arguant que la souveraineté de son pays dans la zone n'est pas négociable.

Les tensions sont montées d'un cran le mois dernier quand des centaines de bateaux chinois ont été détectés près du récif contesté de Whitsun, situé dans la zone des îles Spratleys, objet de revendications rivales de plusieurs pays dont la Chine et les Philippines.

La Chine, qui revendique la quasi-totalité de cette mer de Chine méridionale riche en ressources naturelles, refuse depuis des semaines de retirer ses navires dont Manille affirme qu'ils ont illégalement pénétré dans sa zone économique exclusive.

Le président philippin, soumis à une pression croissante sur le plan intérieur en faveur d'une ligne plus dure, semble peu enclin à affronter Pékin sur cette question. 

M. Duterte a déclaré mercredi soir que si son pays est redevable à leur "ami" la Chine dans de nombreux domaines, notamment concernant l'approvisionnement en vaccins contre le Covid-19, les revendications de son pays sur le plan maritime "ne sont pas négociables".

"Je dirai à la Chine, nous ne voulons pas de problème, nous ne voulons pas la guerre. Mais si vous nous dites de partir: c'est non", a-t-il affirmé, estimant que cela ne peut faire l'objet d'aucun compromis. 

Ces déclarations interviennent après que le ministère de la Défense philippin a indiqué que "la Chine n'a pas à dire aux Philippines ce que nous pouvons ou pas faire dans nos eaux".

Les garde-côtes philippins effectuent actuellement des manoeuvres près de l'île de Thitu et du récif de Scarborough (appelé "Huangyan" en mandarin, ainsi que des îles Batanes,  situées au large de Luzon, la plus grande île des Philippines, au sud et dans l'est du pays.

En réponse à ces manoeuvres, le ministère chinois des Affaires étrangères a exhorté lundi Manille à "cesser ses actions qui compliquent la situation et aggravent les différends".

Une juridiction basée à La Haye (Pays-Bas), la Cour permanente d'arbitrage (CPA), a donné raison à Manille en 2016, en estimant que Pékin n'avait aucun "droit historique" sur cette mer stratégique. 

Les relations entre Pékin et Manille se sont améliorées sous le mandat de M. Duterte qui essaie de faire sortir son pays du giron des Etats-Unis, ex-puissance coloniale, et de renforcer sa coopération économique avec Pékin.

le Jeudi 29 Avril 2021 à 05:51 | Lu 345 fois