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Paul Bocuse, superstar de la cuisine française, s'en est allé



Collonges-au-Mont-d'Or, France | AFP | samedi 20/01/2018 - Son nom était devenu un mythe et une marque: Paul Bocuse, star des fourneaux et ambassadeur de la cuisine française à travers le monde, est mort samedi à 91 ans dans sa célèbre auberge de Collonges-au-Mont-d'Or (Rhône).

C'est dans cette commune des bords de Saône, près de Lyon, qu'il était né le 11 février 1926 dans une lignée de cuisiniers remontant à 1765. Et c'est le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, ancien maire de Lyon, qui a annoncé la nouvelle sur Twitter.
"Monsieur Paul, c'était la France. Simplicité & générosité. Excellence & art de vivre. Le pape des gastronomes nous quitte", a écrit M. Collomb sur le réseau social où pleuvaient les hommages à "la légende",  au "plus grand d'entre tous".
Raymonde Bocuse, l'épouse du défunt, leur fille Françoise Bocuse-Bernachon et Jérôme Bocuse, fils de Paul né d'une autre union, ont fait part de leur "peine immense" dans un sobre communiqué. "Notre +capitaine+ s'est éteint ce 20 janvier à 10H00 à l'aube de ses 92 ans. Bien plus qu'un père et un époux, c'est un homme de cœur, un père spirituel, une figure emblématique de la gastronomie mondiale et un porte-drapeau tricolore qui s'en est allé", ont-ils dit.
Selon une source proche, Paul Bocuse, qui souffrait depuis plusieurs années de la maladie de Parkinson, "est parti paisiblement" lors de sa sieste matinale.
Dans son auberge pimpante, toujours bondée, rien ne laissait soupçonner le décès. Un client, interrogé à la sortie, est resté coi à cette annonce, trouvant "très émouvant" d'être "venu manger chez lui le jour de sa mort". Le personnel a appliqué la devise du maître : "Recevoir quelqu'un, c'est se charger de son bonheur".
"Aujourd'hui, la gastronomie française perd une figure mythique qui l'aura profondément transformée. Les chefs pleurent dans leurs cuisines, à l’Élysée et partout en France. Mais ils poursuivront son travail", a salué le président Emmanuel Macron.
Pour Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et patron de LR, il était "le plus exceptionnel de nos chefs". 

- 'Orphelins' -

 
Apprenti dans le restaurant lyonnais triplement étoilé de la mère Brazier à partir de 1946, le jeune Paul se forme également à l'école de Fernand Point à Vienne, son "maître à penser". 
Meilleur ouvrier de France en 1961, trois étoiles au Michelin sans discontinuer depuis 1965, il transforme l'auberge familiale de Collonges en temple de la gastronomie, développant au fil des ans et de ses voyages un groupe qui pèse aujourd'hui plusieurs dizaines de millions d'euros de chiffres d'affaires.
Bourreau de travail et premier chef à quitter ses fourneaux pour s'installer au Japon, au Brésil et aux États-Unis, il joue les globe-trotteurs, entraînant dans son sillage d'autres chefs. De nombreux médias étrangers (New York Times, Die Zeit, Globo, Euronews, etc.) ont relayé l'annonce de sa mort, saluant une "toque" hors norme.
Le patron du guide Gault & Millau - qui avait élu Bocuse "cuisinier du siècle" en 1989 - Côme de Chérisey, a salué "le grand homme mais surtout celui avec qui Henri Gault et Christian Millau ont lancé la Nouvelle cuisine", ce "big bang" gastronomique.
Le Guide Michelin a pris "le deuil d'une de ses figures les plus emblématiques", qui a marqué plusieurs générations de chefs, tous "orphelins", selon Philippe Etchebest, de celui qui fut "un grand seigneur", pour Pierre Gagnaire.
"C'est un monument, c'est quelqu'un qui a mis en avant ce métier", a renchéri Régis Marcon, chef triplement étoilé en Haute-Loire et lauréat du Bocuse d'Or 1995, concours de cuisine international créé par Bocuse en 1987 à Lyon et qui a servi de tremplin à de nombreux talents.
Marc Veyrat a rappelé le "visionnaire" attaché à la transmission (vocation de la fondation éponyme créée en 2004), l'"homme de la terre qui magnifiait le produit".
Bocuse, cela restera la soupe aux truffes noires VGE (imaginée pour sa remise de Légion d'honneur par Valéry Giscard d'Estaing à l’Élysée en 1975); le loup en croûte feuilletée sauce Choron; la volaille de Bresse en vessie de porc, gonflée comme un ballon de football, tribut à son passage chez la mère Brazier.

le Lundi 22 Janvier 2018 à 05:11 | Lu 279 fois





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