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Oscar Temaru se dit victime d'une condamnation politique comme Pouvana'a



Au moins 130 voitures dans le cortège, entre 300 et 400 personnes à Tarahoi : il y a eu du monde pour répondre à l'appel du Tavini et rendre hommage à Pouvana'a a Oopa.
Au moins 130 voitures dans le cortège, entre 300 et 400 personnes à Tarahoi : il y a eu du monde pour répondre à l'appel du Tavini et rendre hommage à Pouvana'a a Oopa.
PAPEETE, le 3 novembre 2018 - Le Tavini Huiraatira a organisé samedi une grande cérémonie à la mémoire du Pouvana'a a Oopa, qui a été réhabilité par la cour de Révision fin octobre. Oscar Temaru, qui vient de perdre son siège à l'Assemblée de la Polynésie française après l'invalidation de ses comptes de campagne par le Conseil d’État, n'a pas manqué de faire le lien entre sa situation et celle du Metua.

Samedi 3 novembre, le parti indépendantiste Tavini Huiraatira s'est mobilisé à la mémoire de Pouvana'a a Oopa, figure anticolonialiste majeure de l'histoire politique polynésienne, qui a lutté toute sa vie pour notre autonomie et est salué par les trois grands partis locaux comme l'un des pères de notre nation.

Pour lui rendre hommage, dès 7 h 30 du matin les militants du parti bleu ciel, rejoints par ceux de Moruroa e Tatou, de l'association 193 et par les descendants de Pouvana'a, se sont rassemblés à Outuarea. Ils ont ensuite entamé un grand tour de Tahiti Nui, avec 130 voitures dans le cortège selon la police. Une démonstration de force qui s'est terminée en fin de matinée à Tarahoi, devant la stèle de Pouvana'a a Oopa.

Le Tavini considère le "Metua" comme le père du nationalisme polynésien et célèbre donc la réhabilitation de sa mémoire. Le 25 octobre dernier, la cour de révision des condamnations pénales a en effet décidé d'annuler la condamnation de Pouvana'a a Oopa. Son procès pour complicité d'incendie volontaire et détention d'armes, en 1959, a été jugé inéquitable. A l'époque député de la Polynésie française, Pouvana'a a passé plus de six ans en prison et a été banni de la Polynésie encore deux ans de plus… Une condamnation qui, à la vue des éléments nouveaux examinés par la cour, apparaît de plus en plus clairement comme un coup monté organisé par Paris pour ouvrir la voie aux essais nucléaires dans le Pacifique sans interférences. (Tous les détails dans notre article)

Pouvana'a, Temaru, même combat 60 ans après ?

Après les discours des associations anti-nucléaires, le leader indépendantiste Oscar Temaru a longuement rappelé à l'assistance de plus de 300 personnes notre histoire coloniale, le combat de Pouvana'a, les essais nucléaires et leurs conséquences. Il n'a pas non-plus manqué de faire le parallèle avec sa propre situation : le souverainiste a en effet appris le 26 octobre dernier que le Conseil d’État rejetait ses comptes de campagne pour les dernières élections territoriales, et l'avait déclaré inéligible pour un an. Oscar Temaru, qui reste maire de Faa'a, a surtout perdu son siège de représentant à l'Assemblée de la Polynésie… Il accuse la France de vouloir le faire taire suite à ses démarches à l'ONU pour demander la décolonisation de la Polynésie française.

A noter enfin un absent de marque : Gaston Flosse. Le leader autonomiste se place lui-aussi dans l'héritage politique de Pouvana'a a Oopa, et il dénonce lui-aussi sa peine d'inéligibilité comme une condamnation politique. Le président du Tahoeraa avait participé à la conférence de presse annonçant la manifestation et devait participer… Mais n'a pas été aperçu de la matinée.

Oscar Temaru, président du Tavini Huiraatira

"C'est notre histoire, et rien n'a changé aujourd'hui"

130 voitures dans le cortège selon la DSP, vous êtes content de votre tour de l'île ?
"Oui il a fait très très beau, il y avait du vent ! C'était un tour de l'île pour éveiller tout un peuple. Comme je l'ai dit dans mon discours, l'éveiller par l'éducation."

C'est aussi une démonstration de force des militants qui vous soutiennent après la décision du Conseil d’État ?
"Je pense que c'est tout un peuple qui commence aujourd'hui à comprendre ce qu'il se passe."

Vous faites le parallèle entre votre inéligibilité et le procès Pouvana'a. Vous estimez-vous aussi victime d'une condamnation politique ?
"Ça ne date pas d'aujourd'hui. Ça fait plus de 150 ans que le peuple s'est battu contre l'armée française. C'est notre histoire, et rien n'a changé aujourd'hui. C'est toujours cette volonté colonialiste qui se perpétue, et tant qu'on sera là on se battra contre ça. Le plus important c'est ce droit sacré, ce droit à la vie ! Voilà, le droit à l'autodétermination, c'est le droit à la vie. Certains peuvent peut-être ne pas comprendre parce qu'ils n'ont pas vécu ça, mais je suis sûr que le peuple français le comprend. Je fais une différence entre le peuple français et les technocrates et dirigeants."

Où en sont vos démarches à l'ONU ?
"Aujourd'hui nous sommes en mesure d'expliquer au monde entier ce qu'il se passe en Polynésie. On nous a toujours empêché (de nous exprimer), et ça fait 40 ans de politique que tout a été bridé, fermé… Je rappelle qu'au début on n'avait même pas droit aux médias, parler du droit à l'autodétermination de notre peuple était un sujet tabou ! C'est l'arrivée de François Mitterrand en 1981 avec les radios libres qui a tout libéré. Mais cette liberté d'expression ne doit pas s'arrêter ici. Aujourd'hui la planète est devenue un petit village, et la plateforme où on peut s'exprimer c'est New-York, c'est le lieu de toutes les revendications. Et je me suis toujours dit qu'un jour, ça fait 40 ans que je vais à New York, on pourra s'exprimer là-bas. Et voilà, c'est chose faite depuis 2013, alors on essaie par tous les moyens, encore une fois, de nous retirer même de cette liste des pays à décoloniser ! Puisque la résolution qui a été approuvée a été plus ou moins, derrière le dos, changée de sa vraie substance. Puisqu'il y a un paragraphe qui demande à la France des informations sur les 30 années d'essais nucléaires qu'il y a eu chez nous sur le plan de la santé et sur le plan économique. Il n'y a eu aucune réponse, sinon que l'on a retiré ce paragraphe, que l'on essaie de ramener."


Rédigé par Jacques Franc de Ferrière le Samedi 3 Novembre 2018 à 18:20 | Lu 2175 fois






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