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L'autonomiste polynésien Pouvanaa A Oopa réhabilité 41 ans après sa mort



Photo d'archives
Photo d'archives
Paris, France | AFP | jeudi 24/10/2018 - "Justice a été rendue", c'est un "grand jour" pour les descendants du parlementaire polynésien décédé en 1977: la Cour de révision a annulé jeudi la condamnation à la prison et à l'exil de l'autonomiste Pouvanaa A Oopa, accusé il y a soixante ans d'avoir donné l'ordre d'incendier Papeete.

Considéré comme le "père de l'autonomie et du nationalisme polynésien", le député avait été condamné le 21 octobre 1959 - un an après son arrestation - à huit ans de prison et à quinze ans d'exil pour complicité de destruction volontaire et détention d'armes, un "coup monté" et une condamnation "politique", ont toujours dit ses partisans.

La Cour de révision et de réexamen avait été saisie en juin 2014 d'une requête de la garde des Sceaux d'alors, Christiane Taubira. Elle répondait à une demande de l'Assemblée de Polynésie, qui avait voté à l'unanimité une motion en ce sens. 

Estimant qu'il "existe des faits nouveaux et éléments inconnus de la juridiction lors du procès de nature à créer un doute sur la culpabilité de Pouvanaa A Oopa", la Cour de révision a annulé sa condamnation. 

Une décision rarissime et avant tout symbolique: Pouvanaa A Oopa, de son vrai nom Pouvanaa Tetuaapua, étant décédé le 10 janvier 1977, la Cour de révision "décharge sa mémoire". 

Très émus, deux de ses arrière-arrière-petit-fils présents à l'audience publique ont salué "une grande décision". 

"Ma grand-mère avait entamé le combat il y a des années, puis mon père. Depuis que je suis tout petit, on nous rappelait de continuer. (...) C'est énorme, c'est plus d'un demi-siècle de pressions familiales qui aujourd'hui lâchent", a déclaré à l'AFP l'un d'eux, Teiha Stephenson. "C'est une excellente nouvelle pour nous, on a enfin pu laver le nom de notre famille, qui a été marginalisée", a-t-il ajouté. "C'était vraiment le dernier espoir, c'est un gros soulagement", a affirmé son frère, Teheiura.
 

"Joie, bonheur et fierté"

 
"C'est une journée de grande joie, de bonheur et de fierté, aussi bien pour la famille que pour la Polynésie", a confié Louise Peltzer, l'arrière-petite-nièce du parlementaire. "Il disait un jour la vérité sortira et il a eu raison: justice a été rendue. C'est le plus beau cadeau qu'on puisse lui faire, où qu'il soit", s'est-elle réjouie.

Déchu de son mandat de député en mai 1960, Pouvanaa A Oopa, fervent opposant aux essais nucléaires français en Polynésie, était rentré à Tahiti en novembre 1968 après avoir bénéficié d'une grâce partielle, puis avait été amnistié l'année suivante et élu sénateur en 1971. 

L'ancien exilé a toujours nié les faits et avait tenté en vain de faire réviser son procès. En 1995, la Cour de cassation avait rejeté un recours déposé par ses descendants. 

La nouvelle demande de révision de 2014 s'appuyait sur des éléments nouveaux: notamment de nouveaux témoignages de gendarmes, qui ont reconnu que l'accusation s'était fondée sur des déclarations fabriquées ou extorquées par la menace ou la violence. 

Des incendiaires arrêtés leur avaient confié avoir agi sous ordre d'adversaires politiques de Pouvanaa A Oopa, comme le maire de Papeete. Ceux qui n'accusaient pas Pouvanaa A Oopa étaient déplacés dans d'autres bureaux d'où provenaient "cris" et "bruits de coups violents", a ainsi rapporté un gendarme à la retraite. 

Plus troublantes encore sont une note du gouverneur de l'époque et une affiche placardée à Papeete, annonçant l'arrestation de Pouvanaa A Oopa deux jours avant qu'elle n'intervienne. 

"A aucun moment, il y a une certitude - et on en est très loin - qu'il était coupable", a réagi Me Emmanuel Piwnica, qui représentait la mémoire de Pouvanaa A Oopa devant la Cour. Pour lui, "cette affaire politique était un coup monté" pour mettre le député "à l'écart".

Cette réhabilitation posthume intervient trois semaines après le dépôt d'une plainte devant la Cour pénale internationale contre la France pour crimes contre l'humanité en raison des essais nucléaires, expérimentés en Polynésie de 1966 à 1996, et auxquels s'était farouchement opposé Pouvanaa A Oopa. 


le Jeudi 25 Octobre 2018 à 05:10 | Lu 2099 fois





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