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Noyades à Mahina : Qui est le véritable responsable ?


Sur la plage de Hitimahana, la seule information du public rend compte pour l'instant des interdictions sur les comportements des personnes qui fréquentent le site. Rien n'est indiqué sur la baignade, ni sur la mauvaise qualité des eaux du littoral.
Sur la plage de Hitimahana, la seule information du public rend compte pour l'instant des interdictions sur les comportements des personnes qui fréquentent le site. Rien n'est indiqué sur la baignade, ni sur la mauvaise qualité des eaux du littoral.
MAHINA, le 18/08/2015 - Depuis les noyades qui ont frappé des familles le week-end dernier, avec la disparition des trois enfants en bas-âge, beaucoup d'interrogations subsistent sur les responsabilités de la mairie ou des parents. Le maire Damas Teuira préfère favoriser l'information auprès de sa population.

Trois jours après la noyade des trois enfants à Mahina ce week-end, la question sur la responsabilité de chacun est toujours en suspens. Ce mardi après-midi, deux des enfants (frère et sœur) ont été enterrés au cimetière de Orofara. La dépouille de la dernière victime, une fillette, est exposée à la paroisse de Saint-Paul, elle sera enterrée demain, mercredi à Orofara.

Ces trois enfants ont été retrouvés morts noyés, samedi vers 17h, par les pêcheurs au filet de Hitimahana. Aucune précision pour le moment sur les causes réelles de l'accident. Selon les premiers éléments de l'enquête menée par le parquet, le médecin légiste n'a relevé aucune trace de violence sur les corps. Par contre, les poumons étaient bien remplis d'eau ce qui prouve la noyade.

Les familles ont été interrogées et il s'avère que les enfants avaient échappé à la surveillance de leurs parents durant une dizaine de minutes, pas plus.

Mais la responsabilité de la commune pourrait aussi être mise en cause, puisqu'aucun panneau indiquant une interdiction de baignade n'a été installé sur cette plage. Le maire se défend : "Ma première interrogation a été de vérifier tous les points d'accès aux zones de baignades sur la commune de Mahina". Un arrêté de janvier 2012 pris par la municipalité, indique que la baignade est considérée comme dangereuse et non surveillée sur l'ensemble de la commune. "Il faut même pointer le site de Hitimahana comme une zone interdite à la baignade, de par son côté hygiénique", explique Damas Teuira.

En effet, une cartographie des zones de baignade a été établie par le service de l'hygiène. "La commune de Mahina comporte des zones non propices à la baignade et c'est le cas de Hitimahana, qui affiche un taux de pollution assez élevé, de même que celle de Ahonu", précise le maire. "Pour l'heure, nous n'avons pas de projet de mettre en place une zone de surveillance sur cette partie du littoral en raison de la mauvaise qualité des eaux de baignade et de la faible fréquentation de ce site. Cette zone n'est pas comparable à la Pointe Vénus, qui elle, accueille du monde".

Damas Teuira souhaiterait, par ailleurs, que la population joue pleinement son rôle. "La commune s'engage sur sa qualité d'information et des risques du littoral. Il appartient à tout administré de vérifier et de prendre ses responsabilités sur l'accès et sur la dangerosité de cette zone. Nous avons pris nos dispositions par rapport à cela". Le maire ne veut, toutefois, pas lancer la pierre sur quiconque, "il faut tirer les leçons de ce drame. J'appelle toutes les familles à réagir afin que ce drame ne se reproduise plus."

Selon le parquet, "sur le plan pénal, on ne peut exiger que les maires mettent ou payent des maitres-nageurs pour assurer la sécurité du parc. Par contre, sur le plan administratif, ce sera au juge d'apprécier en fonction des circonstances" détaille José Thorel le procureur de la République.

Et justement, en juin dernier, la commune de Moorea a été condamnée à payer près de 20 millions Fcfp à la famille d'Hugues Fagot. Il s'était noyé à Haapiti en 2011. La justice avait constaté une défaillance dans l'organisation des secours.

En revanche, le week-end dernier à Mahina, policiers municipaux et pompiers sont arrivés très rapidement sur les lieux.

Damas Teuira, maire de Mahina

Après le drame de ce week-end, la commune envisage-t-elle de renforcer la sécurité sur Hitimahana ?
Pour l'heure, nous n'avons pas l'intention de mettre en place une zone de surveillance sur cette partie du littoral. À cause notamment, de la mauvaise qualité des eaux de baignade et de la faible fréquentation de ce site. Cette zone n'est pas comparable à la Pointe Vénus, qui elle, accueille du monde.

Comment sensibiliser la population de Hitimahana à plus de vigilance ?
La première préoccupation de la commune est de lancer une campagne d'information sur l'importance de la vigilance des parents. Hitimahana a connu un évènement douloureux au cours du week-end dernier et j'ai renouvelé cet appel à la vigilance. La commune va s'engager sur cette dynamique d'information et de prise de responsabilités de chacun pour ne pas que ces drames se répètent. Il va falloir sensibiliser la population pour que des enfants de cet âge-là ne soient pas laissés sans surveillance.


le Mardi 18 Août 2015 à 17:17 | Lu 4988 fois