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Nouvelle perfusion financière pour le "champ d'éoliennes" de Makemo


PAPEETE, 30 août 2014 - Le Pays participe à une augmentation de 60 millions Fcfp du capital de la société d’économie mixte Te Mau Ito Api pour la reconstitution de ses capitaux propres. Cette société chargée de la fourniture d’énergie électrique sur l’atoll de Makemo perd de l’argent depuis 5 ans.

Un projet d'arrêté autorisant la participation de la Polynésie française à une augmentation de capital de la Société anonyme d’économie mixte Te Mau Ito Api a été soumis à l’examen de la Commission de contrôle budgétaire et financier (CCBF) de l’Assemblée, le 26 août. Il prévoit l’apport de 60 millions Fcfp d’argent frais, pris en charge pour les deux-tiers par le Pays au prorata de ses parts dans le capital social et se conforme aux dispositions arrêtées fin novembre 2013 par le tribunal de commerce et validé le 21 mai.

Cette société qui exploite un affermage pour la fourniture d’énergie électrique sur l’atoll de Makemo, est détenue à hauteur de 66% par le Pays, le reste du capital étant réparti entre la SPRES, la Société d'Etudes et de Développement Polynésienne (SEDEP), détenue par l’homme d’affaires Dominique Auroy et quelques petits porteurs.

Fondée en 2007 et bénéficiaire d'une double défiscalisation, la société se faisait fort de produire son énergie à partir d’un composé hybride d’éolien et de thermique, sur l’île de Makemo.

Elle prétendait même à son origine répandre ce modèle d’"électrification des îles isolées au moyen de source d’énergies renouvelables" dans tous le Pacifique, se justifiant sur le principe de l’autonomie énergétique alors que les cours du pétrole connaissaient une envolée jamais vue…

Mais depuis 2010, la SAEM se trouve contrainte de produire une électricité d’origine exclusivement thermique, au moyen des deux groupes électrogènes de secours que prévoyait son dispositif d’exploitation.

Depuis cinq ans, dans ce contexte d'exploitation, les comptes de Te Mau Ito Api se trouvent alourdis d’un déficit structurel estimé à 15 millions Fcfp par an, par la direction de la société. Et dans ce contexte, fini les projets d’expansion. On en est plutôt à sauver les meubles pour éviter une reprise de défiscalisation qui coûterait cher à tous ses actionnaires.

Le champ de six éoliennes avait été acquis auprès d’une société canadienne qui a fait faillite en 2009, privant l’exploitant du bénéfice de pièces détachées pour la maintenance de ses installations.

Un audit de la situation a été remis au conseil d’administration de Te Mau Ito Api qui devrait se prononcer courant septembre sur la suite de cette fâcheuse aventure. La présidence et la direction générale de la société sont assurées depuis avril par Abert Solia, le ministre de l’Equipement. La direction générale était depuis l'origine assurée par Jean-Louis Chailly, un proche de Dominique Auroy.

La Polynésie française avait accordé un prêt de 65 millions Fcfp à la SAEM en juin pour permettre à la société de régler ses dettes les plus urgentes et de respecter l’accord amiable d’apurement de son passif convenu devant le tribunal de commerce.

En mars 40 000 litres de mazout avait été délivrés par le Pays pour alimenter le stock de carburant de la SAEM au bord de la rupture menaçant les 600 abonnés de l’atoll de Makemo.

Rédigé par JPV le Samedi 30 Août 2014 à 08:47 | Lu 1852 fois