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Nouvelle attaque contre un militaire à Paris, aucun blessé



Paris, France | AFP | vendredi 15/09/2017 - L'opération militaire Sentinelle, mise en place après les attentats de janvier 2015 en France, a une nouvelle fois été la cible d'une attaque vendredi: un homme armé d'un couteau a agressé un soldat en plein centre-ville de Paris, sans faire de blessé.
Selon les premiers éléments de l'enquête, l'assaillant, un Français de 39 ans inconnu des services policiers qui a été rapidement maîtrisé, aurait fait référence à Allah, a précisé une source policière.
"Au regard du mode opératoire et de la cible (...) visée", la section antiterroriste s'est saisie d'une enquête pour tentative d'assassinat "en relation avec une entreprise terroriste", a annoncé le parquet de Paris.
Il s'agit de la septième agression contre des militaires de Sentinelle, une force déployée devant les lieux publics français après les attentats de janvier 2015. La dernière attaque en date a fait six blessés parmi un groupe de militaires percutés le 9 août par une voiture à Levallois-Perret, près de Paris. 
Le 3 février, un Egyptien de 29 ans armé d'une machette dans chaque main s'était également précipité sur quatre militaires au Carrousel du Louvre, dans le centre de Paris, en criant "Allah Akbar". Le 18 mars, à l'aéroport d'Orly-Sud, près de la capitale, un homme de 39 ans avait attaqué avec un revolver à grenaille une patrouille militaire en lançant: "Posez vos armes, je suis là pour mourir par Allah", avant d'être abattu.
Cette nouvelle attaque survient au lendemain de l'annonce par le gouvernement d'une "évolution" de l'opération Sentinelle, jugée rassurante pour la population mais également critiquée car elle fait notamment des militaires des cibles privilégiées pour des attaques islamistes.

- Rendre Sentinelle 'plus imprévisible' -

 
Depuis Berlin où il était en visite, le Premier ministre Edouard Philippe a adressé ses "pensées aux blessés de l'attentat de Londres ce matin et aussi au militaire cible d'une attaque dans le métro parisien".
"Ces deux évènements montrent combien nous sommes, collectivement, en France, en Angleterre mais aussi en Allemagne, soumis à un niveau de menace très élevé, auquel nous devons apporter des réponses", a-t-il ajouté.
Vendredi matin, 22 personnes ont été blessées à Londres dans l'explosion d'un engin explosif artisanal dans une station de métro, un acte qualifié de "terroriste" par Scotland Yard, le cinquième attentat en six mois dans la capitale britannique.
A Paris, la ministre des Armées Florence Parly a affirmé que le fait que l'homme ait été "maîtrisé" était "la preuve du professionnalisme et de l'efficacité des soldats de Sentinelle dans cette mission de protection".
"Cette nouvelle attaque légitime pleinement ce que nous voulons faire, c'est-à-dire rendre ce dispositif encore plus imprévisible, encore plus indécelable pour les agresseurs potentiels", a estimé Florence Parly sur la radio Europe 1.
L'exécutif va "faire évoluer le dispositif Sentinelle" mais "il ne s'agit évidemment pas de (le) réduire", avait affirmé jeudi le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. 
Sentinelle mobilise actuellement 7.000 militaires et 10.000 en cas de crise.
"Nous voulons le redéployer pour faire mieux face à la menace que nous rencontrons aujourd'hui", changer son mode d'organisation afin de gagner en mobilité, a expliqué Gérard Collomb jeudi.
Concrètement, l'opération comprendra désormais trois niveaux : un "dispositif permanent" pour la sécurisation de sites sensibles (écoles, lieux de culte..), touristiques, aéroports ou gares; un "échelon de renforcement planifié" pour la protection d'événements occasionnels, sportifs par exemple, ou saisonniers (Noël, festivals..); une "réserve stratégique" de 3.000 hommes.
Le gouvernement s'est refusé à toute projection chiffrée sur les déploiements au quotidien, laissant seulement entendre que les effectifs fluctueraient en fonction de la menace.
Le dispositif a suscité des critiques dénonçant une opération avant tout politique et psychologique, pour un intérêt sécuritaire limité. Sentinelle fait aussi porter une charge considérable sur les armées, déjà très engagées à l'étranger (10.000 hommes), ce qui pèse sur le moral des troupes et la capacité à recruter.
"L'opinion apprécie de voir les soldats patrouiller dans les rues mais ne perçoit pas ce que cela recèle: l'usure, le manque d'entraînement, le coût pour une efficacité faible", estime Michel Goya, historien et ancien colonel d'infanterie de marine dans le quotidien Le Figaro de vendredi. "En réalité, leur part dans la lutte antiterroriste est faible", juge-t-il.

Rédigé par RB le Vendredi 15 Septembre 2017 à 04:49 | Lu 396 fois




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