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Nouvelle-Calédonie: les indépendantistes du FLNKS annoncent décliner l’invitation à l’Elysée


Crédit Ludovic MARIN / AFP
Crédit Ludovic MARIN / AFP
Nouméa, France | AFP | mardi 12/01/2026 - Le mouvement indépendantiste calédonien du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a annoncé mardi qu’il ne se rendrait pas à la réunion sur l’avenir institutionnel de l’archipel organisée vendredi à l’Elysée par Emmanuel Macron.

"Paris est sourd et ne connaît que le rapport de force, c'est pour cela que nous n’irons pas à la réunion. Le gouvernement essaie de nous enfermer dans Bougival, nous et l’ensemble des acteurs calédoniens. Nous ne pouvons pas le cautionner", a affirmé le président du FLNKS, Christian Tein, lors d'une conférence de presse à Nouméa.

"Pourquoi aller à Paris pour discuter de cet accord, que nous rejetons et qui pour nous est indigeste ?", a pointé Christian Tein, qui met en garde le gouvernement sur la recherche d’une solution à marche forcée.

"Attention au calendrier des regrets", a-t-il insisté, en s’interrogeant également sur la volonté des non-indépendantistes de discuter "puisqu’ils disent qu’ils ne bougeront pas d’une virgule sur (l'accord de) Bougival".

"On ne peut pas tout décider de Paris alors que les solutions, on doit les trouver ici", a conclu M. Tein.

Dans un courrier envoyé en décembre aux élus locaux, le président de la République avait annoncé qu'il réunirait les élus calédoniens le 16 janvier à Paris pour "poursuivre le dialogue" sur l'avenir institutionnel et "apporter des clarifications sur l'accord" de Bougival validé en juillet entre l'Etat, les indépendantistes et les non-indépendantistes.

Le projet d'accord de Bougival prévoit notamment la création d'un Etat de la Nouvelle-Calédonie inscrit dans la Constitution française. Cet accord a toutefois été rejeté dès août par le FLNKS.

Si une majorité de forces politiques calédoniennes continue de soutenir le texte, plusieurs d'entre elles estiment qu'il doit être amendé afin de dégager un consensus jugé indispensable à sa mise en oeuvre.

Pour tenter de relancer le processus dans un archipel marqué par de graves violences au printemps 2024, qui ont fait 14 morts et rendu l'économie de l'archipel exsangue, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou avait proposé d'organiser en mars 2026 une "consultation citoyenne anticipée", avant l'adoption de la loi constitutionnelle nécessaire à son application.

Mais cette perspective a suscité des réserves, y compris parmi les soutiens de l'accord.

L'Union nationale pour l'indépendance (UNI) a conditionné son appui à des modifications du texte et le Congrès calédonien, consulté pour avis le 8 décembre, a confirmé que le projet était dans l'impasse avec 19 votes pour, 14 contre et 19 abstentions.

Début décembre, le Parti socialiste a demandé au Premier ministre Sébastien Lecornu de "suspendre" la consultation anticipée, estimant qu'elle révélait "l'absence de consensus réel" autour de l'accord, ce qui rendait l'adoption du projet de loi improbable.

Ce choix du FLNKS est "une déception" pour Philippe Dunoyer du mouvement non-indépendantiste Calédonie ensemble (centre-droit), qui pointe également l'impasse dans laquelle se trouve le projet d’accord.

"Il ne doit pas y avoir de prime à la chaise vide, a également réagi Virginie Ruffenach, vice-présidente du Rassemblement-Les Républicains (non-indépendantiste).

"C'est une preuve d'irresponsabilité parce que la Nouvelle-Calédonie est au bout du rouleau et que dans ce contexte, notre responsabilité, c'est d'aller finaliser un accord à Paris", a-t-elle déclaré.

le Mardi 13 Janvier 2026 à 05:55 | Lu 165 fois