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Nouveau chef de la police tongienne : encore un Néo-zélandais



NUKU’ALOFA, dimanche 8 mars 2015 (Flash d’Océanie) – Le prochain chef des forces de police du royaume de Tonga devrait, selon toue vraisemblance, être une fois de plus un ressortissant de la Nouvelle-Zélande, selon les autorités locales.

L’heureux élu aurait d’ores et déjà été sélectionné : il s’agit du Superintendant Steve Caldwell, qui a tout récemment dirigé, deux années durant, le contingent de la police néo-zélandaise détaché sur l’île papoue de Bougainville (Papouasie-Nouvelle-Guinée).
Le choix de cet officier néo-zélandais aurait déjà été entériné par le roi Tupou VI, a confié vendredi le ministre de la police, Pohiva Tu'i'onetoa, au quotidien local Matangi Tonga.

Entre-temps, le chef de la police tongienne par intérim est Viliami 'Unga Fa'aoa.
M. Caldwell, qui s’est rendu à Tonga courant février 2015 pour y passer un entretien devant un comité de sélection, devrait être officiellement nommé d’ici fin mars 2015, selon les mêmes sources.

Le Néo-zélandais Grant O'Fee, qui a dirigé la police tongienne de mai 2012 à décembre 2014, s’était attaché à enclencher un programme ambitieux de réformes au sein des forces royales, souvent montrées du doigt dans des affaires de violences et de maltraitances, dont une a entraîné la mort d’un agent de police néo-zélandais, décédé en cellule de dégrisement après avoir été passé à tabac.

Meurtre d’un agent néo-zélandais : lourdes peines de prison pour les deux policiers tongiens

À Tonga, début juillet 2014, deux policiers reconnus coupables de la mort d’un agent des forces de l’ordre néo-zélandaises, Kali Fungavaka, alors âgé de 38 ans, après un bref séjour dans les geôles de ce royaume, le 17 août 2012, ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement.
Les deux Tongiens (l’inspecteur de police, Kelepi Hala'ufia, et un agent, Salesi Maile) ont été reconnus coupables d’homicide sur la personne de ce collègue néo-zélandais d’origine tongienne.
Ils ont été condamnés à des peines de prison de respectivement 11 et 9 ans.

En annonçant sa sentence, le juge Charles Cato, de la Cour Suprême de Tonga, a déclaré avoir entendu les arguments de la défense, selon lesquels le policier néo-zélandais, après son arrestation pour ivresse sur la voie publique, avait eu un comportement « difficile » en insultant les deux agents tongiens.
Mais il a aussi précisé qu’en aucun cas, le comportement de l’interpellé ne constituait une excuse ou une circonstance atténuantes pouvant justifier des actes de violences, a fortiori homicides.

Selon le magistrat, la police tongienne se doit d’être capable de gérer ce genre de situation.
Selon les comptes-rendus d’audiences, Kelepi Hala'ufia avait infligé à Kali Fungavaka de multiples fractures crâniennes, à l’aide d’une lampe torche, ainsi que de nombreuses lacérations au niveau du cou, ayant entraîné une importante perte de sang.
Quant à Salesi Maile, il avait aggravé les blessures de la victime en lui marchant sur la tête alors qu’il se trouvait déjà à terre.

Dans la même affaire, la Cour Suprême a aussi prononcé une peine de dix huit mois de prison avec sursis, assortis de travaux d’intérêt général, à l’encontre d’un civil, Semisi Kalisitane Manu, qui se trouvait dans la même cellule que M. Fungavaka au moment des faits.
Il avait été reconnu coupable non pas d’homicide, mais d’agression physique ayant entraîné blessures.
Le juge a pris en compte le fait que le coupable avait exprimé des remords et avait promis de ne plus toucher à l’alcool.

Au total, cinq agents de police tongiens comparaissent à intervalles réguliers depuis fin septembre 2012, dans le cadre de l’enquête suivant le décès du policier néo-zélandais.

Dans un premier temps, trois individus avaient été interpellés et écroués dans le cadre de cette affaire survenue pendant le séjour de cet agent de police néo-zélandais d’origine tongienne et qui se trouvait dans son pays natal pour assister aux funérailles de son grand-père.
L’affaire avait débuté par son interpellation par ses collègues tongiens le 17 août 2012 au soir pour état d’ébriété sur la voie publique.
Il est décédé à l’hôpital le 24 août 2012, six jours après son séjour dans les geôles tongiennes.

Violences policières au royaume

Mi-novembre 2012, deux agents de la police tongienne sont venus s’ajouter à une liste grandissante de membres des forces de l’ordre de ce royaume, dans le cadre de plusieurs enquêtes ayant toute en commun le décès de personnes peu après leur interpellation.
L’affaire entendue concernait le décès d’un jeune homme de 21 ans, à la suite d’une bagarre avec trois agents de police.
La victime, évacuée d’urgence à l’hôpital de Vaiola (Nuku’alofa), est morte des suites de blessures infligées à la tête.
Les faits se sont déroulés vendredi 16 novembre 2012, aux alentours de deux heures du matin.
Les agents étaient alors en civil et participaient à la soirée.

Le Premier ministre tongien de l’époque, Lord Tu’ivakano, s’exprimant au sujet des cas de violences policières au sein de ses forces de l’ordre, estimait fin octobre 2012 que la police devait impérativement regagner la confiance de la population, après « ces incidents qui terni sa réputation à la fois au plan local et international ».
M. Fungavaka avait intégré la police néo-zélandaise en 2006 et avait été décoré pour faits de bravoure pour avoir sauvé une femme d’un incendie.
Le Néo-zélandais Grant O'Fee, alors chef de la police tongienne, avait dès le début de l’affaire affiché une posture ferme, indiquant son intention de faire toute la lumière sur la mort de son compatriote d’origine tongienne.
Il avait aussi annoncé soin intention de s’attaquer au problème de fond concernant un schéma comportemental des policiers tongiens, de mépris des procédures lors des interpellations et des gardes à vue.
« Personne n’est au-dessus des lois et ces agents seront traités comme tout justiciable », avait alors averti Grant O'Fee.

pad

Rédigé par PAD le Dimanche 8 Mars 2015 à 14:07 | Lu 252 fois




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