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“Nous ne voulons pas être les premiers réfugiés climatiques”



Tahiti, le 26 juillet 2021 – Arrivé en début d’après-midi à Manihi, le Président de la République a évoqué les défis sanitaires mais surtout climatiques auxquels font face les Tuamotu, salué “l’esprit de résistance” des Paumotu et rappelé les 6 milliards de Fcfp déployés pour la construction de 17 abris anticycloniques.
 
“C’était un mardi. On a cru d’abord que c’était un Mara’amu. A 16 heures, les vagues ont commencé à sortir de la passe. A 18 heures elles sont montées sur le quai… Jusqu’à 1,3 mètre”. Comme la plupart des anciens de Manihi, Louis Tetua a un vif souvenir du cyclone Orama qui s’est abattu sur le petit atoll de 600 habitants en 1983. Quelques minutes avant l’arrivée très attendue du Président de la République sur l'île pour la deuxième journée de sa visite officielle, les Paumotu racontent. “A 22 heures, les baraques s’envolaient”, rappelle Tino, retraité de 63 ans. “Le cyclone a laissé des blessures”, a rappelé le maire de la commune, John Drollet, dans son discours d’accueil. “Nous ne voulons pas être les premiers réfugiés climatiques”.

Protéger plus de 8 000 personnes

Face à des vents qui peuvent atteindre 200 km/h et des vagues qui peuvent atteindre une dizaine de mètres, “ce paradis peut rapidement se transformer en enfer”, a poursuivi le maire. “Nous sommes vulnérables et impuissants face au déchaînement des éléments. Nous sommes toujours dans l’attente d’un cyclone. Il est important que cette population puisse rester chez elle”. Si en 1983, la catastrophe naturelle ne fait pas de décès sur l'atoll, elle a semé la désolation sur son passage. La plupart des maisons de l’île ont été rasées. “Les gens se sont réfugiés dans l’église ou dans l’ancienne mairie… Tout le monde était paniqué”, se rappelle Louis. Alors forcément, la pose de la première pierre, lundi, par le Président de la République en personne du futur abri de survie lui inspire une grande reconnaissance. “Merci à l’État”, sourit le septuagénaire.
 
L’enveloppe de 6 milliards de Fcfp financée à parité État-Pays, dans le cadre d'une convention entre le président du Pays, le Premier Ministre et le ministre des Outre-mer doit financer des abris anticycloniques dans 17 atolls des Tuamotu. De quoi protéger au total plus de 8 000 personnes. “Dès qu'ils seront construits, ils permettront d'autres activités, d'être utilisé comme des gymnases, des salles de spectacles, pour faire des cours, pour former”, a déclaré à son tour Emmanuel Macron. “Mais la République tiendra ses promesses, celles de protéger, protéger, protéger (…). Et c’est un engagement très concret d’abriter les habitants”, évoquant un “risque véritable d’effacement. Ce sont de vos vies dont nous parlons, celles d'aujourd'hui pas de demain”.

Rangiroa, Fakarava, Nukutavake

Et pour garantir la pérennité de l’ouvrage par un entretien régulier, la structure accueillera une école avec des salles de classes, une salle des maîtres et des bureaux à l'étage. “On l'a vu par le passé, c’est l’usage quotidien qui permet d’assurer l’entretien, sinon en l'espace de cinq ou six ans ça se dégradent très vite. Il y aura donc aussi des locaux en configuration abris”, précise Cédric Haugomat, à la tête de la direction de l'ingénierie publique au haut-commissariat. Aussi, le bâtiment prévoit un local pour un groupe électrogène, un autre pour une pompe comprenant tout un système de “potabilisation” et dans la structure en béton, des citernes d’eau, alimentées en eau de pluie et capables d’assurer une autonomie de 72 heures en cas de crise. Coût de l'opération : 440 millions de Fcfp, financés à hauteur de 5% par la commune. Les études de conceptions étant finalisées, les travaux devraient débuter en septembre, pour une livraison en 2023.
 
Outre Manihi, trois autres îles des Tuamotu devraient accueillir des centres d'incendie et de secours (C.I.S.). C'est le cas de Rangiroa, de Fakarava ou de Nukutavake. “Le dossier est en cours”, confirme le maire de Fakarava, Etienne Maro. “Ce centre pourra aura une capacité de 300 personnes. Il nous en faut un, parce qu'on reçoit beaucoup de touristes et qu'on n’a pas de pompiers. C’est particulièrement important. On va demander à l’État de soutenir le projet. On n’a pas le choix”.

Eau, énergie, déchets

Mais Manihi, comme la plupart des atolls des Tuamotu, est également confronté au défi de l'approvisionnement en eau potable, de l'énergie et des déchets, a fait remarquer le maire de l'atoll, glissant au Président cette référence aux obligations budgétaires des communes liées au code général des collectivités territoriales. “Sur ce sujet, il y a une ambition forte et elle est légitime”, a souligné le Président de la République, souhaitant manifestement que cette obligation d'équilibrage des comptes imposée aux communes finisse par se concrétiser. Mais le chef de l'État a néanmoins ouvert la voie à un nouveau report de ces obligations : “Nous serons là pour vous accompagner, mais il faut garder l'ambition en étant pragmatique, c'est ce qu'on fera ensemble. Il faut se donner du temps là où c'est nécessaire”.
 
Sur la question de la production d'énergie justement, Emmanuel Macron a rappelé que “le défi est simple : il faut moins dépendre de l'hydrocarbure, il faut moins polluer et il faut baisser le coût de l'énergie”. Trois défis auxquels l'État s'est engagé à répondre avec le projet de la centrale mixte (diesel-photovoltaïques) financé à hauteur de 119 millions Fcfp par l'État. “Cette centrale, c'est baisser la dépendance à l'hydrocarbure. C'est moins polluer, mais c'est aussi baisser le coût. Parce que si on veut que l'activité hôtelière reprenne, il faut que l'électricité soit moins chère”. Installée en 2018, la centrale de Manihi et ses 1 056 panneaux solaires, permet déjà à la mairie d'économiser 4 millions de Fcfp par an.
 


Rédigé par Esther Cunéo le Lundi 26 Juillet 2021 à 22:11 | Lu 2200 fois






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