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Neuf mois ferme pour l'un des agresseurs des touristes australiens


Tahiti, le 22 avril 2024 - L'un des deux individus qui avaient agressé un couple de touristes australiens dans la nuit du 22 au 23 mars dernier a été condamné lundi en comparution immédiate à 18 mois de prison dont neuf avec sursis. Le co-auteur des faits, un mineur de 17 ans, sera quant à lui jugé par le juge des enfants le 29 avril. 
 
Le tribunal correctionnel a jugé, lundi, un homme de 23 ans qui avait été interpellé aux côtés d'un mineur de 17 ans le 23 mars dernier. Les deux individus venaient d'agresser et de frapper un couple de touristes australiens dans le centre-ville de Papeete. Le mineur devant être jugé le 29 avril prochain par le juge des enfants, c'est donc seul que le prévenu majeur a été présenté en comparution immédiate. 
 
Tel que l'a rappelé la présidente du tribunal lors de l'audience, cette affaire avait démarré suite à une bousculade futile survenue vers deux heures du matin. Alors que l'un des touristes, ivre, venait de le frôler en lui mettant un coup d'épaule, le mineur de 17 ans lui avait mis un coup de pied. Le jeune homme, l'homme de 23 ans ainsi qu'un garçon de 12 ans et deux autres individus – depuis mis hors de cause – avaient ensuite suivi les deux Australiens jusqu'au rond-point Jacques-Chirac. Les deux mis en cause avaient alors porté plusieurs coups aux victimes qui s'étaient vu prescrire sept jours d'incapacité totale de travail. Ils avaient également tenté de leur faire les poches. 
 
Une ville “réputée paisible”
 
En l'absence du mineur de 17 ans, dont l'enquête a démontré qu'il était le “meneur” du groupe, c'est donc seul que le majeur de 23 ans a dû s'expliquer lundi. Visiblement mal à l'aise à la barre, ce primodélinquant père d'un enfant a expliqué qu'il n'avait porté qu'un seul coup à l'une des victimes car le mineur le lui avait demandé. “J'ai accepté comme ça, sans réfléchir”, a-t-il ainsi expliqué à la barre. Des explications qui n'ont pas manqué de faire réagir la présidente du tribunal. “Vos justifications font peur. De plus, ces gens étaient vulnérables car ils étaient ivres et ce sont des personnes plus âgées que vous.”
 
Concédant qu'il n'était ni “simple”, ni “confortable” de juger un “co-auteur sans l'autre”, le procureur de la République a affirmé lors de ses réquisitions que même si le prévenu n'était pas “l'auteur principal”, il n'en demeurait pas moins que les faits étaient “inadmissibles”. Avant de requérir deux ans de prison dont un avec sursis assortis du maintien en détention à l'encontre du jeune homme, le représentant du ministère public a déploré que cette agression ait eu lieu sur un “territoire réputé paisible” et dans une ville “habituée à la fréquentation des touristes”. 
 
“Prise de conscience”
 
Pour l'avocate du prévenu, Me Karina Chouini, il était important de rappeler au tribunal que son client avait reconnu les faits dès ses premières heures de garde à vue. Lors de sa plaidoirie, elle a d'ailleurs affirmé que cette “reconnaissance des actes” signait un “début de prise de conscience” en assurant à la barre qu'il fallait le condamner à une peine qui lui “laisse un pied hors de la délinquance”. 
 
Après en avoir délibéré, le tribunal a finalement condamné le jeune homme à 18 mois de prison dont neuf avec sursis probatoire. Il pourra effectuer la partie ferme de sa peine sous le régime de la semi-liberté. 

Rédigé par Garance Colbert le Lundi 22 Avril 2024 à 19:08 | Lu 2008 fois