Tahiti, le 5 février 2026 - Conseillère municipale depuis 2020 aux côtés de Jean-Christophe Bouissou, Moehara Tupana mènera cette fois sa propre liste aux municipales à Faa’a. Présentée jeudi matin à Hotuaraea, la plateforme “Amui tatou” rassemble des figures de plusieurs partis autonomistes, et de la société civile. Son pari : mobiliser les 10 000 abstentionnistes (sur 20 000 électeurs) dans une commune dirigée depuis plus de 40 ans par Oscar Temaru.
C’est sur le site de Hotuaraea que Moehara Tupana a officialisé, jeudi matin, sa candidature comme tête de liste aux prochaines élections municipales à Faa’a. Élue à l’assemblée en 2018 sous les couleurs du Tapura, puis au conseil municipal depuis 2020 aux côtés de Jean-Christophe Bouissou, elle a décidé de se lancer en prenant la conduite de la liste “Amui tatou no oe Faa’a”. Une plateforme d’union autonomiste sur le modèle de celle des dernières législatives anticipées, mais aussi “ouverte à la société civile et aux indépendantistes”.
Pour illustrer cette volonté de rassemblement, plusieurs personnalités de sensibilités différentes avaient fait le déplacement : Pascale Haiti-Flosse pour le Taho’e Tatou, Jean-Christophe Bouissou et Tepuaraurii Teriitahi pour le Tapura, Teva Rohfritsch pour Ia Ora te Nuna’a, ainsi que Lionel Lao pour Taatira no te Hau. Ces formations sont représentées parmi les colistiers, aux côtés de membres de la société civile et d’une représentante de Te Nati – Rassemblement national, issue de l’équipe d’Éric Minardi.
“Nous ne voulons plus d’une mairie forteresse, mais d’une mairie itinérante qui va vers la population”, a insisté Moehara Tupana, qui défend une méthode fondée sur la proximité, la consultation citoyenne et la présence de terrain, notamment via un projet d’Info Bus dans les quartiers.
Une commune réputée imprenable
Le défi est de taille. Faa’a est dirigée par Oscar Temaru depuis 1983. Une longévité politique exceptionnelle qui nourrit à la fois le respect de ses soutiens et la volonté d’alternance chez ses opposants. Sans nier le rapport de force, l’équipe de Moehara Tupana veut croire à une nouvelle configuration : “La liste menée par le maire sortant est forte, il ne faut pas se le cacher. Par contre, ce que nous avons aujourd’hui de nouveau, c’est que nous partons unis. C’est la toute première fois qu’une telle configuration se présente”, souligne de son côté Luc Faatau. Selon lui, l’addition des scores passés des différentes composantes montre que “l’écart n’est pas si grand” avec la majorité sortante. Objectif affiché : au minimum forcer un second tour – ce qui constituerait déjà, politiquement, un signal fort dans une commune habituée aux victoires nettes d’Oscar Temaru dès le 1er tour.
Un “réservoir” de 10 000 électeurs à séduire
Mais le principal vivier électoral visé réside dans les abstentionnistes. Faa’a compte environ 30 000 habitants et 20 000 électeurs. En 2020, près de la moitié ne s’était pas déplacée aux urnes. “Il y a 10 000 personnes qui ne votent pas. Il y a un réservoir clair d’électeurs”, souligne Luc Faatau qui fait de leur remobilisation un axe central de campagne. Moehara Tupana le confirme : “Notre stratégie est de cibler ces électeurs qui ne se sont pas exprimés. Peut-être que l’offre ne leur convenait pas; peut-être que la division les a découragés. Aujourd’hui, plus que jamais, il faut se rassembler.”
Sur le fond, la candidate met en avant des mesures ciblées plutôt que des “projets pharaoniques”. Elle rappelle que la commune dispose d’une enveloppe d’investissement de plus de 7 milliards de francs, dont “17% seulement ont été liquidés”. “La commune n’a pas vocation à faire seulement de la trésorerie. Nous avons les moyens, utilisons-les à bon escient”, plaide-t-elle.
Les déchets et Mumuvai en ligne de front
La gestion des déchets constitue un axe central du projet – et de la critique de l’existant. “Faa’a est la seule commune qui ne fait pas de tri sélectif”, dénonce Moehara Tupana qui veut “déjà commencer par là”, en proposant sa mise en place progressive, avec sensibilisation dans les écoles et les quartiers.
Le dossier sensible de la décharge de Mumuvai est également pointé. Georges Mai, colistier, évoque un contentieux foncier ancien avec les familles propriétaires des terrains. Plusieurs décisions de justice ont déjà été rendues, avec des indemnisations à la charge de la commune. Selon lui, la situation doit être clarifiée rapidement : soit par une acquisition au juste prix, soit par une solution foncière négociée. Il défend aussi une approche plus économique du traitement des déchets, avec valorisation et transformation énergétique lorsque c’est possible.
Sécurité, navettes, cause animale : des mesures ciblées
En parallèle, la liste propose un plan de verdissement baptisé “Faahotu ia Faa’a” avec 3 000 arbres plantés pour rééquilibrer les espaces urbains. Parmi les autres priorités : la sécurité et la prévention de la délinquance, avec l’adhésion au Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), aujourd’hui absent selon elle; le renforcement de la police municipale; mais aussi la mise en place de navettes communales supplémentaires pour desservir les hauteurs et faciliter l’accès aux services pour les personnes âgées ou en situation de handicap.
Originalité du programme : la place accordée à la cause animale, portée par un jeune colistier, Lucas, étudiant, qui fait de ce sujet son cheval de bataille. Il évoque “9 000 animaux errants sur toute la Polynésie” et défend la création d’un refuge à Faa’a qui soit conforme aux normes, ainsi qu’une brigade canine dédiée aux interventions. D’autant que la fourrière communale est fermée depuis 2023. “Il faut une vraie structure d’accueil”, plaide-t-il.
Entre union politique, offensive sur la gestion des déchets et stratégie assumée de reconquête des abstentionnistes, la liste Amui tatou entend transformer le scrutin municipal en test de mobilisation citoyenne. Dans une commune réputée verrouillée depuis plus de quatre décennies, l’enjeu ne sera pas seulement le score final, mais la participation. Car à Faa’a, c’est peut-être d’abord dans les urnes désertées que pourrait se jouer la surprise, d’autant que selon nos informations, une liste dissidente du Tavini serait aussi en préparation. C’est en tout cas sur ce terrain-là que Moehara Tupana et ses colistiers veulent créer la rupture.
C’est sur le site de Hotuaraea que Moehara Tupana a officialisé, jeudi matin, sa candidature comme tête de liste aux prochaines élections municipales à Faa’a. Élue à l’assemblée en 2018 sous les couleurs du Tapura, puis au conseil municipal depuis 2020 aux côtés de Jean-Christophe Bouissou, elle a décidé de se lancer en prenant la conduite de la liste “Amui tatou no oe Faa’a”. Une plateforme d’union autonomiste sur le modèle de celle des dernières législatives anticipées, mais aussi “ouverte à la société civile et aux indépendantistes”.
Pour illustrer cette volonté de rassemblement, plusieurs personnalités de sensibilités différentes avaient fait le déplacement : Pascale Haiti-Flosse pour le Taho’e Tatou, Jean-Christophe Bouissou et Tepuaraurii Teriitahi pour le Tapura, Teva Rohfritsch pour Ia Ora te Nuna’a, ainsi que Lionel Lao pour Taatira no te Hau. Ces formations sont représentées parmi les colistiers, aux côtés de membres de la société civile et d’une représentante de Te Nati – Rassemblement national, issue de l’équipe d’Éric Minardi.
“Nous ne voulons plus d’une mairie forteresse, mais d’une mairie itinérante qui va vers la population”, a insisté Moehara Tupana, qui défend une méthode fondée sur la proximité, la consultation citoyenne et la présence de terrain, notamment via un projet d’Info Bus dans les quartiers.
Une commune réputée imprenable
Le défi est de taille. Faa’a est dirigée par Oscar Temaru depuis 1983. Une longévité politique exceptionnelle qui nourrit à la fois le respect de ses soutiens et la volonté d’alternance chez ses opposants. Sans nier le rapport de force, l’équipe de Moehara Tupana veut croire à une nouvelle configuration : “La liste menée par le maire sortant est forte, il ne faut pas se le cacher. Par contre, ce que nous avons aujourd’hui de nouveau, c’est que nous partons unis. C’est la toute première fois qu’une telle configuration se présente”, souligne de son côté Luc Faatau. Selon lui, l’addition des scores passés des différentes composantes montre que “l’écart n’est pas si grand” avec la majorité sortante. Objectif affiché : au minimum forcer un second tour – ce qui constituerait déjà, politiquement, un signal fort dans une commune habituée aux victoires nettes d’Oscar Temaru dès le 1er tour.
Un “réservoir” de 10 000 électeurs à séduire
Mais le principal vivier électoral visé réside dans les abstentionnistes. Faa’a compte environ 30 000 habitants et 20 000 électeurs. En 2020, près de la moitié ne s’était pas déplacée aux urnes. “Il y a 10 000 personnes qui ne votent pas. Il y a un réservoir clair d’électeurs”, souligne Luc Faatau qui fait de leur remobilisation un axe central de campagne. Moehara Tupana le confirme : “Notre stratégie est de cibler ces électeurs qui ne se sont pas exprimés. Peut-être que l’offre ne leur convenait pas; peut-être que la division les a découragés. Aujourd’hui, plus que jamais, il faut se rassembler.”
Sur le fond, la candidate met en avant des mesures ciblées plutôt que des “projets pharaoniques”. Elle rappelle que la commune dispose d’une enveloppe d’investissement de plus de 7 milliards de francs, dont “17% seulement ont été liquidés”. “La commune n’a pas vocation à faire seulement de la trésorerie. Nous avons les moyens, utilisons-les à bon escient”, plaide-t-elle.
Les déchets et Mumuvai en ligne de front
La gestion des déchets constitue un axe central du projet – et de la critique de l’existant. “Faa’a est la seule commune qui ne fait pas de tri sélectif”, dénonce Moehara Tupana qui veut “déjà commencer par là”, en proposant sa mise en place progressive, avec sensibilisation dans les écoles et les quartiers.
Le dossier sensible de la décharge de Mumuvai est également pointé. Georges Mai, colistier, évoque un contentieux foncier ancien avec les familles propriétaires des terrains. Plusieurs décisions de justice ont déjà été rendues, avec des indemnisations à la charge de la commune. Selon lui, la situation doit être clarifiée rapidement : soit par une acquisition au juste prix, soit par une solution foncière négociée. Il défend aussi une approche plus économique du traitement des déchets, avec valorisation et transformation énergétique lorsque c’est possible.
Sécurité, navettes, cause animale : des mesures ciblées
En parallèle, la liste propose un plan de verdissement baptisé “Faahotu ia Faa’a” avec 3 000 arbres plantés pour rééquilibrer les espaces urbains. Parmi les autres priorités : la sécurité et la prévention de la délinquance, avec l’adhésion au Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), aujourd’hui absent selon elle; le renforcement de la police municipale; mais aussi la mise en place de navettes communales supplémentaires pour desservir les hauteurs et faciliter l’accès aux services pour les personnes âgées ou en situation de handicap.
Originalité du programme : la place accordée à la cause animale, portée par un jeune colistier, Lucas, étudiant, qui fait de ce sujet son cheval de bataille. Il évoque “9 000 animaux errants sur toute la Polynésie” et défend la création d’un refuge à Faa’a qui soit conforme aux normes, ainsi qu’une brigade canine dédiée aux interventions. D’autant que la fourrière communale est fermée depuis 2023. “Il faut une vraie structure d’accueil”, plaide-t-il.
Entre union politique, offensive sur la gestion des déchets et stratégie assumée de reconquête des abstentionnistes, la liste Amui tatou entend transformer le scrutin municipal en test de mobilisation citoyenne. Dans une commune réputée verrouillée depuis plus de quatre décennies, l’enjeu ne sera pas seulement le score final, mais la participation. Car à Faa’a, c’est peut-être d’abord dans les urnes désertées que pourrait se jouer la surprise, d’autant que selon nos informations, une liste dissidente du Tavini serait aussi en préparation. C’est en tout cas sur ce terrain-là que Moehara Tupana et ses colistiers veulent créer la rupture.






























