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Mis en examen, Sarkozy dénonce "l'enfer" de la "calomnie" et va s'expliquer sur TF1



Paris, France | AFP | jeudi 22/03/2018 - Mis en examen dans l'enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne en 2007, Nicolas Sarkozy a invoqué devant les juges l’absence de "preuve matérielle" et affirmé vivre "l’enfer de la calomnie", dans une contre-attaque qu'il poursuivra jeudi soir à la télévision.

L'ancien chef de l'Etat sera à 20H00 l'invité du journal télévisé de TF1.
"Pendant les 24 heures de ma garde à vue, j'ai essayé (...) de montrer que les indices graves et concordants qui sont la condition de la mise en examen n'existaient pas", a déclaré aux magistrats l’ancien président  de la République, selon des propos reproduits sur le site du Figaro.
M. Sarkozy, qui avait demandé à être placé sous le statut de témoin assisté, a été mis en examen pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de fonds publics libyens".
"Je suis accusé sans aucune preuve matérielle par les déclarations de M. Kadhafi, de son fils, de son neveu, de son cousin, de son porte-parole, de son ancien Premier ministre et par les déclarations de M. Takieddine (l'intermédiaire franco-libanais, ndlr) dont il est avéré à de multiples reprises qu'il a touché de l'argent de l'État libyen", assure M. Sarkozy.
"Depuis le 11 mars 2011, je vis l'enfer de cette calomnie", a déclaré M. Sarkozy, qui dit avoir "déjà beaucoup payé pour cette affaire" sur le plan politique: "j’ai perdu l’élection présidentielle de 2012 à 1,5% (face à François Hollande ndlr). La polémique lancée par Kadhafi et ses sbires m'a coûté ce point et demi".

- "Mis en examen ne vaut pas culpabilité" -

Mediapart avait publié entre les deux tours de la présidentielle un document libyen accréditant un financement d’environ 50 millions d’euros, dont M. Sarkozy et ses soutiens ont constamment affirmé qu'il s'agissait d'un faux.
Par la suite, "M. Takieddine a toujours affirmé ne m'avoir jamais remis de liquide jusqu'au mois de novembre 2016. Très exactement trois jours avant le plus important débat qui opposait les candidats de la droite à la primaire. J'ai perdu la primaire et les déclarations de M. Takieddine n'y sont pas pour rien", poursuit M. Sarkozy, en référence à sa tentative de reconquête de l’Elysée.
L'ancien président, 63 ans, qui fut l'un des artisans de la chute du dictateur Mouammar Kadhafi, tué en 2011 par les rebelles libyens, avait été placé en garde à vue mardi et mercredi dans les locaux de l'office anticorruption (Oclciff) à Nanterre, près de Paris.
Sa mise en examen dans le dossier libyen marque une vraie accélération dans cette affaire instruite par des magistrats du pôle financier depuis près de cinq ans.
"Mis en examen ne vaut pas culpabilité", s'est contenté de réagir Laurent Wauquiez, ancien ministre et successeur de Nicolas Sarkozy à la présidence du parti Les Républicains. L'ex-ministre Xavier Bertrand, qui a quitté LR, a estimé que cette mise en examen allait "lui permettre de donner sa version".
"C'est très dégradant pour l’image de la France et de la démocratie", a fustigé l'ex-candidat PS à la présidentielle Benoît Hamon.
Quels sont les nouveaux éléments rassemblés par les magistrats pouvant mettre directement en cause l'ancien chef de l'Etat ? Selon Le Monde, plusieurs ex-dignitaires du régime Kadhafi auraient livré de récents témoignages confirmant les soupçons de financement illicite.
M. Takieddine a assuré avoir remis entre fin 2006 et début 2007 trois valises contenant 5 millions d'euros en provenance du régime Kadhafi à M. Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant.
D'autres dignitaires libyens ont démenti tout financement de la Libye de Kadhafi, que Nicolas Sarkozy avait reçu en grande pompe à l'Elysée en 2007.
Autre élément qui pourrait être compromettant pour M. Sarkozy, un rapport de l'office anticorruption pointait en septembre une circulation importante d'espèces dans son entourage durant la campagne 2007.
Interrogés, Éric Woerth, trésorier de la campagne, et l'un de ses adjoints ont assuré que l'argent provenait de dons anonymes, une justification contestée par d'autres protagonistes.
Les investigations ont aussi mis en lumière plusieurs opérations suspectes, notamment un virement de 500.000 euros perçu par M. Guéant en mars 2008. L'ex-secrétaire général de l'Élysée est également mis en examen dans cette enquête notamment pour "blanchiment de fraude fiscale en bande organisée".
Cette affaire n'est pas la seule dans laquelle M. Sarkozy est mis en cause. Il a été renvoyé en correctionnelle en février 2017 par le même juge Serge Tournaire, pour financement illégal de campagne électorale, mais cette fois pour la présidentielle de 2012. Il a fait appel.
Il est aussi menacé d'un procès dans l'affaire dite "des écoutes". Il est suspecté d'avoir tenté d'obtenir d'un magistrat à la Cour de cassation, Gilbert Azibert, des informations le concernant couvertes par le secret.

le Jeudi 22 Mars 2018 à 06:10 | Lu 373 fois





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