À l’école hôtelière de Tahiti, une centaine de personnes dont les lycéens ont participé ce 5 février au Mahana Day, une journée de prévention du suicide organisée par SOS Suicide.
Tahiti, le 5 février 2026 - Prendre cinq minutes, le 5 de chaque mois, pour appeler une personne chère. Lui demander comment elle va. Lui dire qu’on pense à elle. C’est le principe simple du Mahana Day, lancé ce 5 février à Tahiti, à l’occasion de la Journée nationale de prévention du suicide, à l’initiative de l’association SOS Suicide, avec le soutien de la députée Nicole Sanquer.
Pour ce premier rendez-vous, une centaine de lycéens se sont retrouvés à l’école hôtelière de Tahiti, aux côtés d’enseignants, d’associations et de professionnels de santé. Une journée entière de conférences, d’échanges et d’ateliers, avec un objectif concret : faire émerger des idées, actions et propositions pour améliorer la prévention du suicide auprès des jeunes et de la population. Un plan d’action sera ensuite transmis au gouvernement et aux représentants de l’assemblée de Polynésie.
“Beaucoup de jeunes se sentent seuls, rejetés. Le Mahana Day repose sur un geste très simple, mais qui peut tout changer”, explique Pepin Mou Kam Tse, proviseur du lycée hôtelier de Tahiti : Une fois par mois, chacun est invité à prendre cinq minutes pour appeler un proche – ami, famille, personnes âgées proche – afin de maintenir ce lien social parfois fragilisé.
Les ambassadeurs de prévention
La matinée a débuté jeudi par une conférence du docteur Julien Testart, psychiatre et chef du pôle de santé mentale au CHPF, autour d’un thème fort : “du lien qui enferme au lien qui soutient”. Un message clair : certains liens protègent et empêchent la chute, d’autres peuvent devenir toxiques. Il faut apprendre à préserver ceux qui soutiennent, et à s’éloigner de ceux qui enferment. Un court-métrage, “Dis-le”, réalisé par Marie-Ève Tefaatau, a ensuite servi de support au débat. L’après-midi, place aux tables rondes autour de créations culinaires préparées par les élèves. Les participants ont échangé en mobilisant leurs cinq sens, pour libérer la parole et faire émerger des pistes concrètes de prévention.
Pour Annie Tuheiava-Mairau, présidente de SOS Suicide, organiser cette journée dans une école était essentiel. “Les jeunes sont particulièrement touchés par le mal-être. On ne se suicide pas du jour au lendemain. Ce sont des pensées qui arrivent, qu’ils n’arrivent plus à maîtriser. Aujourd’hui, ils apprennent à reconnaître un camarade en détresse, à l’écouter et à nous appeler. Ils deviennent des ambassadeurs de prévention dans leurs établissements.”
Le ministre de l’Éducation, Ronny Teriipaia, a rappelé que derrière les chiffres, il y a des visages et des silences trop longs. “Un geste simple, une parole, une présence peuvent suffire à éclairer une journée, parfois une vie. Vous avez le droit d’être fragiles, le droit d’être soutenus.”
Dans une société où l’on communique beaucoup mais où l’on se parle parfois moins, le Mahana Day veut remettre l’humain au centre. Poser cette question essentielle : ça va ? Et surtout, oser écouter la réponse.
Pour ce premier rendez-vous, une centaine de lycéens se sont retrouvés à l’école hôtelière de Tahiti, aux côtés d’enseignants, d’associations et de professionnels de santé. Une journée entière de conférences, d’échanges et d’ateliers, avec un objectif concret : faire émerger des idées, actions et propositions pour améliorer la prévention du suicide auprès des jeunes et de la population. Un plan d’action sera ensuite transmis au gouvernement et aux représentants de l’assemblée de Polynésie.
“Beaucoup de jeunes se sentent seuls, rejetés. Le Mahana Day repose sur un geste très simple, mais qui peut tout changer”, explique Pepin Mou Kam Tse, proviseur du lycée hôtelier de Tahiti : Une fois par mois, chacun est invité à prendre cinq minutes pour appeler un proche – ami, famille, personnes âgées proche – afin de maintenir ce lien social parfois fragilisé.
Les ambassadeurs de prévention
La matinée a débuté jeudi par une conférence du docteur Julien Testart, psychiatre et chef du pôle de santé mentale au CHPF, autour d’un thème fort : “du lien qui enferme au lien qui soutient”. Un message clair : certains liens protègent et empêchent la chute, d’autres peuvent devenir toxiques. Il faut apprendre à préserver ceux qui soutiennent, et à s’éloigner de ceux qui enferment. Un court-métrage, “Dis-le”, réalisé par Marie-Ève Tefaatau, a ensuite servi de support au débat. L’après-midi, place aux tables rondes autour de créations culinaires préparées par les élèves. Les participants ont échangé en mobilisant leurs cinq sens, pour libérer la parole et faire émerger des pistes concrètes de prévention.
Pour Annie Tuheiava-Mairau, présidente de SOS Suicide, organiser cette journée dans une école était essentiel. “Les jeunes sont particulièrement touchés par le mal-être. On ne se suicide pas du jour au lendemain. Ce sont des pensées qui arrivent, qu’ils n’arrivent plus à maîtriser. Aujourd’hui, ils apprennent à reconnaître un camarade en détresse, à l’écouter et à nous appeler. Ils deviennent des ambassadeurs de prévention dans leurs établissements.”
Le ministre de l’Éducation, Ronny Teriipaia, a rappelé que derrière les chiffres, il y a des visages et des silences trop longs. “Un geste simple, une parole, une présence peuvent suffire à éclairer une journée, parfois une vie. Vous avez le droit d’être fragiles, le droit d’être soutenus.”
Dans une société où l’on communique beaucoup mais où l’on se parle parfois moins, le Mahana Day veut remettre l’humain au centre. Poser cette question essentielle : ça va ? Et surtout, oser écouter la réponse.
Karel Luciani, président de Cousins Cousines : “La prévention commence par l’éducation”
“Les chiffres montrent que les jeunes LGBT ont trois à sept fois plus d’idées suicidaires. SOS Suicide reçoit près de 2 000 appels par an, et une grande majorité vient de cette communauté. L’an dernier, trois adolescents se sont suicidés après avoir subi des violences verbales, psychologiques ou physiques de leurs parents, parce qu’ils étaient différents.
On parle beaucoup du lien aujourd’hui. Mais il faut regarder les violences intrafamiliales. Pour moi, la prévention passe par l’éducation dès le plus jeune âge. D’où l’importance de l’éducation à la vie affective et relationnelle dans les écoles. Comprendre les relations, apprendre la bienveillance, ça peut éviter tellement de souffrances. La prévention, ce n’est pas seulement intervenir au moment de la tragédie. C’est arrêter de faire souffrir les gens. C’est tendre la main à tout le monde.”
“Les chiffres montrent que les jeunes LGBT ont trois à sept fois plus d’idées suicidaires. SOS Suicide reçoit près de 2 000 appels par an, et une grande majorité vient de cette communauté. L’an dernier, trois adolescents se sont suicidés après avoir subi des violences verbales, psychologiques ou physiques de leurs parents, parce qu’ils étaient différents.
On parle beaucoup du lien aujourd’hui. Mais il faut regarder les violences intrafamiliales. Pour moi, la prévention passe par l’éducation dès le plus jeune âge. D’où l’importance de l’éducation à la vie affective et relationnelle dans les écoles. Comprendre les relations, apprendre la bienveillance, ça peut éviter tellement de souffrances. La prévention, ce n’est pas seulement intervenir au moment de la tragédie. C’est arrêter de faire souffrir les gens. C’est tendre la main à tout le monde.”
Tiaahu Huihere : “Je trouve que cette journée est très importante, parce qu’elle pense à toutes les personnes qui souffrent en silence. J’ai une amie qui a failli passer par le pire. Juste avant, on avait eu une prévention au lycée. J’ai pu être là pour elle. On ne parle pas assez de ces sujets, mais ça aide vraiment.”
Tiaihau Manatuarai : “C’est intéressant parce que le suicide touche beaucoup les jeunes. On ne sait pas tout, mais on a envie d’en apprendre plus. J’ai déjà eu des amis qui ont failli perdre la vie. Souvent, ça vient de problèmes familiaux ou de ce que vivent autour d’eux. Aujourd’hui, on va réfléchir ensemble à des idées pour améliorer la prévention.”































