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Ligue 1: Marseille sacré champion de France

PARIS, 5 mai 2010 (AFP) - Marseille, vainqueur de Rennes (3-1) au stade Vélodrome, a remporté le 9e titre de champion de France de son histoire, le premier depuis 1992, mercredi lors de la 36e journée de Ligue 1.


Ligue 1: Marseille sacré champion de France
Après la défaite d'Auxerre à Lyon (2-1), les Marseillais n'avaient plus besoin que d'un succès pour se repositionner au sommet de la L1. Un premier but de Heinze a placé idéalement l'OM sur les rails (4e) mais Briand a douché les espoirs des locaux en égalisant juste avant la pause (38e).

Il a fallu attendre le dernier quart d'heure et deux réalisations coup sur coup de Niang (76e) et de Lucho (78e) pour redonner un avantage définitif à l'OM, qui, avec 8 points d'avance sur l'AJA, ne peut plus être rattrapé à deux journées du terme de la saison.

Ce 9e titre, trop longtemps attendu, couronne la belle saison de l'OM, enfin redevenu le maître du football français après des années de disette. Vainqueurs de la Coupe de la Ligue avant de décrocher la couronne de champion de France, les Marseillais ont ainsi tourné la page de 1993 et de ce succès en Ligue des champions qui restait leur dernier fait d'armes depuis 17 ans.

Même si les soubresauts n'ont pas manqué à la tête du club durant l'intersaison (départ du président Pape Diouf et son remplacement par Jean-Claude Dassier, décès du propriétaire Robert Louis-Dreyfus), ils doivent surtout leur retour au premier plan au travail entrepris par Didier Deschamps, à la tête de l'équipe depuis seulement une saison.

L'ancien capitaine des Bleus, arrivé en remplacement d'Eric Gerets, parti en Arabie Saoudite, a effectué un recrutement judicieux, mêlant joueurs à poigne (Heinze, Mbia, Diawara) et touche technique (Lucho). Il a aussi pu compter sur l'efficacité jamais démentie de son capitaine sénégalais Mamadou Niang, en tête du classement des buteurs de L1 avec 16 réalisations, à égalité avec le Lorientais Gameiro

Six hommes pour une saison

Ligue 1: Marseille sacré champion de France
Sacré champion mercredi après sa victoire sur Rennes (3-1), Marseille s'est appuyé notamment sur six hommes qui ont sorti l'équipe de l'ornière où elle semblait engagée avant la trêve.

. Lucho Gonzalez, l'homme décisif. Le plus gros transfert de l'histoire du club (18 millions d'euros + 6 M EUR de bonus) a d'abord suscité des doutes sur l'intérêt de l'investissement. Victime d'une fracture de la clavicule en match amical de préparation devant Saint-Etienne le 29 juillet, le milieu de terrain a passé six semaines à se soigner. Ses vrais débuts, logiquement, n'ont pas marqué les esprits, malgré quelques belles promesses, contrariées par de nouveaux pépins physiques (entorse à la cheville fin octobre, distension des ligaments fin décembre). Le récital n'a donc vraiment débuté qu'après la trêve. Il ne s'est depuis jamais éteint. L'international argentin est ainsi devenu le vrai patron technique de l'équipe, distillant les passes décisives, notamment sur coups de pieds arrêtés. Sa rapidité de passe, son placement, sa vista en ont fait la vedette - modeste - de l'équipe. Et il a marqué jour du sacre, sur une merveille de petite frappe enroulée.

. Mamadou Niang, le fidèle. Après 5 années passées à l'OM, l'attaquant Mamadou Niang connaît enfin la consécration. Auteur du premier triplé de sa carrière le 21 février devant Nancy au Vélodrome (3-1), il a lui aussi connu un coup d'arrêt d'un mois en raison d'une entorse à la clavicule en décembre. Dans l'axe (parfois) ou côté gauche (souvent), il a en tout cas fait preuve d'une constante efficacité. Et termine encore meilleur buteur du club (15 réalisations à ce jour). Bien que sous contrat jusqu'en 2014, il pourrait tenter sa chance en Angleterre.

. Valbuena, un symbole. Le petit gabarit de l'attaque marseillaise était voué au banc de touche en début de saison, Deschamps ne goûtant pas son profil technique. L'ancien de Libourne était donné partant à la trêve, où il avait exprimé de vives critiques contre son coach dans la presse. Sur le terrain et à l'entraînement, il n'a donné pourtant aucun signe d'abattement. Et a renversé la situation à son profit à la reprise, où son entrée à Bordeaux a vivifié le jeu marseillais. Le départ de Koné à la CAN a aussi libéré les espaces. Il s'y est engouffré joliment (5 buts), preuve que Deschamps a lui aussi changé d'opinion, profitant au passage de la montée en puissance de Lucho sur son côté.

. Diawara-Mbia, les rocs. Comment les dissocier? Arrivé de Bordeaux, le premier s'est d'emblée imposé comme titulaire dans l'axe, où, après des débuts hésitants, il est apparu incontournable aussi bien sur le terrain que dans le vestiaire. La présence de l'ancien Rennais dans l'axe de la défense, où sa puissance et sa rapidité ont écoeuré bien des attaquants, est devenue une évidence aux yeux de Deschamps à son retour de la CAN. Résultat: la défense de l'OM est passé de la 7e à la 2e place, grâce notamment à cette charnière athlétique.

. Cissé, la surprise. Parti pour être remplaçant de Mbia, l'ancien du Besiktas s'est fondu naturellement dans le groupe et a profité du recul du Camerounais dans l'axe pour enchaîner les matches comme milieu défensif. Expérimenté, malin, fluide: relais de Deschamps qu'il connut à Monaco, il a réalisé une saison exemplaire.

Ligue 1 - La 36e journée en bref

Mamadou Niang
Niang, ce héros. L'histoire retiendra que la délivrance et le 9e titre de champion de Marseille, le premier depuis 18 ans, sont venus des pieds de Niang, auteur du 2e but de l'OM en fin de première période contre Rennes (3-1). L'attaquant sénégalais, qui a rejoint le Lorientais Kevin Gameiro en tête du classement des buteurs (16 buts), se fait ainsi une place de choix dans la légende olympienne. Les noms des Argentins Gabriel Heinze et Lucho Gonzalez, qui ont inscrit le 1er et 3e but marseillais, passeront également à la postérité.

Deschamps, 1re. L'entraîneur marseillais a réussi un coup de maître en étant sacré dès sa première saison dans son nouveau club. Il s'agit également du premier titre de champion de l'ancien capitaine des Bleus, vainqueur de la Serie B italienne avec la Juventus Turin en 2007-08.

Lyon s'accroche. L'OL est désormais idéalement positionné pour terminer sur le podium, synonyme de qualification pour la Ligue des champions. Les Lyonnais ont peiné mais ont fini par s'imposer face à Auxerre (2-1), revenant à deux longueurs du duo Lille (2e)-Auxerre (3e), avec un match en moins.

Lille ne s'arrête plus. Le Losc, qui a remporté à Toulouse (2-0) sa 4e victoire d'affilée, sera très difficile à déloger du podium (2e). D'autant que les Nordistes ont également retrouvé tout leur potentiel offensif avec 11 buts marqués lors de leurs quatre dernières sorties. Le billet pour l'Europa League, au pire, est de toutes façons déjà quasiment dans la poche.

Retour à la réalité. La finale de la Coupe de France a semble-t-il coupé les jambes du Paris SG et de Monaco. Les Parisiens, vainqueurs au Stade de France (1-0 a. p.), ont perdu toute motivation après avoir sauvé leur saison et ont encore abandonné des points au Parc des Princes face à Valenciennes (2-2). Les mots et la colère de Guy Lacombe après la finale perdue n'ont également pas suffi à secouer les Monégasques, tenus en échec à Lorient (2-2).

Bordeaux n'est pas guéri. Les Girondins pensaient en avoir fini avec leur période de disette après avoir disposé de Toulouse (1-0). Mais le champion en titre a connu une nouvelle désillusion en partageant les points à Nice (1-1) et va devoir lutter pour accrocher une qualification européenne en fin de saison.

Le programme. La 37e et avant-dernière journée de L1 aura lieu le samedi 8 mai. Samedi: (21h00) Auxerre - Lens, Bordeaux - Sochaux, Grenoble - Boulogne, Le Mans - Paris SG, Lille - Marseille, Monaco - Nancy, Montpellier - Lorient, Rennes - Nice, Saint-Etienne - Toulouse, Valenciennes - Lyon

Rédigé par AFP le Mercredi 5 Mai 2010 à 10:44 | Lu 266 fois