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Les vaines promesses de Darmanin sur les concours nationaux


Tahiti, le 26 août 2026 - C’est un vieux débat, un vieux problème, que traversent chaque année des étudiants ultramarins. Celui du passage de concours nationaux à la même heure que les postulants métropolitains. Résultat : une inégalité de chance entre les candidats tant il est plus facile de composer à 13 heures qu’à 1 heure du matin.
 

Dans un courrier envoyé à la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, ainsi qu’au garde des Sceaux, Gérald Darmanin, huit députés saisissent gouvernement pour que cesse la discrimination. Alertés par plusieurs professionnels du droit, les députés se dressent contre l’organisation d’un concours d’accès au centre régional de formation professionnelle d’avocats qui a lieu du 1er au 4 septembre. “En raison de la simultanéité des épreuves avec l’Hexagone, les candidats devront commencer à composer à 22 heures à Nouméa, et à 1 heure du matin à Papeete”, s’indignent les députés. Pour l’épreuve de note de synthèse, d’une durée de cinq heures, les candidats polynésiens composeront ainsi jusqu’à 6 heures du matin. “Une telle organisation place objectivement les candidats du Pacifique dans des conditions de fatigue, de concentration et de vigilance moins favorables que celles de leurs homologues de l’hexagone.”
 
Étrangement, si un arrêté de mars 2026 prévoit des aménagements d’horaires pour les Antilles, La Réunion ou encore la Guyanne, “aucune solution comparable n’a été retenue pour la Polynésie française ou la Nouvelle-Calédonie”.
 
Aussi, les députés demandent une intervention “sans délai” au garde des Sceaux et à la ministre en charge de l’Enseignement supérieur “afin qu’une solution soit mise en œuvre dès les épreuves du mois de septembre”.
 
Plus largement, les élus en profitent pour suggérer qu’une réforme globale de l’organisation des examens nationaux soit mise en œuvre. Des réformes qui pourraient inclure “des horaires compatibles avec le rythme normal de veille”, “des sujets distincts”, “des dispositifs sécurisés de confinement ou de mise à l’isolement lorsque la confidentialité du sujet l’exige” ou encore “la prise en compte du décalage horaire”.
 
“Les jeunes de nos territoires supportent déjà l’éloignement, des coûts de formation et de déplacement élevés ainsi que de nombreuses difficultés liées à leur bassin de vie”, plaident les députés dans leur courrier. “Ils ne doivent pas en plus subir des conditions d’examen susceptibles de compromettre leurs chances de réussite.”
 
En juillet 2018, alors qu’il était ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin avait déjà été saisi par les élus et responsables locaux polynésiens. Il s'était engagé, lors d'un déplacement à Tahiti, à ce que des solutions soient trouvées pour adapter les horaires des concours nationaux afin qu'ils se déroulent à des “heures acceptables”. Il avait notamment évoqué la possibilité de placer les candidats ultramarins sous scellés ou en loge (isolement) pour leur permettre de composer de jour sans compromettre l'étanchéité des sujets.
 
En novembre 2025, il a de nouveau été interpellé sur ce sujet, en particulier concernant le concours d'accès à l'École nationale de la magistrature (ENM). Il a reconnu la difficulté disproportionnée pour les étudiants calédoniens ou wallisiens de composer au milieu de la nuit et s'était engagé à adapter l'organisation administrative des examens du ministère de la Justice. 
 
Deux promesses encore en attente de concrétisation.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mercredi 26 Août 2026 à 19:10 | Lu 340 fois