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Les stages de Wallisiens et Futuniens à Fidji prennent leur vitesse de croisière


Jules Irrmann,
Jules Irrmann,
SUVA, lundi 24 septembre 2012 (Flash d’Océanie) – Dans un processus d’intégration régionale dans leur environnement anglophone, les stages d’élèves Wallisiens et Futuniens ont pris, en cette rentrée, leur vitesse de croisière avec l’arrivée à Fidji d’un nouveau groupe de 34 étudiants du Lycée d’État de cette collectivité française du Pacifique.
Après leur arrivée ce week-end, les stagiaires ont été accueillis par le personnel de l’ambassade de France, représentée par son chargé d’affaires Jules Irrmann, dans les locaux de l’Alliance Française de la capitale fidjienne.
Ils ont aussi été rapidement briefés sur les conditions de vie à Fidji, ainsi que ses spécificités culturelles et sociétales.

Les stages de Wallisiens et Futuniens à Fidji prennent leur vitesse de croisière
Ces élèves sont accueillis dans le cadre de stages au sein d’une grande entreprise spécialisée dans la distribution de quincaillerie et de matériaux de construction, Vinod Patel.
« L’entreprise Vinod Patel a lancé cette initiative d’ouvrir ses portes à nos étudiants et nos apprécions ce soutien, non seulement au nom de l’amélioration des normes éducatives dans le Pacifique, mais aussi en vue de renforcer les relations entre Fidji et ses voisins francophones », a notamment souligné le diplomate qui vient de prendre son poste.


Les stages de Wallisiens et Futuniens à Fidji prennent leur vitesse de croisière
Ce projet, initié par le rectorat de Wallis-et-Futuna et soutenu par le service d’action de coopération culturelle de l’ambassade de France à Fidji, « non seulement entre dans le cadre de la mission de l’ambassade de France de faciliter et de promouvoir les relations entre les collectivités françaises de la zone et Fidji, mais reflète également la tendance actuelle de la part de ces collectivités vers une plus grande intégration régionale », souligne lundi l’ambassade de France à Fidji dans un communiqué.

Ce nouveau groupe, accompagné d’enseignants, vient installer dans la durée une première vague pilote, il y a quelques mois.

Plusieurs établissements scolaires en Nouvelle-Calédonie et plus récemment à Wallis-et-Futuna, ont multiplié, ces dernières années, des séjours exploratoires et d’études à Fidji.
Ce fut notamment le cas, depuis 2011, d’élèves du lycée d’État de Wallis-et-Futuna et de la section BTS Assistant de Manager du lycée La Pérouse de Nouméa, qui ont effectué une série de stages au sein de plusieurs entreprises locales, dans des domaines techniques comme la vente, dans des secteurs de l’agroalimentaire (sièges régionaux de Coca Cola et Goodman Fielder, entreprises Punjas) ou du matériel de quincaillerie et de construction (Vinod Patel).
Du point de vue français, l’avantage de ces stages à Fidji est tout- aussi bien l’acquisition d’expériences professionnelles que l’immersion dans un environnement anglophone, mais à la fois proche culturellement.
L’expérience wallisienne à Fidji et les premiers séjours d’élèves du second degré, a permis de conforter la coopération » avec des « partenariats forts », aussi bien au niveau des échanges d’élèves que d’enseignants, remarquait Bernard Zier, Vice-recteur de Wallis-et-Futuna, lors d’un séjour à Suva début juillet 2012.
Des 17 élèves pour la première série de stages, on est passé à 34.
Bernard Zier se trouvait aussi début juillet 2012 dans la capitale fidjienne, à la tête d’une délégation comprenant notamment Jean-Luc Balaarin (inspecteur de l’éducation nationale) et Joseph Makutu (proviseur du Lycée d’État de Wallis-et-Futuna.
Le groupe avait, au cours de ce séjour d’une semaine, rencontré des interlocuteurs dans le milieu de l’enseignement, mais aussi effectué une visite de courtoisie au ministère fidjien des affaires étrangères, où les missionnaires, accompagné du diplomate français basé à Suva, ont été reçus par Mme Litia Mawi, ambassadrice itinérante pour le Pacifique.
« Je suis très heureuse que, malgré la barrière de la langue, les habitants de Wallis-et-Futuna tendent la main à travers le Pacifique à leurs voisins anglophones », avait alors déclaré la diplomate.

projets à vocation d’intégration régionale

Fin juillet 2012, toujours dans la même logique d’intégration régionale, le gouvernement français signait une nouvelle convention avec l’Université du Pacifique Sud (University of the South Pacific, USP) avec une nouvelle fois comme leitmotiv de favoriser l’intégration régionale et l’établissement de passerelles pour les étudiants des collectivités françaises du Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna).
Cette signature, vendredi 27 juillet 2012 entre la direction de l’USP et l’ambassadeur de France à Suva, Gilles Montagnier, porte sur deux projets : l’un concerne un programme de surveillance des effets des changements climatiques sur les coraux des récifs fidjiens, et l’autre l’élaboration de modules d’enseignement de l’histoire prenant en compte « le patrimoine commun » précolonial des insulaires de cette région du Pacifique, a annoncé vendredi 3 août 2012 l’ambassade de France dans un communiqué.
Ces projets impliquent à la fois « l’USP, les universités des collectivités françaises du Pacifique, mais aussi celles d’Australie et du Pacifique Nord ».
Le diplomate français, lors de cette dernière signature, a une nouvelle fois souligné « l’importance d’un nombre croissant d’interactions entre nos communautés (océaniennes), ce qui contribuera à une meilleure compréhension entre les territoires de leur histoire et de leur culture communes, et ainsi renforcer leur intégration régionale ».
« La France, à travers ses territoires, est confrontée aux mêmes défis dans cette région. Elle comprend donc l’importance d’une recherche de solutions durables. En partageant les financements et en facilitant l’échange d’informations, on peut contribuer à la réalisation d’objectifs communs », a affirmé l’ambassadeur.

« Nous souhaitons collaborer tout autant avec l’Université du Pacifique Sud qu’avec l’Université Nationale de Fidji », confiait M. Montagnier début juillet 2012 alors qu’il venait de signer un autre accord, cette fois-ci avec la Fiji National University (FNU).

D’autres accords passés récemment

Le 4 juillet 2012, Gilles Montagnier et le Vice-chancelier (Président) par intérim de la FNU, le professeur Paras Nath, entérinaient un accord portant en particulier sur le secteur technique, avec à la clé la fourniture d’aides financières, techniques et de matériel pédagogique.
À cette occasion deux véhicules Peugeot 307 (fournis grâce aux dispositions françaises en matière d’enseignement professionnel et technique) ont été livrés à cet établissement, à des fins d’apprentissage.
Un stage était aussi organisé à cette occasion
Un autre volet de cette coopération croissante concerne aussi la mise en place d’échanges réguliers d’étudiants et d’enseignants entre la FNU et divers établissements français de la zone.
L’objectif affiché de ces opérations était là aussi de « promouvoir l’intégration régionale », soulignait alors l’ambassadeur Montagnier.
« Le but c’est bien de promouvoir l’intégration régionale. Je pense que nos territoires ne peuvent pas éternellement vivre repliés sur eux-mêmes. Pour la (Nouvelle-) Calédonie, c’est très très bien engagé, il y a une coopération étroite et intense. Avec Wallis-et-Futuna, il y a des questions d’échelle qui se posent : d’un côté, vous avez 850 ou 900.000 habitants et de l’autre vous en avez 13.000. Mais quand on regarde bien une carte, il y a nécessairement une proximité culturelle, un mouvement naturel… Les Wallisiens passent forcément par Nadi », avait-il indiqué en soulignant l’importance de la réciprocité de ces échanges.

Du côté de la Nouvelle-Calédonie, toujours dans une apparente même démarche, la célébration annuelle de la Fête de la Science, cette année du 1er au 13 Octobre 2012, que l’événement prendra une tournure régionale.
« Il faut signaler que cette édition 2012 marquera un tournant dans la tenue de cette manifestation puisque la Nouvelle-Calédonie a souhaité en faire la Fête de la Science du Pacifique. À ce titre, six pays de la zone ont été invités », annonçait vendredi 21 septembre 2012 le Haut-commissariat de la République française en Nouvelle-Calédonie.

pad

Rédigé par PAD le Lundi 24 Septembre 2012 à 05:43 | Lu 1963 fois