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Les sinistrés de Tiarei organisés comme un camp de réfugiés



HITIAA O TE RA, le 7 janvier 2016 - Ils sont 81, issus d'une vingtaine de familles, à cohabiter dans le centre d'accueil de la salle de sport Moenoa à Tiarei. Ils sont là depuis un mois et n'aspirent qu'à rentrer chez eux, mais leurs maisons dans la vallée des Trois Cascades ne devraient pas pouvoir être reconstruites…

Les sinistrés de la côte Est, victimes des fortes intempéries du 12 décembre dernier, sont confrontés à trois cas de figure pour leurs habitations : aide en matériaux pour les réparations, un Fare OPH pour remplacer les maisons détruites en zone bleue… ou une relocalisation sur un terrain plus sûr pour ceux qui habitaient en zone rouge, telle que définie par le plan de prévention des risques (PPR) de la commune.

Pour les familles de la vallée de Faarumai à Tiarei, très connue pour abriter la balade des Trois Cascades, c'est un choix impossible. Presque toute la vallée est passée en zone rouge à la fin des années 2000, la reconstruction s'annonce donc difficile. Les maisons trop endommagées ont été abandonnées pour l'instant, et elles sont 22 familles à s'être réfugiées dans la salle d'accueil de Moenoa, près de la mairie de Tiarei. Et toutes sont unanimes dans leur souhait de retrouver leur vallée… "La famille veut retourner là-bas, les enfants ont grandi là-bas, nous on est nés là-bas. On rentre chez nous, même si nous sommes dans les zones rouges. Dans le quartier, c'est zone rouge des deux côtés, rivière et montagne. La seule zone bleue c'est la route qui va aux Trois Cascades. Nous, on ne comprend pas : le jour des intempéries la rivière est passée par la route, leur PPR est bidon", réagit un des réfugiés.

Cohabitation forcée

En attendant, c'est le camping. Située dans un gymnase, la salle d'accueil est très chaude. Les sinistrés sont obligés de laisser toutes les portes ouvertes, ce qui laisse parfois entrer les insectes et les rats. Partis pour rester encore plusieurs mois, ils se sont organisés à l'instar d'un camp de réfugiés, et ont, dès le départ, désigné, entre eux, des responsables pour chaque activité : le ménage, la cuisine, les sanitaires, les stocks…

Sont ensuite venus les problèmes de la vie quotidienne. Il a fallu s'organiser pour faire des tours afin de partager les deux machines à laver entre les 81 habitants (dont 15 enfants), pour les douches, pour préparer les repas, faire la vaisselle et maintenir l'ordre et la coexistence. Des réunions de conciliation sont organisées en cas de litige entre les familles. Chacun a reçu une partie des nombreux dons : des vêtements, matelas, draps et autres appareils pour se créer un petit chez soi… Mais le manque d'intimité est pesant, surtout pour les couples.

Le président interpellé

Édouard Fritch rencontre une mamie hébergée dans la salle d'accueil, avec son respirateur. Le gouvernement espère pouvoir lui trouver une maison en location en attendant.
Édouard Fritch rencontre une mamie hébergée dans la salle d'accueil, avec son respirateur. Le gouvernement espère pouvoir lui trouver une maison en location en attendant.
Lors de la visite du président, les réfugiés de Tiarei lui ont fait faire la visite. Édouard Fritch, qui n'avait pas encore rencontré ces sinistrés, a ainsi découvert les deux mamies malades du camp : l'une dialysée, l'autre avec un appareil respiratoire. Un petit mot à l'un de ses conseillers, "il faut vraiment trouver quelque chose, là", quelques coups de fils, et une solution : l'AISPF, pour Association immobilière sociale de la Polynésie française. L'association loue des maisons pour les personnes les plus en difficulté, et dispose donc d'un petit parc d'habitations. Les deux mamies devraient pouvoir profiter du dispositif, et verront les 2/3 du loyer pris en charge par le Pays.

Les réfugiés l'ont interpellé sur le problème du relogement : presque toute la vallée est classée zone rouge dans le PPR de la commune. Les reconstructions promises par le gouvernement seront impossibles sur place : Tearii Alpha a dû expliquer pourquoi l'aide publique se réduira à des aides en matériaux pour ceux qui ne veulent absolument pas partir de leur vallée. Au final, quatre familles sont allées voir ses conseillers à la fin de la rencontre. Elles ont effectivement des terrains familiaux sur lesquels pourraient être construits des Fare OPH, même si cela les éloignera de la vallée de leur enfance. Mais c'est sans doute la dernière promesse d'Édouard Fritch qui a des chances de convaincre une partie des récalcitrants : quand plusieurs familles vivaient sous le même toit, le gouvernement est prêt à leur offrir plusieurs fare sur le même terrain, pour leur donner leur indépendance. Même si le ministre du Logement a tout de suite tempéré : il faudra faire les dossiers OPH et être accepté.

Mais ceux qui espéraient quitter rapidement la salle Moenoa seront de toute façon déçus : les aides en matériaux seront livrées dans les trois mois, et les maisons dans les six mois, "mais c'est un maximum, on fera notre possible pour livrer plus tôt", assure le ministre.

Marie-Antoinette, responsable de la salle Moenoa
"Ma maison, c'est la première, celle qui est remplacée par le sable, elle a été emportée. Je ressens vraiment ça… Je n'ai pas eu le courage de rentrer chez moi pour voir comment c'est depuis le drame, c'est vraiment dur. Et pendant Noël et le jour de l'An, on faisait toujours la fête chez moi… Et arrivés ici, on n'a pas pu faire, on n'est pas chez nous. Mais on a toujours l'espoir, et le gouvernement a promis de nous aider à trouver un toit.

Après ici ça se passe bien. On est 80, on s'est organisés comme si on était à la maison. On a délimité des zones pour les familles avec des matelas, on s'organise par groupe. Je m'occupe de la salle, mon cousin de la cuisine… On aimerait rester le moins longtemps possible, dès qu'on a un toit, je pars. Ce n'est pas un foyer ici, on est juste hébergés."



Ce terrain vague était, il y a encore un mois, la maison des deux soeurs
Ce terrain vague était, il y a encore un mois, la maison des deux soeurs
Deux sœurs qui ont perdu leur maison
"On se sent comme des réfugiés syriens, abandonnées. Notre maire, tavana Domingo, s'occupe de nous, il est venu dès le premier jour et nous a amenées à la salle. L'armée s'est chargée d'ouvrir la route et ramener nos voitures. Mais on n'a pu ramener aucune affaire, la terre est entrée dans la maison. Là, on nous a dit que nous resterions six à huit mois ici. C'est long. On a eu une rencontre avec les ministres de l'OPH et de l'Équipement, ils ont dit qu'ils avaient débloqué de l'argent pour nous aider, et normalement les travaux commenceront fin janvier. Mais, comme toutes nos maisons sont en zone rouge, on ne pourra pas bénéficier d'une maison OPH, il n'y a que la route qui est en zone bleue dans la vallée, faudrait qu'on nous explique. On aura juste droit aux matériaux."


Rédigé par Jacques Franc de Ferrière le Jeudi 7 Janvier 2016 à 17:59 | Lu 1997 fois







1.Posté par Haunui Maire le 08/01/2016 08:25 | Alerter
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Il faut construire des logements, plus de logements,quitte à faire des tours avec des balcons ; n'en soyez pas choqués il ne s'agit pas de parquer les gens comme des cochons, il s'agit de leur donner un toit dans un environnement très bien, si bien pensé, bien aménagé. Voyons, soyons réalistes, c'est mieux que de rester des mois, voir des années dans des taudis ou des grandes salles sans intimité ! Il faut construire des tours d'appartement plus haut, mais aussi plus humain que furent les HLM, avec des balcons, un jardin commun, une salle de sport, des sèches linge pour pouvoir y mettre plutôt des pots de jolis fleurs et des transat que des fils de linge à n'en plus finir, Pensez y cher gouvernement, c'est possible ! On peut appeler aux dont pour les fleurs et les transats. Dès qu'un transat est un peu rayé on les change chez les gens aisés ou on les met dans un coin, soyons pragmatique, ouvert aux solutions.

2.Posté par simone grand le 08/01/2016 09:02 | Alerter
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Ils sont en effet nos réfugiés non seulement climatiques mais aussi de l'incurie administrative et politique, car les dispositions élémentaires d'entretien de rivières n'ont pas été prises par les institutions et personnels payés pour.

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