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Les saboteurs déboutés en justice


Tahiti, le 30 septembre 2025 - Ce mardi, le tribunal administratif a rejeté les recours des trois anciens salariés de la Société tahitienne des oléoducs (STDO), qui avaient saboté les possibilités de déchargement d'un pétrolier lors d'une grève en décembre 2023. Une décision qui vient officialiser les licenciements de ces trois agents prononcés par l'inspecteur du travail et la STDO.
 
Ils étaient tous les trois élus délégués du personnel sur la liste du syndicat CSIP et, à ce titre, se pensaient intouchables. Mais le 15 décembre 2023, en marge d’un mouvement de grève, ces trois agents de la Société tahitienne des oléoducs (STDO) ont bloqué les connexions entre les flexibles et l'entrée des pipelines situés sur le site de Fare Ute, et ont volé des charriots rendant impossible le déchargement d'un pétrolier tout juste arrivé, avec à son bord 50 jours de stock de carburant. Des faits que la CSIP avait tenté de couvrir en prétextant “l'incompétence” de certains ouvriers de la STDO, mais sans succès. Les trois fautifs ont finalement été condamnés par le tribunal correctionnel à différentes amendes – des condamnations contre lesquelles ils n'ont pas fait appel – et ont été licenciés pour faute grave. Une sanction que ces derniers ont trouvé excessive.
 
Selon eux, les faits relatifs à l'intervention sur les connexions de flexibles et le vol de charriots s'inscrivent manifestement dans le cadre de l'exercice du droit de grève. De plus, ceux-ci soutiennent que la décision de licenciement “ne contient aucune analyse détaillée des circonstances dans lesquelles se sont déroulés les faits, s'agissant particulièrement du contexte de grève”, et que l'inspecteur du travail n'a pas établi “la proportionnalité entre les faits reprochés et la sanction de licenciement” et n'a, à aucun moment, envisagé “une sanction moins lourde”.
 
Une plaidoirie qui n'a trouvé aucun écho auprès du tribunal administratif de Papeete, puisque celui-ci rappelle, dans ses conclusions rendues ce mardi, que “l'exercice du droit de grève, dans les conditions définies au présent titre, n'entraîne pas la rupture du contrat de travail, sauf faute lourde imputable au salarié”. Un argument souligné par la convention collective du travail des entreprises de stockage, conditionnement et distribution des hydrocarbures liquides et gazeux, applicable aux salariés de la STDO : “Les employeurs et les travailleurs sont libres de défendre leurs droits et leurs intérêts par l'action syndicale. Cependant, l'exercice du droit syndical ne doit pas avoir pour conséquence des actes contraires aux lois et règlements.” Enfin, selon le tribunal administratif, les faits reprochés aux trois agents “sont d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement d'un salarié protégé qui, de surcroît, n'a pas joué le rôle de modérateur que peut assurer un délégué du personnel dans un conflit de travail”.   

Rédigé par La rédaction le Mardi 30 Septembre 2025 à 18:32 | Lu 2269 fois