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Les dangers de la route expliqués aux jeunes de Bora Bora


Bora Bora, le 18 octobre 2021 – La semaine dernière, les élèves du lycée de Bora Bora ont été sensibilisés aux dangers de la route. C'est à travers des images-chocs, des vidéos et des exemples concrets que deux gendarmes sont intervenus dans 40 classes pour faire passer de nombreux messages aux jeunes dans le but de sauver des vies.
 
Pendant toute la semaine dernière, les élèves du collège - lycée polyvalent Ihi-Tea No Vavau de Bora Bora ont eu l’occasion de comprendre combien la route pouvait être un véritable danger, même sur la Perle du Pacifique qui ne compte pourtant qu’une seule voie commune goudronnée faisant le tour de l’île. Collégiens et lycéens se sont relayés du lundi 11 au vendredi 15 octobre dans la salle de permanence, libérée pour l’occasion par la nouvelle direction de l’établissement, à savoir le proviseur Dominique Meriguet et son adjointe Céline Reinier.
 
Les gendarmes Franck Eymenier et Raiarii Chin Meun ont été dépêchés depuis Tahiti par le service prévention partenariat de la gendarmerie pour mener à bien cette opération entièrement financée par le haut-commissariat. Les deux gendarmes ont vu défiler près de 40 classes en cinq jours. À travers des vidéos, des slogans, des panneaux de signalisation et parfois des images-chocs, les jeunes ont pu enregistrer le message des dangers qu'ils encourent en prenant la route. Car parfois leur naïveté sur les pièges qu'ils peuvent rencontrer sur l’asphalte est préoccupante. C’est de cela dont il s’agit précisément selon Franck Eymenier : “Faire de la prévention auprès des jeunes afin de réduire, voire empêcher, les accidents de la route”.

Pendant 5 jours, Franck Eymenier et Raiarii Chin Meun ont rencontré 40 classes de collégiens et lycéens de Bora Bora.
Pendant 5 jours, Franck Eymenier et Raiarii Chin Meun ont rencontré 40 classes de collégiens et lycéens de Bora Bora.
87 % des accidents dus à l’alcool
 
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le bilan polynésien fait état de 14 morts pour 64 accidentés cette année (au 14 octobre). C’est trois de moins que l’an dernier même si le confinement a joué un rôle important sur cette baisse, mais, comme le gendarme le précise, “il peut s’alourdir de manière considérable en une seule catastrophe.” Les principaux facteurs sont la consommation d’alcool avant de prendre le véhicule, la vitesse excessive ou encore la prise de stupéfiants (ice et paka essentiellement). Lors d'une intervention, un élève avoue : “Mon père conduit même s’il est saoul, il faut bien ramener la voiture… et nous !”. Bora Bora compte 4 accidentés cette année, dont un mort. Raiarii, l'autre gendarme explique que 87 % des accidents sont dus à l’alcool, un véritable fléau qui peut être enrayé par ce genre d’action menée par la gendarmerie.
 
Difficile d'ancrer certaines règles
 
Ainsi, les deux gendarmes se sont relayés pour évoquer le comportement du piéton, l’attente et la descente du bus, l’attitude à adopter sur le vélo et sur le scooter, le bouclage de la ceinture de sécurité, et tous les dangers de la route. “Les élèves ont été à l’écoute”, affirme Franck. “Ils ont été particulièrement très attentifs lorsqu’il a été question du transport de personnes dans les bennes des 4x4, surtout lorsque le film sur le retournement d’un véhicule défile devant leurs yeux. Les images sont dures et choquantes. Les élèves se rendent vraiment compte de la gravité de cette prise de risque inutile. C’est pourtant difficile d’ancrer certaines règles au cœur de la Perle du Pacifique. Les vélos roulent à contre sens, comme les scooters, avec une foule d’individus sur un seul véhicule, sans casque, parfois sans frein. Les habitants sont habitués à rouler de cette manière à Bora Bora, certains ne connaissent même pas le règlement applicable sur la route, les élèves ne savent pas qu’un brevet de sécurité routière (BSR) est indispensable pour conduire un scooter dont le débridage illégal est souvent pratiqué.”

D'autres actions de prévention
 
Avant d’achever leur intervention, les deux gendarmes expliquent aux élèves que d’autres actions sont menées par la gendarmerie, soutenues financièrement par le Haut-commissariat. Sont distribués chaque année 56 bons d’une valeur individuelle de 10 000 Fcfp en échange du vieux casque que l’on garde parfois trop longtemps et qui ne protège plus. Ces derniers ne sont pas jetés, ils sont récupérés par le centre des jeunes adolescents (CJA) de Bora Bora pour être recyclés. À la fin de l’heure de prévention, chaque élève repart avec un bracelet fluorescent sur lequel est indiqué : “PAS MOURIR… I E HA’AMA’AU”

Rédigé par Nij le Lundi 18 Octobre 2021 à 15:18 | Lu 690 fois