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Le secteur du monoï en quelques chiffres


Tahiti, le 31 mars 2022 - Malgré sa notoriété internationale, la place du monoï est marginale dans l’économie polynésienne. Cette huile représente 2,8% du total des recettes d’exportation en 2021, mais l’industrie réalise plus de la moitié de son chiffre d’affaires sur le marché local.
 
L’industrie du Monoï de Tahiti a plusieurs originalités. D’abord, la filière du monoï de Tahiti valorise deux produits locaux : l'huile raffinée de coprah et la fleur de Tiare (gardenia taitensis). Le processus de fabrication de l’huile de monoï débute ainsi dans les 29 000 hectares de cocoteraies que compte le territoire polynésien, dont la plupart (86 %) sont situées aux Tuamotu-Gambier. Le coprah est acheminé à Papeete jusqu'à l'Huilerie de Tahiti, où il est pressé à chaud pour obtenir l'huile raffinée. Les producteurs de monoï sont dépendants de cette société de capitaux essentiellement publics. L’Huilerie est l’unique fournisseur d’huile raffinée en Polynésie. Elle y consacre 5 % de sa production annuelle, qu’elle écoule exclusivement dans l’industrie locale du monoï à un prix règlementé.
 
Quant aux fleurs de Tiare, on estime à 4,2 millions le nombre de boutons consommés annuellement par le secteur du monoï. L’appellation d’origine précise que l’huile de monoï est obtenue par macération de fleurs de Tiare dans de l’huile raffinée de coco. Le processus de macération nécessite au moins dix boutons de Tiare par litre pour être conforme au standard imposé par le label. En outre, les fleurs doivent être utilisées au plus tard le lendemain de leur récolte. Le respect de ce critère explique que près de 90% des fleurs de Tiare utilisée dans l'industrie du monoï sont produites aux îles du Vent.
 
89% vendu à l’export
 
L’autre originalité de cette industrie est qu’elle écoule l’essentiel de sa production à l’export, souvent avec une valeur ajoutée minime. Une fois obtenu, le monoï est ainsi vendu sous diverses formes. Le principal produit d’exportation est le monoï en vrac, en tant que matière première entrant dans des productions de l’industrie. Un intrant pour la formulation de produits cosmétiques tels que des préparations antisolaires, des produits de bronzage, ou encore pour l'entretien ou les soins des cheveux ou de la peau. Dans une bien moindre mesure, le monoï de Tahiti est exporté pur conditionné en flacons. Un produit à plus forte valeur ajoutée.
 
Le monoï en vrac représente 89 % des volumes exportés, contre 11 % pour le monoï pur conditionné. Les produits à base de monoï ont quant à eux un poids marginal dans les exportations, en l’absence d’une industrie cosmétique locale. En 2019, les exportations de monoï ont représenté 425 tonnes pour une valeur de 349 millions de Fcfp. Cette activité a représenté cette année-là 4% du total des recettes d’exportation. L'essentiel du monoï de Tahiti est exporté sous sa forme en vrac à destination de la France, qui demeure le premier marché consommateur en produits finis. Ce marché concentre traditionnellement 65% de la valeur totale des exportations de monoï et 91% du vrac. Le marché européen concentre globalement 70 % des débouchés du Monoï de Tahiti, suivi par l’Amérique du nord (15 %) et par l’Asie (10 %).
 
Un marché local porteur
 
Ces dernières années, le chiffre d’affaires de la filière a pâti de la crise Covid. Les exportations de monoï ont représenté autour de 270 millions de Fcfp en 2020 et 2021, et 2,8% du total des recettes d’exportation. Malgré sa notoriété internationale, l’industrie du monoï occupe ainsi une place marginale dans l’économie polynésienne, faute de réelle débouchée pour les produits cosmétiques locaux.
 
Mais c’est sur le marché local que la filière réalise plus de la moitié de son chiffre d’affaires, avec la vente de produits à plus forte valeur ajoutée. Des huiles pour hydrater la peau, réparer les cheveux ou pour les massages, mais aussi des produits d’agréments notamment pour l’industrie hôtelière, tels que savons, huiles ou crèmes après-soleil. Difficile d’obtenir des chiffres précis, mais on évalue le rendement de cette économie sur le marché local entre 300 et 500 millions de Fcfp par an.
 
On compte cinq producteurs de monoï de Tahiti, implantés sur Tahiti et Moorea. Ces entreprises emploient près de 50 salariés. Il s’agit d’un secteur très concentré avec deux tiers des emplois salariés regroupés dans trois entreprises. Mais compte tenu des emplois indirects, on estime entre 160 et 200 le nombre de personnes qui travaillent pour la filière en Polynésie française.

Rédigé par Sources IEOM et ISPF le Jeudi 31 Mars 2022 à 18:02 | Lu 730 fois