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Le projet de rahui divise à Paea



Tahiti, le 30 janvier 2020 - Plusieurs dizaines de pêcheurs de Paea ont assisté samedi à la mairie à une réunion portant sur le thème du rahui. A cette occasion, le Criobe a présenté les résultats d'une étude de recensement des espèces effectuée sur les côtes de la commune. Si le projet n'a pas encore été mis en place, il divise déjà les pêcheurs. Certains d'entre eux, contre, s'inquiètent des périodes de "chômage technique", quand d'autres le soutiennent afin que les générations futures puissent encore vivre de la pêche dans plusieurs décennies.
 
Les pêcheurs de la commune de Paea ont assisté samedi matin à une réunion organisée par la mairie et le Criobe sur le thème du rahui. Ils étaient en effet venus nombreux pour écouter le compte-rendu de l'étude sur le recensement des espèces marines effectuée sur le littoral de la commune, sous la direction du directeur de recherche au CRNS, Tamatoa Bambridge.
 
Cette étude, tel que l'explique le biologiste marin, Camille Gaches, qui a participé au suivi et au comptage des poissons à Paea, a permis de démontrer que c'est au sud de la commune que l'on trouve le plus de poissons : "Globalement, il n'y a pas de gros écarts entre les différents sites sur lesquels nous avons travaillé à Paea. Il ressort que nous avons des biomasses -nombre de grammes de poissons que l'on retrouve au mètre carré-  plus importantes au sud de la commune. Il faut cependant être prudent sur ces premiers comptages, car il y a plein de variantes liées à la lune ou à la houle. Il faut donc continuer de travailler sur ces sites."
 

Repeuplement

Le rahui, période dinterdiction de pêche, de transport, de détention, de commercialisation et de consommation de certaines espèces, est une pratique ancestrale polynésienne visant à permettre, durant un laps de temps, le repeuplement des espèces marines et deau douce qui sont trop souvent surexploitées. Déjà utilisé dans différentes communes telles que Teahupoo ou Papara, ce processus n'emporte pas l'assentiment des tous les pêcheurs tel que l'on a pu le constater lors de la réunion organisée samedi à la mairie de Paea.
 
Lors des débats, certains d'entre eux ont effectivement émis des avis discordants. Les pêcheurs favorables au projet ont invoqué la nécessité de préserver la biodiversité pour les générations futures de pêcheurs. Les récalcitrants ont quant à eux rappelé que la pêche était, pour beaucoup, leur seul revenu. Face à ces oppositions, l'un des conseillers municipaux de la commune dirigée par Tony Géros, Allen Salmon, a affirmé que tous les avis seraient pris en compte : "Depuis sept mois que nous avons pris le pouvoir à Paea, notre façon de diriger est de nous tourner vers la population et de recueillir son avis avant de prendre une décision. Nous tiendrons compte de l'opinion de tous nos administrés. Mais je rappelle qu'un rahui n'est pas une interdiction sur toute la commune mais une interdiction tournante. Les gens doivent comprendre que le but est la protection de l'environnement." Interrogé sur le calendrier de ce projet, Allen Salmon explique que les doléances des pêcheurs seront transmises au tavana. Il affirme que le projet pourrait être mis en place cette année car il s'agit d'une "urgence".
 

Antonio Maitui, pêcheur : "Préserver la pêche pour l'avenir de nos enfants"

"Je suis pour le rahui car comme l'a confirmé le Criobe ce matin, le lagon de Paea est très poissonneux. C'est maintenant qu'il faut faire quelque chose pour l'avenir de nos enfants. Aujourd'hui, certains pêcheurs ne respectent plus la pêche en fonction de la taille de poissons. Les rougets que l'on voit au bord de la route sont tous petits et ce n'est pas normal. Je suis donc pour ce projet mais il faudra respecter les règles qui l'accompagneront. Je parle pour mes enfants et mes petits-enfants. Si l'on continue à ce niveau de pêche, il n'y aura plus de poissons d'ici 50 ans ou alors de petits poissons."
 

Teiva Lanteres, pêcheur : "On ne veut pas mourir de faim"

"Nous sommes contre ce projet. Nous ne vivons que de ça. Nous pêchons tous les jours et on ne peut donc pas accepter le rahui. Le fait d'avoir moins de travail nous fait peur. Ceux qui sont pour ne pêchent qu'une à deux fois par semaine. Nous, nous en vivons et nous ne pouvons pas nous arrêter. Ce projet nous mettrait au chômage technique et l'on ne veut pas mourir de faim."


Rédigé par Garance Colbert le Samedi 30 Janvier 2021 à 15:27 | Lu 10566 fois





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