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Le projet de loi pour la réforme des retraites officiellement retiré



PAPEETE, 12 mars 2018 - Les élus à l'assemblée ont officiellement retiré de l’ordre du jour de la session extraordinaire le projet de loi prévoyant la réforme des retraites.

Vendredi, après une journée intense de manifestations, la veille, le président du Pays a décidé de retirer de l’ordre du jour de la session extraordinaire le texte portant réforme des retraites. "En transmettant ce texte à l’Assemblée de la Polynésie, le président a voulu aller jusqu’au bout du débat démocratique", précisait la Présidence dans un communiqué, en fin de semaine dernière, en constatant que visiblement, l’intersyndicale refuse de faire face aux réalités et refuse la réforme de la retraite alors qu’elle est aujourd’hui indispensable."

Lundi matin, les représentants polynésiens ont mis en œuvre cette décision du président de la Polynésie française, seul habilité à fixer l’ordre du jour d'une session extraordinaire. Le retrait du projet de loi du Pays réformant les retraites a été soumis au vote des élus dès l’entame de la séance. L’examen de ce projet de loi est reporté sine die.

Mais, le calme retrouvé dans les rangs de l’hémicycle après les "débordements" de la semaine dernière, que Marcel Tuihani qualifie de "scandaleux", l’heure était lundi aux doléances. Celle du représentant Tapura Huiraatira, Philip Schyle d’abord. Le maire de Arue a regretté que "le débat démocratique ait été confisqué et ne puisse pas se tenir. Il aurait pu permettre au moins, de corriger les contre-vérités, les imprécisions, les confusions délibérément déversées çà et là, parmi les salariés et dans l’opinion publique" (…) Nous aurions pu enfin démontrer que tous, élus de l’APF, gouvernements successifs et partenaires sociaux, oui tous nous sommes responsables d'avoir pris ou contribué à prendre, par le passé, des décisions qui sont lourdes de conséquence aujourd’hui, ou bien de ne pas avoir pris les décisions qu'il fallait, au moment où il le fallait. Nous aurions pu alors comprendre et expliquer l’urgence à réformer la retraite (...) Mais bon, ce débat, nous l’avons compris, ne se tiendra pas aujourd’hui. C’est dommage ! Mais, ce qui importe aussi aujourd’hui, c’est que la paix sociale soit préservée. C’est votre souhait le plus cher, M. le président, c’est votre engagement devant les Polynésiens. Et il sera respecté".

Si elle a voté en faveur du retrait de ce projet de loi, la représentante Tahoera’a Huiraatira Loïs Salmon a estimé qu’il était bon de constater que cette décision était prise à l’initiative du gouvernement et qu’il ne fallait pas faire "porter cette initiative" par les représentants de l’assemblée.

"La procédure oblige que l’ordre du jour adopté par l’assemblée soit modifié par l'assemblée", défend Sandra Levy-Agami. "C’est bien Edouard Fritch qui a retiré l’examen de ce texte de l’ordre du jour". Pour la représentante orange d'ailleurs, "une telle réforme se prend dès l’arrivée au pouvoir ; pas à la veille des élections. (…) Ce que l’on demande, c’est que le Tapura l'intègre dans son programme politique pour les Territoriales ; qu’il la propose à la population ; qu’il la fasse valider… Ensuite, ce sera aux Polynésiens de dire s’ils sont d’accord pour une retraite à 62 ans, après 38 ans de cotisations, ou non. Nous, au Tahoera’a Huiraatira, on propose d’autres solutions".

Du côté du groupe souverainiste Union pour la démocratie (UPLD), "on a toujours dit qu’il ne faut pas passer en force", explique Anthony Geros. "La réforme ne doit pas être couperet. Si la réflexion n’est pas aboutie, il faut la poursuivre, le temps qu’il faudra. La sagesse qui anime les uns et les autres nous permettra de déboucher sur une solution, quelle qu’elle soit. Passer en force comme cela, que ce soit aujourd’hui ou demain après les élections, n’est pas une bonne chose". Pour les souverainiste, de même que pour le Tahoera’a Huiraatira, le problème de financement du système de retraites pourrait être résolu avec des créations d’emplois. "Si on arrive à amener 4680 cotisants nouveaux, on pourra régler le problème", estime Antony Geros. "C’est là-dessus qu’il faut travailler. On a les moyens de créer des emplois".

En 2017, pourtant l'indice de l'emploi a cru de 1,8 % alors que la variation moyenne annuelle observée par l’Institut polynésienne de la statistique de 2012 à 2016 est de - 0,1 %. Malgré ce rebond de l'emploi, le problème de fond du système polynésien de retraite est surtout d’ordre démographique. Il trouve son origine dans le vieillissement de la population : le rapport actifs/retraités est passé de 5,61 en 1995 à 1,95 en 2017. Et on sait déjà qu'il sera de 1,1 en 2025...

Le projet de loi portant réforme du système de retraite entendait mettre un coup de frein dès 2019 à l’hémorragie financière d’un système qui a produit un déficit cumulé de 36,5 milliards Fcfp au cours des neuf dernière années et qui, si rien n’est entrepris pour le réformer d’ici-là, pourrait enregistrer 27,6 milliards Fcfp de déficits supplémentaires d’ici 2023, pour la seule caisse de la tranche A. Mais visiblement, le débat n’est pas clos.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Lundi 12 Mars 2018 à 16:31 | Lu 2102 fois






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