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Le gouvernement réactive les mesures emploi du Covid


Tahiti, le 25 mars 2026 - Après avoir assuré la péréquation des prix des carburants, le fonctionnement de l’hôpital, et la survie d’ATN, le collectif budgétaire a aussi mis à jour la volonté du gouvernement de relancer les dispositifs de soutien à l’emploi Diese et Deseti lancés pendant le Covid. Une mesure pour anticiper une crise à venir si la situation au Moyen-Orient devait déstabiliser l’économie du Fenua.
 

Selon nos informations, depuis près de deux semaines déjà, le ministère de l’Emploi de Vannina Crolas travaille d’arrache-pied à la relance des dispositifs Diese et Deseti lancés par le gouvernement Fritch pendant la crise Covid pour soutenir l’emploi en Polynésie française. La ministre a confirmé elle-même en séance la préparation de ces deux dispositifs.
 
Une attitude très (trop ?) prévoyante en cas d’effondrement de l’économie et ralentissement de l’activité des entreprises alors que le conflit au Moyen-Orient joue avec les nerfs des prévisionnistes et des entreprises cotées en bourse. Afin de relancer ces dispositifs, un milliard de francs a été alloué à la section Emploi du budget du Pays à l’occasion du collectif budgétaire voté mercredi à l’assemblée de la Polynésie française.
 
“Cette relance viendra en complément des mesures d’aides à l’emploi existantes. Ces dispositifs sont prévus lors de circonstances exceptionnelles”, a confirmé en séance la ministre de l’Emploi. “Le Diese viendra en soutien aux salariés qui pourraient être confrontés à des réductions de temps de travail en raison des effets potentiels de la crise, notamment dans le secteur du tourisme.” Le dispositif Deseti viendra pour sa part en aide aux travailleurs indépendants. Ces dispositifs pourraient être appliqués pour une durée de trois mois renouvelables en fonction de l’impact de la guerre débutée par les États-Unis et Israël en Iran.
 
La ministre a aussi fait référence lors de sa prise de parole à la “convention de sauvegarde de l’emploi” pour les entreprises qui seraient en difficultés temporaires.
 
Une mesure exceptionnelle donc, prise par anticipation, pour veiller à la sauvegarde des emplois si la crise financière et pétrolière générée par le conflit au Moyen-Orient devait s’installer dans le temps. Une anticipation qui interroge alors que les prix du baril à l’international sont fluctuants, et que peu de signes tendent à démonter qu’une crise de l’emploi liée à ces fluctuations se prépare. “On ne peut pas d'un côté venir nous asséner régulièrement que gouverner c'est prévoir, et lorsqu'on prévoit, de nous le reprocher”, a commenté Moetai Brotherson sur le sujet. “Je préfère qu'on revienne dans trois mois en disant que finalement ça s'est passé mieux que prévu et que l’on réaffecte les fonds, ce qu'on peut toujours faire, plutôt que de revenir dans trois mois en se disant : ‘Mince, on aurait peut-être dû.’”

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mercredi 25 Mars 2026 à 17:16 | Lu 825 fois