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Le gouvernement dans le flou


Tahiti, le 25 octobre 2026 - Partira, ne partira pas ? Agira, n’agira pas ? Depuis vendredi dernier, la ministre de la Fonction publique, Vannina Crolas, est annoncée démissionnaire de son poste. Si dans les services du Pays, l’information est largement confirmée au point que les pronostics ont déjà été ouverts quant à savoir qui la remplacera, le gouvernement et son cabinet refusent de commenter ce départ. Un communiqué envoyé ce week-end aux rédactions confirme même sa présence dans les discussions lundi matin à la suite de la marche des personnels soignants. Dans le même temps, c’est l’action, ou l’absence d’action de la ministre de la Santé, Raihei Ansquer, qui est pointée du doigt. Effacée il y a dix jours à l’assemblée, elle hésite à prendre position sur des dossiers alors qu’elle est elle-même médecin et ne participe pas aux discussions sociales.
 
L’imbroglio est né d’une double publication de Polynésie La 1ère ce week-end sur le départ annoncé de la ministre de la Fonction publique, Vannina Crolas. Un départ qui n’a pourtant pas été acté en interne par le président du Pays et qui est contredit implicitement par l’annonce de sa présence à la table des négociations ce samedi et demain matin avec le personnel soignant.

On sait Vannina Crolas inconfortablement assise entre les deux chaises du Tavini et de A fano ti’a depuis près d’un an, tout comme Chantal Galenon qui pourrait elle aussi prendre le train de la démission dans les prochains jours. Régulièrement interrogée sur le sujet, l’ancienne secrétaire générale de la mairie de Faa’a a toujours botté en touche.

Récemment, lors du lancement de la pétition d’Oscar Temaru, elle appelait à la réunion des tendances indépendantistes tout en assumant son grand écart. “Je suis entièrement membre du gouvernement et entièrement Tavini. Au gouvernement, on a des personnes qui n'ont aucun parti. Moi, je suis Tavini et je reste au gouvernement”, expliquait-elle alors. Plus loin, elle insistait sur les problèmes que posent cette division. “Je me suis battue pour qu'il n'y ait pas de scission, qu'il n'y ait pas de création du groupe A fano ti’a. On ne peut pas avancer divisés, c'est l'échec assuré.”

De la liberté d’action de Raihei Ansquer

La ministre aurait donc choisi, en pleine grève des praticiens hospitaliers du public, et alors que la ministre de la Santé a été mise sur la touche, incapable de choisir entre ses responsabilités ministérielles et sa fonction de médecin, de quitter le navire gouvernemental.

L’absence de Raihei Ansquer, médecin urgentiste de profession, pose d’ailleurs la question à plus ou moins long terme de sa capacité et sa légitimité d’agir. Sa volonté de ne pas prendre part aux discussions il y a deux semaines à l’assemblée de la Polynésie française lors du débat sur la proposition de loi du Pays portant modification de la prise en charge des accompagnateurs non médicaux dans le cadre des évacuations sanitaires a déjà largement agacé les élus. Et alors que la grève frappe le milieu, la ministre a été exfiltrée aux Philippines pour un comité régional de l’OMS, dont on ne sait quelle y a été son action.

Tout juste apprend-on sur le site de l’OMS qu’il y a été question d’hypertension, d’intelligence artificielle dans la santé, de renforcement de la lutte antitabac et de couverture vaccinale.

Avenir de Vannina Crolas et Chantal Galenon, liberté d’action de Raihei Ansquer, absence de majorité à Tarahoi… Il n’en fallait pas beaucoup plus pour que certains à l’assemblée voient germer l’idée que la prochaine réunion à l’Élysée à l’invitation du président de la République, pour discuter de la venue d’une commission du C24 de l’ONU au Fenua, soit aussi l’occasion de lui glisser une demande de dissolution.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Dimanche 25 Octobre 2026 à 17:20 | Lu 683 fois