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Le festival du ‘uru et de la banane commence jeudi



PAPEETE, le 9 mars 2018 - Dans le cadre du festival 2018 du ‘uru, une exposition vous attend à la Maison de la culture sur ces deux fruits emblématiques polynésiens. Solène Bertrand-Protat, conseillère en maladie non-transmissible au sein de la Communauté du Pacifique, a participé à sa réalisation. Elle a compilé pour ce faire l'ensemble des informations disponibles sur le sujet dans la région pacifique.

Tahiti Infos : Vous êtes conseillère en maladie non-transmissible, pouvez-vous nous rappeler ce que sont les maladies non-transmissibles?
Solène Bertrand-Protat : "On utilise le terme de maladies non transmissibles (MNT) pour désigner des maladies qui ne sont pas transmises par une bactérie, un virus ou un vecteur comme le moustique mais qui sont liées à nos comportements. Ainsi, on classe dans les MNT le diabète, les pathologies cardiovasculaires ou pulmonaires et les cancers. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a identifié des facteurs de risques qui favorisent l’apparition des MNT : une alimentation déséquilibrée, un manque d’activité physique, le tabagisme et l’usage nocif de l’alcool. Ces facteurs de risques sont dits modifiables car ils sont étroitement liés au mode de vie des individus. En agissant sur ces facteurs de risques, c’est-à-dire par exemple en mangeant plus équilibré et en bougeant davantage, on peut réduire son risque de développer une maladie non transmissible."

Tahiti infos : Quelle est la prévalence de ces maladies, dans le Pacifique, en Polynésie si vous avez des chiffres, et l'évolution de ces chiffres ?
Solène Bertrand-Protat : "La région du Pacifique présente certains des taux les plus élevés de maladies non transmissibles au monde. Ainsi, la prévalence du diabète est supérieure à 25% dans plus de 8 pays de la région et atteint 53,4% aux Samoa américaines. Par ailleurs, le cancer et les maladies cardiovasculaires sont les principales causes de décès dans la région. Ce constat concerne l’ensemble des îles du Pacifique et n’épargne pas les territoires français. Ainsi, les maladies cardiovasculaires sont responsables de 28% des décès en Polynésie française où également 10% de la population se déclare diabétique et où on dénombre près de 400 nouveaux cas de cancer chaque année. À Wallis et Futuna, le diabète concerne 18% de la population et la Nouvelle-Calédonie enregistre 29% de décès dû à des tumeurs et 22% dû à des maladies cardiovasculaires."


Tahiti Infos : Les chiffres sont progression, pourquoi ?
Solène Bertrand-Protat : "Le nombre de cas de MNT augmente dans la région car les habitants du Pacifique cumulent plusieurs facteurs de risque. Ainsi, moins de 50% des habitants des territoires français ne consomment pas suffisamment de fruits et légumes et plus de 20% consomment des boissons sucrées quotidiennement. De plus, la plupart des adultes, en particulier les femmes, ne sont pas suffisamment actifs. Ce qui explique en partie que 87% de la population wallisienne, 70% de la population polynésienne et 67% de la population calédonienne est en excès de poids (IMC>25) et donc à risque de développer des problèmes cardiovasculaires ou un diabète."


Tahiti infos : Quels conseils de base donneriez-vous dans ce contexte?
Solène Bertrand-Protat : "La situation n’est certes pas idéale aux vues des chiffres annoncés, mais elle est réversible. En améliorant son alimentation et en bougeant au moins 30 minutes chaque jour, on peut vraiment améliorer sa santé. Cela passe par un changement dans ses habitudes qui peut paraître difficile au départ, mais il faut y aller par étape, à son rythme, pour être sûr que ces changements s’inscrivent dans la durée. Prenons l’exemple de l’alimentation et de la consommation de fruits et légumes. Au départ ça peut être « douloureux » de remplacer une partie du riz qui se trouve dans son assiette par des légumes. Cela nécessite aussi de changer ses habitudes au magasin (faire un stop par le rayon frais ou aller au marché !) et sa façon de cuisiner (qu’est-ce que je fais avec ce légume ? comment le cuisiner à mon goût ?). C’est un long processus et cela demande de la motivation. Mais ça n’a rien d’impossible. C’est pour cela qu’il faut demander du soutien auprès de son entourage (c’est toute la famille qui se met aux légumes !) et ne pas hésiter à faire appel à un professionnel de santé qui saura vous orienter."


Deux posters au festival

L’exposition proposée au festival du ‘uru et de la banane ce sont 2 posters : un sur le thème du ‘uru et un autre sur le thème de la banane. "L’idée étant bien sûr d’informer les visiteurs sur l’intérêt pour la santé de consommer ces produits locaux mais également de leur faire découvrir des aspects qu’ils ignorent, des anecdotes, en s’intéressant à la façon dont nos voisins du Pacifique consomment ou cultivent ces denrées", indique Solène Bertrand-Protat, conseillère en maladie non-transmissible au sein de la Communauté du Pacifique. "L’avantage du ‘uru et de l’ensemble des tubercules locaux par rapport à d’autres féculents tels que le riz, pain, pâte c’est qu’il est plus riche en vitamines, fibres et minéraux et que son index glycémique est plus faible. Cela en fait donc un aliment à privilégier au quotidien."

Pratique

Festival du ‘uru et de la banane à la Maison de la culture du 15 à 17 mars, de 9 heures à 17 heure. Au programme : démonstrations culinaires et dégustations, expositions de livres, artisanat, produits transformés, exposition variétale, marcottage, bouturage, médecine traditionnelle, contes et légendes…

Rédigé par Delphine Barrais le Vendredi 9 Mars 2018 à 16:39 | Lu 2211 fois





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