Tahiti Infos

​Le déplacement du cyclotron inquiète les médecins


Tahiti le 2 juillet 2026. Après la révélation par Tahiti Infos de la proposition de la commission de la santé à l’assemblée de la Polynésie française de déplacer le lieu d’installation du cyclotron vers l’Institut du cancer de Polynésie française, les médecins du CHPF ont pris la plume dans une lettre ouverte pour s’opposer à ce projet.
 
"Nous, acteurs au quotidien de la prise en charge des patients atteints de cancer en Polynésie, avons pris connaissance avec une vive préoccupation d’une proposition votée en commission de la santé à l’Assemblée", explique le courrier signé par dix professionnels de santé à destination du président du Pays, de la ministre de la Santé, au président de l’assemblée de la Polynésie française et les représentants ainsi qu’au président de la CPS.

Cette nouvelle proposition d’implantation nécessiterait de nouvelles études, ce que les médecins ne veulent pas voir, considérant que "le déploiement du PET-scanner a déjà pris un retard considérable". "Il est urgent de résorber les deux décennies de retard que la Polynésie accuse dans ce domaine. Nous craignons que la prolongation des discussions, les études de faisabilité, les nouveaux appels d’offres ne fassent qu’aggraver ce retard", expliquent-ils.

Pour convaincre leur auditoire, les professionnels de santé rappellent l’importance d’avoir toutes les structures et tous les médecins au même endroit pour maximiser les chances des patients. "La prise en charge des patients atteints de cancers exige une approche pluridisciplinaire indissociable d’une structure offrant un accès à des soins polyvalents. En effet, offrir la meilleure qualité des soins nécessite non seulement des oncologues et des infirmiers, mais aussi un environnement médical complet : chirurgiens, équipe d’hygiène, infectiologues, spécialistes des soins palliatifs, onco-cardiologues, spécialistes d’organes, radiologues, y compris radiologues interventionnels, psychologues, gériatres, assistantes sociales et réanimateurs pouvant intervenir dans les délais les plus brefs", détaillent-ils. "Dans ce contexte, la dispersion des ressources humaines et matérielles apparait comme une mesure déraisonnable."

Les médecins demandent désormais "une rencontre immédiate avec les responsables de ce projet pour leur exposer plus précisément nos préoccupations profondes".
 

Rédigé par Bertrand PREVOST le Jeudi 2 Juillet 2026 à 17:21 | Lu 593 fois