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Le budget 2018 de la Polynésie française est adopté par 36 voix



PAPEETE, 7 décembre 2017 - L’opposition a reproché la nature électoraliste et polarisée du projet de budget général de la Polynésie française 2018, jeudi à l’assemblée. La délibération a été adoptée en fin de journée par 35 voix.

Le projet de budget 2018 de la Polynésie française a été au cœur des débats de la séance plénière de jeudi, à l’assemblée, sans qu’aucun doute ne plane, cette année encore, sur son adoption. La délibération approuvant le budget général de la Polynésie française pour l’exercice 2018 a été adoptée jeudi par 36 voix pour et 21 abstentions, vers 19 h 45 après 9 heures d'examen.

Dans les grandes lignes, le Pays prévoit de gérer 161,52 milliards Fcfp en 2018, avec 124,29 milliards Fcfp de recettes de fonctionnement et 37,23 milliards de recettes d'investissement.

Lire aussi : Le budget de la Polynésie française sera de 161,5 milliards en 2018

Edouard Fritch a insisté, lors de son allocution, sur le "chemin parcouru" depuis 2014, avec une reconstitution des ressources financières du Pays mise au profit des "programmes de relance économique" : diminution de la dette du Pays de plus de 8,5 milliards de francs, comparativement à 2014 ; progression des dépenses d’investissements de près de 10 milliards de francs par rapport à 2013, dans un contexte où les dépenses publiques courantes sont demeurées stables sur la période. "Sur le plan économique, tous les observateurs locaux confirment la reprise globale de l’économie polynésienne. Cependant, certains continuent à la nier", a-t-il lancé. "Soit, ils ne savent pas lire les notes de conjoncture, soit ils sont primairement jaloux de nos bons résultats".

La politique économique du gouvernement est fondé sur une doctrine, comme l'a rappelé la représentante RMA Dylma Aro : "ce sont les entreprises qui vont créer les milliers d'emplois perdus : l'unique source de richesse est l'initiative privée", d'où la reconduction en 2018 de plusieurs dispositifs d'incitation fiscale créés pour doper l'activité économique et soutenir la création d'emplois.

Mais, pour la présidente du groupe Tahoera’a, malgré une politique volontaire en faveur du logement social, malgré les 4 milliards de dotations en faveur des Contrats d'accès à l'emploi (CAE) et divers dispositifs visant à favoriser l'emploi durable et la formation, le projet de budget 2018 n’est pas assez orienté en faveur des plus démunis : "Vous partez en effet du principe qu'en arrosant abondamment ceux d'en haut, il en restera bien quelques gouttes pour ceux d'en bas", a critiqué Teura Iriti. "Force est de constater, à la lecture quotidienne des indicateurs sociétaux relayés par les médias, le monde associatif et les autorités religieuses de notre Pays, que cela ne fonctionne pas et que les conditions de vie de la majorité des Polynésiens ne cessent de se détériorer". Et de marteler : "vous vous égosillez à clamer haut et fort le redressement des comptes publics. Mais en toute honnêteté, cette opération a été enclenchée par votre prédécesseur. Vous ne faîtes que récolter les fruits de cette forte et courageuse prise de décision. Mais malheureusement, sa redistribution a changé de trajectoire. En résumé, votre politique économique est un échec social puisqu'elle ne se traduit pas concrètement en améliorations durables au bénéfice de tous les Polynésiens !"

"En observant Mme Teura Iriti parler, je me suis vu il y a quelques années", a ironisé Edouard Fritch. "Nos interventions étaient axées, non pas sur nos dossiers, mais vers un homme, celui qui était à notre tête : on était là pour l’encenser ; dire que c’était le meilleur ; que si le pays allait bien c’était encore grâce à lui… Enfin partout, c’était lui ! (…) Alors merci pour vos critiques. Cela nous confirme que Tahoera’a Huiraatira n’évolue pas. Je ne suis pas étonné qu’il se délite aujourd’hui. Si vous continuez comme vous faites, vous risquez d’avoir de grosses surprises".

Pour Antony Geros, les moyens budgétaires dont prévoit de bénéficier la collectivité pour 2018 sont le fruit d’une "amélioration de la conjoncture régionale et internationale". Pour le président du groupe souverainiste de l’assemblée, "le budget de combat de l’année dernière s’est métamorphosé, comme la chenille en papillon, pour devenir un budget d’affichage, des plus anodins et classiques, qui a la particularité de répondre à un double objectif : plaire à la puissance administrante et, d’autre part, celui de saupoudrer les électeurs en aides fiscales et financières de toutes sortes, pour obtenir en retour, bien entendu, la faveur de sa contribution bienveillante aux prochaines élections territoriales de 2018", a-t-il conclu sous les applaudissements soutenus de l’opposition.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Jeudi 7 Décembre 2017 à 19:46 | Lu 1653 fois




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