Tahiti, le 27 août 2026 - Dans un document que s’est procuré Tahiti Infos, Oscar Temaru, président du Tavini huiraatira, déclare “la pleine souveraineté des États fédérés de Mā’ohi Nui”, “ancienne Polynésie française”. Une déclaration signée le 24 août dernier, “à l’attention du peuple et de la quatrième commission des Nations Unies en charge de la décolonisation”, qui sera présentée lors de la prochaine session de la 4e commission en charge des politiques spéciales et de la décolonisation l’ONU qui se tient du 5 au 9 octobre.
Toute sa vie, Oscar Temaru se sera battu pour promouvoir l’indépendance de la Polynésie française. Alors que son état de santé est fortement déclinant, le leader du Tavini huiraatira accélère les choses et déborde désormais de déclarations fracassantes pour l’accession du Pays à sa pleine souveraineté, bien épaulé par sa garde rapproché, Tony Géros, Vito Maamaatuaiahutapu ou Richard Tuheiava.
Cette semaine, le Tavini, sous la plume d’Oscar Temaru, a franchi un nouveau cap. Dans un long document de 16 pages que Tahiti Infos a pu consulter, le parti du maire de Faa’a rompt le dialogue avec les institutions, et avec la population, pour déclarer unilatéralement l’indépendance de “Mā’ohi Nui”.
Cette déclaration, “au nom du peuple des États fédérés de Mā’ohi Nui”, se veut rédigée afin “d’assurer à notre descendance un cadre de vie lui permettant d’évoluer dans un monde où l’égalité de traitement serait supérieure aux conséquences du fait colonial”.
Rappelant la charte des Nations Unies, Oscar Temaru demande à la 4e commission de “poursuivre et achever l’évaluation politique de Mā’ohi Nui”, de “mettre en place un dialogue post-colonial” avec l’État français, et de “favoriser les conditions d’exercice par Mā’ohi Nui de sa pleine souveraineté”.
L’argumentaire du leader indépendantiste est connu. Le déni de justice et de démocratie, la “prédation de nos ressources minérales, marines et sous-marines” et le “carcan néocolonial” encore imposé par Paris en 2026.
Oscar Temaru attaque aussi les statuts qui sont “autant de strates administratives et de stratagèmes destinés à nous maintenir dans la dépendance économique de la puissance administrante qui monopolise la prise de toutes les décisions stratégiques à l’avenir de ce pays”.
Évidemment, le fait nucléaire est évoqué avec “les manipulations et les pressions” sur les élus de l’assemblée territoriales en 1964 ou encore l’acharnement de l’administration contre Pouvana’a a Oopa et Oscar Temaru lui-même. Emeutes de 1987, émeutes de 1995, affaire du Rainbow Warrior et même l’affaire Radio Te Reo o Tefana, tout est prétexte à victimisation.
Toute sa vie, Oscar Temaru se sera battu pour promouvoir l’indépendance de la Polynésie française. Alors que son état de santé est fortement déclinant, le leader du Tavini huiraatira accélère les choses et déborde désormais de déclarations fracassantes pour l’accession du Pays à sa pleine souveraineté, bien épaulé par sa garde rapproché, Tony Géros, Vito Maamaatuaiahutapu ou Richard Tuheiava.
Cette semaine, le Tavini, sous la plume d’Oscar Temaru, a franchi un nouveau cap. Dans un long document de 16 pages que Tahiti Infos a pu consulter, le parti du maire de Faa’a rompt le dialogue avec les institutions, et avec la population, pour déclarer unilatéralement l’indépendance de “Mā’ohi Nui”.
Cette déclaration, “au nom du peuple des États fédérés de Mā’ohi Nui”, se veut rédigée afin “d’assurer à notre descendance un cadre de vie lui permettant d’évoluer dans un monde où l’égalité de traitement serait supérieure aux conséquences du fait colonial”.
Rappelant la charte des Nations Unies, Oscar Temaru demande à la 4e commission de “poursuivre et achever l’évaluation politique de Mā’ohi Nui”, de “mettre en place un dialogue post-colonial” avec l’État français, et de “favoriser les conditions d’exercice par Mā’ohi Nui de sa pleine souveraineté”.
L’argumentaire du leader indépendantiste est connu. Le déni de justice et de démocratie, la “prédation de nos ressources minérales, marines et sous-marines” et le “carcan néocolonial” encore imposé par Paris en 2026.
Oscar Temaru attaque aussi les statuts qui sont “autant de strates administratives et de stratagèmes destinés à nous maintenir dans la dépendance économique de la puissance administrante qui monopolise la prise de toutes les décisions stratégiques à l’avenir de ce pays”.
Évidemment, le fait nucléaire est évoqué avec “les manipulations et les pressions” sur les élus de l’assemblée territoriales en 1964 ou encore l’acharnement de l’administration contre Pouvana’a a Oopa et Oscar Temaru lui-même. Emeutes de 1987, émeutes de 1995, affaire du Rainbow Warrior et même l’affaire Radio Te Reo o Tefana, tout est prétexte à victimisation.
Le nucléaire, mais aussi le Covid
Les conséquences sanitaires sont aussi détaillées avec les maladies radio-induites et le dérèglement des habitudes alimentaires. “Aujourd’hui, une hygiène de vie et des habitudes alimentaires déséquilibrées, non corrigées par les Autorités, viennent grever les comptes sociaux”, écrit Oscar Temaru. “La politique s’attaque aux maladies récurrentes mais ne s’attaque pas aux maux qui provoquent ces maladies”, ponctue-t-il. “En 2026, les Polynésiens évoluent dans un périmètre où la politique d’assistanat mise en œuvre par la puissance administrante, par facilité, avec cynisme et faute de moyens financiers, accroit derechef cette dépendance qui transcende maintenant la psyché polynésienne.”
Les cancers, le tabagisme, la consommation d’alcool et de drogues, l’excès de mayonnaise dans le casse-croûte complet de la roulotte forment un tout pour Oscar Temaru. “Nous sommes réduits à évoluer dans un circuit économique dominé par des monopoles ou des entreprises hexagonales, dont le modèle et le mode de fonctionnement restent trop éloignés de la structure culturelle polynésienne”, déplore-t-il. Il le clame haut et fort dans son courrier à l’attention de la 4e commission de l’ONU : “Il n’y a pas de liberté dans un pays sous tutelle. Il n’y a pas de bonheur non plus.”
Pour appuyer encore un peu plus son argumentaire, le président du Tavini renvoie aussi la faute de l’épisode Covid en Polynésie sur l’État. “Bien que la santé soit une compétence du gouvernement de Polynésie, c’est l’État qui prend la main dès l’émergence de la pandémie et les confinements obligatoires. Contre l’avis du Pays, ou sans en référer explicitement à ce dernier, l’État brise ces règles de confinement permettant à de nombreux hexagonaux de rejoindre leurs postes en affectation à Papeete. D’où l’apparition de clusters en août 2020, dont l’un réunissant 150 à 200 convives dans un établissement de la ville, ce qui démultiplia la propagation du virus.”
Les cancers, le tabagisme, la consommation d’alcool et de drogues, l’excès de mayonnaise dans le casse-croûte complet de la roulotte forment un tout pour Oscar Temaru. “Nous sommes réduits à évoluer dans un circuit économique dominé par des monopoles ou des entreprises hexagonales, dont le modèle et le mode de fonctionnement restent trop éloignés de la structure culturelle polynésienne”, déplore-t-il. Il le clame haut et fort dans son courrier à l’attention de la 4e commission de l’ONU : “Il n’y a pas de liberté dans un pays sous tutelle. Il n’y a pas de bonheur non plus.”
Pour appuyer encore un peu plus son argumentaire, le président du Tavini renvoie aussi la faute de l’épisode Covid en Polynésie sur l’État. “Bien que la santé soit une compétence du gouvernement de Polynésie, c’est l’État qui prend la main dès l’émergence de la pandémie et les confinements obligatoires. Contre l’avis du Pays, ou sans en référer explicitement à ce dernier, l’État brise ces règles de confinement permettant à de nombreux hexagonaux de rejoindre leurs postes en affectation à Papeete. D’où l’apparition de clusters en août 2020, dont l’un réunissant 150 à 200 convives dans un établissement de la ville, ce qui démultiplia la propagation du virus.”
Néocolonialisme démographique
Pour en revenir à la décolonisation elle-même, Oscar Temaru poursuit dans son courrier une large énumération des étapes franchies depuis 2013 et la réinscription de la Polynésie française sur la liste onusienne des territoires non-autonomes à décoloniser. Une réinscription obtenue sans aucun mandat populaire ni majoritaire. “Depuis cette date, la puissance administrante pratique la politique de la chaise vide”, déplore Oscar Temaru.
Convaincu que l’État œuvre contre lui depuis sa décision de déposer une plainte devant la Cour pénale internationale, Oscar Temaru vise aussi son inéligibilité “pour un motif futile et trivial” en 2018 et revient sur ses déclarations de 2024 lorsqu’il exposait ses craintes non d’un changement climatique, mais d’un changement démographique. “Nombreux sont les Européens, les hexagonaux ou les résidents de Nouvelle-Calédonie qui s’implantent en Polynésie française pour y mener leurs projets individuels. (…) Ce néocolonialisme démographique est insidieux, comme l’est l’argument avancé selon lequel l’armée n’apporterait que des bienfaits aux populations locales.”
Oscar Temaru va même plus loin dans l’argumentaire qui, jadis, faisait condamner Ruben Teremate, toujours élu à l’assemblée aujourd’hui, pour avoir comparé les habitants des hauteurs de Punaauia à des “’ofe popa’a”. “Nombreux sont les Polynésiens qui y décèlent le spectre d’une politique de peuplement inavouée par la puissance administrante. Pour M. Temaru, la présence militaire française équivaut à une occupation du Pays par les forces armées”, écrit l’ancien douanier.
En guise de conclusion à cette longue missive, Oscar Temaru rappelle à la 4e commission que cette “déclaration unilatérale” vaut “accession immédiate à la pleine souveraineté des États fédérés de Mā’ohi Nui”.
Cette déclaration sera envoyée en préambule à toutes les discussions prochaines à New York et sera la base des différents discours des membres du Tavini qui y seront pétitionnaires pour sa prochaine session, du 5 au 9 octobre.
Convaincu que l’État œuvre contre lui depuis sa décision de déposer une plainte devant la Cour pénale internationale, Oscar Temaru vise aussi son inéligibilité “pour un motif futile et trivial” en 2018 et revient sur ses déclarations de 2024 lorsqu’il exposait ses craintes non d’un changement climatique, mais d’un changement démographique. “Nombreux sont les Européens, les hexagonaux ou les résidents de Nouvelle-Calédonie qui s’implantent en Polynésie française pour y mener leurs projets individuels. (…) Ce néocolonialisme démographique est insidieux, comme l’est l’argument avancé selon lequel l’armée n’apporterait que des bienfaits aux populations locales.”
Oscar Temaru va même plus loin dans l’argumentaire qui, jadis, faisait condamner Ruben Teremate, toujours élu à l’assemblée aujourd’hui, pour avoir comparé les habitants des hauteurs de Punaauia à des “’ofe popa’a”. “Nombreux sont les Polynésiens qui y décèlent le spectre d’une politique de peuplement inavouée par la puissance administrante. Pour M. Temaru, la présence militaire française équivaut à une occupation du Pays par les forces armées”, écrit l’ancien douanier.
En guise de conclusion à cette longue missive, Oscar Temaru rappelle à la 4e commission que cette “déclaration unilatérale” vaut “accession immédiate à la pleine souveraineté des États fédérés de Mā’ohi Nui”.
Cette déclaration sera envoyée en préambule à toutes les discussions prochaines à New York et sera la base des différents discours des membres du Tavini qui y seront pétitionnaires pour sa prochaine session, du 5 au 9 octobre.
Le texte de la déclaration d’indépendance
- Nous déclarons unilatéralement l’accession de la Polynésie française à sa pleine souveraineté ;
- Cette accession à la pleine souveraineté prend effet le : [plusieurs dates sont évoquées, le 11 octobre, date de l’arrestation de Pouvana’a a Oopa, le 21 octobre, date de sa condamnation et le 25 octobre, date de l’annulation de sa condamnation par la Cour de révision en 2018.]
- La République des États fédérés de Mā’ohi Nui demande son adhésion à l’Organisation des Nations Unies (ONU) ;
- Les mesures transitoires inhérentes à cette proclamation unilatérale d’accession à la pleine souveraineté seront discutées, à Papeete, entre Mā’ohi Nui et l’ancienne puissance administrante, sous l’égide de l’ONU.
J’aime mon peuple, sa terre et ses richesses.
Les États fédérés de Mā’ohi Nui ne sont pas à vendre.
Ce pays ne nous appartient pas, il appartient à nos enfants et aux générations futures.
Oscar Manutahi Temaru
La Polynésie française, le Qatar du Pacifique
Dans son courrier, Oscar Temaru reprend, avec force de détail, ce que pourrait être la Polynésie française si on la laissait exploiter ses fonds marins. Avec un “système économique dédié” et un “mode de gouvernance spécifique”, il estime l’exploitation de 1000 km2 qui rapporteraient 1,5 milliard de dollars. “Chaque famille polynésienne sera actionnaire de portions de ces périmètres qui lui seront attribués et recevra directement le profit et dividendes de cette exploitation, sous forme de rente souveraine”, explique-t-il. “Ces richesses doivent être utilisées pour sortir de l’économie de comptoir dans laquelle nous évoluons depuis plus de 150 ans et pour bâtir une économie de marché à l’image du pays comme Brunei ou le Qatar”, s’enthousiasme Oscar Temaru qui voit peut-être déjà évoluer Mbappé, Haaland ou Virgil van Dijk à l’AS Tefana.
États fédérés de Mā’ohi Nui, la constitution existe
Tout au long des 16 pages, Oscar Temaru se veut rassurant envers l’ONU concernant la constitution qui s’imposera à Mā’ohi Nui en cas d’accession à l’indépendance. “La rédaction du projet de constitution des États Fédérés de Mā’ohi Nui est achevée”, explique-t-il. Une rédaction selon lui qui “a donné lieu, ces dix dernières années, à un travail collectif d’analyses en droit comparé, de rédaction et de recueil d’avis de juristes en droit constitutionnel, de présentations, de discussions et d’échanges avec les populations de tous les archipels et d’arbitrages au sein des différents organes du parti”.
“Ce projet prévoit l’élection du président de la République des États fédérés de Mā’ohi Nui au suffrage universel direct et instaure un mandat impératif pour tous les élus siégeant dans les assemblées, tant fédérés que fédérales. Les communes, ou leurs équivalents selon la nouvelle constitution, seront dotées de pouvoir élargis. L’échelon fédéral déléguant un maximum de compétences aux échelons fédérés, les gouverneurs provinciaux relayés par les maires et conseillers municipaux, tous rémunérés pour ces fonctions électives, seront substantiellement dotés pour la mise en œuvre des projets locaux.”

































