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Le Santal, arbre endémique de Polynésie Française



La fleur de Santal
La fleur de Santal
Iles Marquises - 11 janvier 2015 - Sa senteur est incomparable, le bois de Santal d'Océanie est exploité depuis le XIXème siècle. Mais l'exploitation du bois et les prédateurs ont amenuisé la ressource. Après un reboisement, seulement quelques hectares perdurent sur les îles Marquises.

Espèce de Santal

Le santal polynésien ou santal rouge (Santalum insulare) est endémique de Polynésie française, des Iles Cook et des Iles Pitcairn. Dans le monde, 16 espèces de Santal ont été répertoriées, pour la plupart dans la région Indo-Pacifique. La plus connue est l'espèce indienne ou Santal blanc.

En Polynésie française, le santal local est présent dans les archipels des Marquises (Nuku Hiva, Ua Pou, Hiva Oa, Tahuata et Fatu Hiva), de la Société (Tahiti, Moorea et Raiatea) et des Australes (Raivavae et Rapa).

Surexploitation du bois de Santal

Lors de la redécouverte européenne des archipels du Pacifique aux 18ème et 19ème siècles, un commerce éphémère du bois de santal s'est rapidement mis en place, les futurs australiens l'utilisaient comme monnaie d'échange contre le thé de Chine et les Chinois employaient ce bois comme de l'encens dans les cérémonies religieuses. Le Santal devint alors une monnaie d'échange.

Selon le spécialiste en agroforesterie, Jean-François Butaud, le santal était "généralement exploité avec l'aide des habitants en échange de pacotilles, métal, tissu, baleinières, alcool et armes. Ces échanges avec les santaliers furent ainsi synonymes du début de l'effondrement des valeurs traditionnelles dans de nombreuses îles du Pacifique."

La surexploitation du bois de Santal au XIX siècle a contribué à la rareté des arbres mais surtout, le bois est victime d'invasions biologiques qui limite ou bloque la régénération. Le rat noir, les herbivores, le chat, les plantes envahissantes et de nombreux pathogènes et parasites sont des menaces importantes pour la survie de l'arbre.

Un projet de sauvegarde de l'espèce a été lancé vers la fin des années 90 par l'intermédiaire du service du développement rural (SDR), du centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et de l'Université de Polynésie française. Jean-François Butaud a travaillé sur le programme de reboisement.

"Ainsi, un peu plus de 4000 santals polynésiens ont été recensés en Polynésie française avec comme principale cause de leur raréfaction, la prédation des graines par les rats. Le contrôle localisé des rats par poses de raticides régulières a donc été développé afin de récolter des fruits. Jusqu'à aujourd'hui, près de 10 000 graines ont ainsi pu être récoltées dans les différentes îles", explique Jean-François Butaud.

Des techniques de pépinière ont été mises au point afin de réaliser des plantations conservatoires, des vergers à graines et d'approvisionner les populations locales très attachées au santal.

Au final, près de trois hectares de santal ont été reboisés par le SDR à Nuku Hiva et Moorea. L'objectif est d'accroître pour la première fois depuis 200 ans le Santal sur les îles des Marquises.

Usage du Santal

Le Santal est souvent utilisé pour ses propriétés médicinales. Ces recettes permettent de traiter les métrorragies, les conjonctivites, les angines, les plaies, les otites, les sinusites, les rhumatismes … Les nouveau-nés sont également massés avec ce monoï, afin de permettre une bonne cicatrisation du nombril (pito). Il permet de parfumer les tapa ainsi que les colliers faits d'yeux d'ananas et de diverses plantes odorantes des îles Marquises (hei kekaa et kumu ou ‘umu hei).
Les utilisations artisanales du bois de santal sont employées pour la confection de tiki, de pique-cheveux, de colliers de copeaux, de bracelets…

"Les usages principaux du santal en Océanie apparaissent donc intrinsèquement liés à son odeur mais également à ses propriétés antiseptiques, aujourd'hui en parties reconnues scientifiquement. Il va sans dire que tous ces usages océaniens sont aujourd'hui en voie d'extinction du fait de la rareté de la ressource en bois de santal, rareté héritée de la surexploitation passée mais également du phénomène, bien connu en milieu insulaire, des invasions biologiques qui limite ou bloque la régénération des dernières populations naturelles de santal", explique Jean-François Butaud dans un document sur l'usage du Santal en Océanie.

Avenir du Santal

Le Santal demande beaucoup d'entretien mais les efforts peuvent être payants car c'est un bois cher qui peut être exporté autour de 5 000 à 10 000 francs le kilo. Aujourd'hui, les 5 hectares plantés aux Marquises ne suffisent pas à exporter, le Santal est vendu aux artisans de l'archipel qui s'en serve pour le monoï ou les sculptures.

Noémie Debot-Ducloyer avec Jean-François Butaud

Jean-François Butaud

Ingénieur forestier de formation, Jean-François Butaud a occupé pendant quatre ans le poste de forestier au sein du département forestier du Service du Développement Rural (SDR) de Polynésie française. Inscrit en parallèle au Laboratoire de Chimie des Substances Naturelles de l'Université de Polynésie française, il a obtenu son doctorat en 2006 en caractérisant les variabilités écologique, morphologique, génétique et chimique du santal polynésien (Santalum insulare). Il est aujourd'hui consultant en botanique et foresterie polynésienne.

En Nouvelle-Calédonie aussi, le Santal se fait rare

La Nouvelle-Calédonie a décidé d'interdire le 8 décembre toute exportation de bois de santal brut sous quelle que forme que ce soit, pour préserver cette richesse végétale unique au monde et très convoitée.

Le gouvernement calédonien entend "soutenir l'activité économique de la filière santal", en interdisant son exportation. Entre 2010 et 2014, la filière représente 40 emplois, a exporté 5 tonnes de production pour un chiffre d'affaires de 1,4 milliard de francs CFP (11,6 millions euros).

En raison de la disparition "dramatique" de la ressource, de la nécessité d'augmenter la transformation locale pour plus de valeur ajoutée et du risque de perdre des clients traditionnels tels que la parfumerie de luxe, le gouvernement calédonien a souhaité "prendre des mesures fermes".

Il a décidé "la prohibition absolue des exportations de bois de santal brut, mort ou vert" et a fixé "une teneur résiduelle maximum autorisée en extrait résinoïde pour les exportations de drêches de santal (résidus de bois après extraction des essences)".

Très convoité, le santal de Nouvelle-Calédonie ferait l'objet depuis environ deux ans d'exportations illégales.

Selon des sources proches du dossier, plusieurs dizaines de tonnes de ce bois précieux ont été exportées par l'entremise d'hommes d'affaires venus du Vanuatu, vers la Chine, Dubaï et l'Afrique, en dehors des quotas et des règles de reboisement.

D'après AFP

Rédigé par Noémie Debot-Ducloyer le Lundi 11 Janvier 2016 à 11:02 | Lu 2960 fois







1.Posté par LEPETANT le 12/01/2016 07:36 | Alerter
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Ce qu'on appelait le commerce triangulaire. Les navires partaient de San Francisco chargés d'alcool bon marché, qu'ils échangeaient en Polynésie (y compris Hawaii) contre du santal. De là, ils allaient en Chine échanger le santal contre de la soir, et ensuite, retour à San Francisco pour vendre la soie et toucher le jackpot. C'est ainsi qu'est né le mot "jackpot". À l'époque, beaucoup de marins étaient appelés "Jack". Leur salaire final était versé dans un petit pot de terre (ils n'avaient pas de portefeuille.

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