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Le Fare Vāna'a à l'ère 2.0


Emmanuel Nauta, directeur du Fare Vāna'a, espère toucher un public plus large et, pourquoi pas, porter la voix de l'académie à l'international.
Emmanuel Nauta, directeur du Fare Vāna'a, espère toucher un public plus large et, pourquoi pas, porter la voix de l'académie à l'international.
Tahiti, le 16 juin 2025 - Ce lundi, le Fare Vāna'a présentait son tout nouveau site internet. Repensé, celui-ci se veut plus moderne, plus accessible et éminemment plus exhaustif afin de répondre davantage aux missions dévolues à l'Académie tahitienne. Un nouvel outil qui devrait notamment permettre de porter la voix de l'institution au-delà des simples frontières polynésiennes.  
 
L'Académie tahitienne, ou Fare Vāna'a, fait peau neuve sur le web. Après un premier site internet conçu et mis en ligne en 2013, des avancées dans les traductions disponibles depuis 2017 et une brève interruption au 1er décembre 2023, l'institution s'est mobilisée afin de proposer une plateforme plus durable, mieux sécurisée et “à la hauteur de la mission de service public du Fare Vāna'a”.  Repensé, relancé et enrichi, le site propose désormais une nouvelle page d'accueil, plus claire et attractive, une version bilingue reo tahiti/français et une newsletter qui enthousiasme particulièrement l'Académie : “Cette fonctionnalité va désormais permettre aux gens, d'où qu'ils soient, de s'abonner et d'être informés quant aux activités de l'Académie”, explique Emmanuel Nauta, directeur du Fare Vāna'a. “Nous pensons que cela aura un impact mondial car notre site internet est consulté par de nombreux pays. Nous avons des Belges, des Américains, des Australiens, des Japonais, des Français qui consultent notre site. Beaucoup de gens utilisent cet outil.”  Et les chiffres l'attestent : en 2024, le nombre de recherches sur le site de l'Académie tahitienne s'élevait à 1,6 million, contre 1 million en 2020. 
 
Une hausse accrue de la fréquentation due notamment à un contenu de plus en plus exhaustif : “Le site présente un certain nombre de fonctionnalités, mais outre le fait de pouvoir faire des recherches en partant de mots en français ou en tahitien, vous obtenez aussi des liens vers l'étymologie du mot – lorsqu'elle existe – ou bien vers des occurrences du mot dans des textes”, soutient Jacques Vernaudon, professeur à l'Université de la Polynésie française et collaborateur. “L'outil tend vers une forme encyclopédique d'un dictionnaire avec ses sons, son iconographie, ce n'est plus simplement la correspondance d'un mot pour un mot. Il y a davantage d'exemples avec notamment d'autres prolongements possibles.  Et tout ça est possible car il y a un partenariat étroit entre l'Académie, l'Université de la Polynésie française et puis Tahiti Ingénierie. On peut donc associer à la fois les hautes compétences linguistiques des académiciens, qui sont les détenteurs de la connaissance de la langue tahitienne, et puis des outils informatiques très modernes qui permettent de valoriser cette connaissance.”
 
Pour autant, si l'Académie tahitienne se réjouit de son nouvel outil, repensé et retravaillé, de nouveaux défis se dressent déjà : “Notre intérêt, c'est d'avoir un outil qui reste connecté, de telle sorte à ce que l'information soit mise à jour en permanence. Cela peut passer par une application, évidemment, c'est une possibilité. Mais l'autre enjeu, dans un avenir assez immédiat, c'est la question de l'intelligence artificielle. Comment intègre-t-on une intelligence artificielle pour moissonner encore plus d'informations et la mettre en valeur ? Il faut y penser parce que, concernant cet outil, on voit qu'il y a des progrès qui sont assez remarquables.” D'autant que du côté des académiciens, le travail à abattre est colossal : “Je ne saurais dire combien de mots et de traductions sont disponibles, mais il y en a énormément. Il faut savoir que tous les jours, nous apportons un correctif, nous rajoutons des informations et cela représente beaucoup de mots”, rappelle Emmanuel Nauta.       

Rédigé par Wendy Cowan le Lundi 16 Juin 2025 à 16:18 | Lu 1789 fois