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Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie poursuit sa logique d’intégration régionale à Port-Vila



Roch Wamytan et Philip Boedoro, Président du Parlement de Vanuatu à Port-Vila
Roch Wamytan et Philip Boedoro, Président du Parlement de Vanuatu à Port-Vila
PORT-VILA, vendredi 27 septembre 2013 (Flash d’Océanie) – Roch Wamytan, Président du Congrès (Parlement) de la collectivité française de Nouvelle-Calédonie, a poursuivi du 22 au 25 septembre une série de visites mélanésiennes avec un séjour à Port-Vila (Vanuatu), où, à la tête d’une délégation de cette institution, il a effectué une mission de suivi de conventions signées il y a quelques mois, lors d’un premier passage au perchoir.
Dans cette optique, M. Wamytan a rencontré son homologue, le Président du Parlement de Vanuatu, Philip Boedoro.
Il a aussi tenu plusieurs réunions de travail avec les responsables du Groupe Mélanésien Fer de Lance (GMFL), dont le siège se trouve dans la capitale vanuatuane et avec lequel le Congrès de la Nouvelle-Calédonie a aussi signé un accord il y a quelques mois
« Par ailleurs, une visite de courtoisie a été réalisée au Ministère des Affaires Étrangères (de Vanuatu) ainsi qu'à l'Ambassade de France », précise M. Wamytan.
Ce dernier annonce aussi un séjour d’une semaine en Nouvelle-Calédonie, à partir du 30 septembre 2013, d’une délégation du Parlement de Vanuatu.
Cette visite se situe dans le cadre de la coopération interparlementaire établie entre ces deux institutions.

Fin février 2012, M. Wamytan se trouvait en visite à Port-Vila, où se trouve le siège du Groupe Mélanésien Fer de Lance (GMFL), groupement subrégional.
En tant que Président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, il avait alors signé une convention de financement avec ce groupement subrégional, avec comme lignes fortes la promotion du Français comme langue de travail au sein de cette organisation majoritairement anglophone, dans une dynamique d’insertion régionale.

L’accord entre le Congrès de la Nouvelle-Calédonie et le GMFL a été signé entre Roch Wamytan et Peter Forau, Directeur Général du GMFL.
Cet accord « de partenariat et d’appui institutionnel » intervenait à l’occasion d’une visite à Port-Vila de M. Wamytan, qui y conduisait une délégation de membres et de personnel du Congrès.
« Monsieur Wamytan est le Président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie et il est également membre éminent du FLNKS. Grâce à son initiative, le Congrès de la Nouvelle-Calédonie offre une aide financière au Secrétariat du GFLM », précisait alors le groupe mélanésien Fer de Lance.

L’accord mettait un accent tout particulier sur « la coopération régionale en Mélanésie, la promotion de la langue française comme langue officielle au sein du Secrétariat, le détachement de cadres auprès du Secrétariat, et la traduction et l’interprétariat lors de réunions officielles de Membres du GFLM ».
À moyen terme, il est aussi prévu des échanges de personnes, notamment sous forme de stagiaires néo-calédoniens Kanak, au sein du Secrétariat du GMFL.

Auparavant, en mars 2009, Pierre Frogier, alors Président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, avait lui aussi fait le déplacement à Port-Vila pour inaugurer, aux côtés du Président du Parlement de Vanuatu de l’époque, George Wells, un nouveau système de sonorisation et de traduction simultanée.
Ce projet, sous forme de don, avait été évoqué dès la signature d’une première convention de coopération entre les deux institutions, en février 2002, alors que le Président du Congrès était M. Harold Martin (actuel Président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie) et celui du Parlement de Vanuatu le francophone Henri Taga (décédé le 6 juillet 2011 à l’âge de 66 ans).
Cette opération, financée par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie à hauteur de quelque 19 millions de vatu (127.000 euros), rentre dans le cadre de la convention de partenariat signée en février 2002 entre les deux institutions.
Au cours de ce déplacement, M. Frogier et sa délégation avaient aussi rencontré plusieurs membres du gouvernement local pour « approfondir les relations déjà existantes et examiner les voies et les moyens pour franchir de nouvelles étapes dans ce partenariat ».
Depuis juin 2006, dans le cadre d’un accord de coopération dite décentralisée, la Nouvelle-Calédonie dispose d’une enveloppe fournie par l’État français, à laquelle elle ajoute une contribution, pour se consacrer spécifiquement à des actions de coopération avec la République de Vanuatu, plus proche voisin de cette collectivité française du Pacifique mais aussi seul États indépendant d’Océanie partiellement francophone (les langues officielles sont le Français, l’Anglais et le pidgin local, le bichelamar).

Groupe Mélanésien Fer de Lance

Le GMFL, lors de sa création en 1988, affichait l’une de ses raisons d’être (notamment, à l’époque, sous l’impulsion du révérend père Premier ministre de Vanuatu Walter Lini) comme étant le soutien de la cause indépendantiste en Nouvelle-Calédonie.
Début février 2012, toujours dans le même esprit, le secrétariat du GMFL annonçait la création de postes d’agents de liaison qui seraient spécialement chargés des questions relatives au FLNKS au sein de cette institution.
Objectif principal : briser les barrières linguistiques et faire en sorte que le FLNKS, en tant que membre du GMFL, soit informé aussi rapidement que les autres membres des évolutions des divers dossiers intéressant ce groupe subrégional.
Cette annonce coïncidait avec la visite de représentants du bureau politique du FLNKS à Port-Vila, du 1er au 5 février 2012.
L’ordre du jour évoqué alors a été en relation directe avec la poursuite de la mise en œuvre de l’Accord de Nouméa (qui prévoit un transfert progressif, déjà bien avancé, des compétences de l’État français aux autorités locales de Nouvelle-Calédonie, ainsi qu’un référendum d’autodétermination prévue dans une fourchette située en 2014 et 2018), ainsi que, toujours dans ce cadre, une visite en Nouvelle-Calédonie de la part de hauts responsables du groupe Fer de Lance.
Par ailleurs, les dirigeants mélanésiens ont mis un accent particulier sur le renforcement de leur coopération, à commencer par un élargissement prévu d’accords commerciaux initialement mis en place dans les années 1990 et qui devrait à terme inclure la notion de services et de marché commun de l’emploi.

Visites aussi à Fidji

Début mars 2012, dans la même logique subrégionale, Roch Wamytan effectuait un séjour de quatre jours à Fidji, où il a notamment rencontré les plus hautes autorités, dont le Contre-amiral Premier ministre Franck Bainimarama, ainsi que son ministre des affaires étrangères Ratu Inoke Kubuabola et l’Attorney General (chef des services juridiques du gouvernement).
Inscrivant cette visite à Fidji dans une logique d’intégration régionale, après plusieurs autres visites à Vanuatu, aux îles Salomon et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, M. Wamytan a notamment évoqué la perspective d’une coopération interparlementaire avec les pays voisins de la Nouvelle-Calédonie.
« C’est une volonté politique affichée, affirmée et confirmée par l’ensemble de la classe politique calédonienne et par l’État français que la Nouvelle-Calédonie prenne sa place au sein de la grande famille océanienne et notamment mélanésienne, puisque la Nouvelle-Calédonie est d’abord un pays mélanésien », a-t-il alors expliqué au cours d’une conférence de presse.
Concernant Fidji, où l’assemblée est suspendue depuis le putsch de décembre 2006, M. Wamytan s’est déclaré confiant, à l’issue d’entretiens avec le pouvoir actuel, que la feuille de route annoncée pour un retour à la démocratie au cours du dernier trimestre 2014 serait respectée.
« Moi j’ai le sentiment que Fidji est véritablement sur le chemin du retour vers une démocratie parlementaire (…) Je suis tout à fait confiant que les autorités fidjiennes vont respecter ce (calendrier de retour à la démocratie) », avait-il estimé.
Fidji a assuré la Présidence tournante du Groupe Mélanésien Fer de Lance (GMFL) entre 2011 et 2013.
Le FLNKS (Front de Libération Nationale Kanak Socialiste), mouvement qui regroupe plusieurs partis indépendantistes de Nouvelle-Calédonie, est le seul membre non-étatique du GMFL.
Il a pris la Présidence du GMFL en juin 2013, à l’occasion du sommet de ses dirigeants en Nouvelle-Calédonie.
Les autres sont les États indépendants de Vanuatu, des îles Salomon, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et de Fidji.

Soutien au régime fidjien

Concernant la situation post-putsch (du 5 décembre 2006) à Fidji et le processus de rétablissement de la démocratie par voie d’élections, les dirigeants mélanésiens, sur le mode « compréhensif » et de l’ « engagement », ont officiellement approuvé en mars 2011 la feuille de route annoncée depuis juillet 2009 par le Contre-amiral Bainimarama et qui prévoit des élections en septembre 2014.
Ce scrutin devrait être précédé, selon les plans annoncés par l’homme fort de Suva, d’importantes réformes constitutionnelles et institutionnelles notamment concernant le mode d’élections.

pad

Rédigé par AFP le Lundi 30 Septembre 2013 à 07:25 | Lu 538 fois




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