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“Le 15 mars, ce sera la justice du peuple”


Tahiti, le 22 février 2026 - La liste du shérif Émile Vernaudon n’a pas obtenu le soutien du Tavini huiraatira pour les prochaines élections municipales à Mahina. C’est sur une liste ouverte qu’il part au combat pour son “dernier round” et il compte bien retrouver sa “dignité parce que j'ai été condamné injustement”. Pour lui, c’est “le peuple qui doit me donner son dernier jugement (…) ça passe ou ça casse”.  

 

“Le programme est dans ma tête”, c’est par ces mots que le shérif et candidat aux municipales à Mahina, Émile Vernaudon, a débuté sa conférence de presse en présence de près de 200 personnes dont ses colistiers de Tavini ia Mahina.  

Il a rappelé qu’il était à la barre de la commune de 1977 à 2009. “Mon bilan, c’est du concret, ce n'est pas un bilan blablaté”, a-t-il dit. Il a également rappelé que “les écoles ont été construites par les employés (…). Je ne sais pas comment cette idée m'est venue avec mon conseil de l'époque, avec papa Joël”. Il en a été de même avec les salles omnisports, le terrain de football ou encore la tribune avec l’aide de Christian Helme. 

Émile Vernaudon a précisé qu’une centaine de réunions ont été organisées depuis février dernier avec les administrés de Mahina. “À toutes les réunions, vous avez demandé à papa Émile, au shérif, de revenir, et je suis là.” 

 


Cantine, concession, bus et frais de pharmacie (…) gratuits

La rénovation de la cuisine centrale à Amatahiapo est prévue. “La cantine sera gratuite pour les enfants (…) comme on l’a toujours fait depuis 1977 (…). On a géré cette commune en faisant des actions avec le cœur.”   

Autre projet, la démolition des vieilles écoles derrière Amatahiapo puis “les retaper” pour y installer les associations. “La logistique sera fournie par la commune”, a-t-il ajouté et sera gratuite, tout comme la concession au cimetière ainsi que les frais des matahiapo à la pharmacie.  

La tête de liste de Tavini ia Mahina explique que tout cela “ne va pas être fait n'importe comment. Il y a des familles où cela ne va pas. Si vraiment on a un cœur, si on est croyant, tu vas avoir pitié (…). On va le faire dans les normes.” 

Il souligne que cet argent est “l'argent du peuple (…) qui est en disposition à la commune. C'est ce budget qu'on va faire travailler, mais on va calculer d'abord”. 

Il compte faire un audit pour savoir exactement ce qui reste dans les caisses. Il assure que lorsqu’il était tāvana, il a mis en place la gratuité “avec un mini-budget, je n'avais même pas le tiers du budget d'aujourd'hui”


“Une quarantaine de shérifs”

“Le shérif est de retour” et pour la sécurité des administrés de Mahina, il compte “remettre” une quarantaine de shérifs en place. “Il n’y aura pas de concours (…) car il y aura des diplômés HEC, alors là on est foutu, ils vont être dans leur bureau”. Ces derniers seront embauchés dans les quartiers car “ils se connaissent entre eux, c’est ce contact qu’on veut (…) c’est pour approfondir encore le dialogue”.  

Pour le recrutement, des commissions communales et de quartier seront mises en place et Émile Vernaudon précise qu’il faut être “dans la religion” et avoir un minimum de diplôme : “On ne va pas prendre n'importe qui (…) on va trouver une solution”. 

Ces shérifs auront leur chapeau de cowboy “comme avant (…) vraiment quand tu vas voir, c'est le shérif”


“C’est le peuple qui doit me donner son dernier jugement”

Le shérif compte bien consulter d’abord les administrés de Mahina avec de prendre les décisions. “La décision finale, c'est nous, parce que c'est le peuple qui nous a mis là pour prendre une décision avec eux. Mais on ne va pas faire, encore une fois, n'importe comment. Mimile, il a bien vieilli”

Pas question en tout cas pour le shérif de “faire les mêmes bêtises (…). Déjà on me regarde. S'il y a un pou de travers, c'est foutu”

Émile Vernaudon assure que s’il est de retour en politique, “c'est pour avoir le retour de ma dignité parce que j'ai été condamné injustement”.  

Le shérif estime avoir “été maltraité. Mais je suis là, toujours vivant et je crois en Dieu, il est toujours là pour me guider”.  

Il affirme que lors de ses différentes tournées, il a dit aux administrés que c’est “le peuple qui doit me donner son dernier jugement (…) ça passe ou ça casse. Où on a vraiment fait du mal à Mimile, c'est cette injustice, l'État, voilà la décision du peuple, approuvé ou pas. C'est au peuple de décider, c'est ça ma justice, le peuple, la population (…). Moi, c’est mon dernier round.” 


Manea Welmy, directeur de campagne : 
“Le nom Tavini, ce n'est pas qu'à Oscar Temaru”
 

 

“Notre liste est sans étiquette, ça veut dire que nous n'avons pas le soutien du Tavini huiraatira, donc du président Oscar Temaru. Mais des colistiers sont du Tavini et sont là pour soutenir Émile Vernaudon. 

Le nom Tavini, ce n'est pas qu'à lui. Tavini, en français, veut dire servir (…). C'est pour ça que nous portons deux slogans, Tavini ia Mahina, Servir Mahina. Mais ce que lui a, c'est Tavini huiraatira, ce n'est pas la même chose (…). Sinon, le haut-commissariat n'aurait pas accepté notre liste (…).  

C'est son choix, c'est lui le président du Tavini (..) c'est lui le patron (…) mais nous, on continue. On n'a pas de drapeau du Tavini (…). Il a envoyé un communiqué au président du Tavini de Mahina pour ne plus porter le drapeau, ne plus porter son nom, ne plus porter tout ça (…). Mais c'est Tavini ia Mahina. Ce n'est pas Tavini huiraatira (…). Il ne m'a pas envoyé de courrier ni à Émile Vernaudon (…).”  


Ruihei Izal, colistier : 
“Je suis là pour représenter la jeunesse”
 

  

“Je suis là pour représenter la jeunesse, donner une voix à ceux qui sont trop souvent mis de côté. Mon projet, c'est de créer un conseil des jeunes, pour pouvoir les rassembler et discuter ensemble pour améliorer leurs conditions de vie, du côté des infrastructures, de l'animation, des événements et aussi de l'insertion professionnelle. 

On va mettre en place des forums d'orientation pour les aider à choisir ce qu'ils voudraient faire dans la vie. Pour ce qui est des événements, j'ai aussi imaginé une sorte de tū’aro à la pointe Vénus, avec différentes activités culturelles comme la danse, le tressage, etc. Le côté sportif, avec les pātia fā, les porteurs de fruits. Et aussi artistique, on pourrait faire de la peinture et de la sculpture.  

On m'a beaucoup parlé de ce qu’Émile Vernaudon a fait quand il était maire. On m'a souvent dit qu'il avait promu le sport à Mahina, en créant et en subventionnant des associations sportives. C'est pour ça que je me suis engagé auprès de lui. Je les ai aidés pour faire leur logo et ensuite il m'a proposé de rejoindre la liste.” 


Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Dimanche 22 Février 2026 à 16:18 | Lu 1189 fois