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La vanille, un espoir pour Hao


Des vanilliculteurs de Hao et Renaud Fleury du collectif Haoroagai vanilla, bien déterminés à développer la vanille paumotu.
Des vanilliculteurs de Hao et Renaud Fleury du collectif Haoroagai vanilla, bien déterminés à développer la vanille paumotu.
Hao le 07 janvier 2022 - Grâce à l'implication de plusieurs organismes, dix nouveaux vanilliculteurs vont pouvoir se lancer dans ce qui pourrait devenir un nouveau débouché économique pour l’atoll de Hao. Bien déterminés à tirer leur épingle du jeu en développant leur vanille paumotu, ils visent même un label et, pourquoi pas à terme, une AOP…
 
Entre la vanille et l’atoll de Hao, c’est une histoire qui commence à devenir concrète et vouée à s’inscrire durablement dans le temps. En 2018, le désir de pouvoir développer une agriculture adaptée aux Tuamotu était déjà bien présent et une serre expérimentale de 144 m2 pour 45 tuteurs avait été installée par l’établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) 
Vanille en partenariat avec la commune. Cette serre, à l’époque, devait permettre d’étudier le comportement des lianes sur le long terme, la faisabilité d’une éventuelle exploitation agricole viable et de faire de la formation directement sur place par l’Epic.
 
Ce but a depuis été atteint et il ne fait plus de doute que la culture à échelle agricole est tout à fait possible aux Tuamotu centre-est. En août 2021 d’ailleurs, lors de la période de floraison de l’orchidée, plus de 200 boutons floraux ont été fécondés manuellement par l’agent communal en charge de la surveillance de la serre expérimentale.
 
Le collectif Haoroagai vanilla  
 
Certains habitants de Hao ont vite compris le potentiel et l’intérêt économique que pouvait apporter cette culture. C'est le cas, depuis deux ans, de trois nouveaux vanilliculteurs qui se sont déjà lancés dans l’aventure. Un collectif nommé Haoroagai vanilla les regroupe auprès d'autres passionnés de cet or noir. À sa tête, Renaud Fleury qui se bat pour que cette culture devienne un moteur à Hao. La vanille représente un réel espoir de donner à l’atoll une alternative au coprah, avec une vraie filière professionnelle et de nouvelles perspectives économiques surtout en termes d'emploi entraînant une redynamisation du secteur primaire, mais aussi du tourisme que ce soit à Hao, à Amanu et dans d’autres atolls des Tuamotu.
 
Sur l’atoll la volonté est là, mais tout le monde n’a pas forcément les moyens financiers pour investir dans de tels projets. Pour avoir un ordre d’idée, une serre de 144 m2 coûte environ 1 726  454 Fcfp. Il faut également compter au minimum deux ans avant qu’une serre puisse commencer à produire les précieuses gousses, période qui ne génère aucun revenu.
 
Mutualiser les démarches
 
Il existe des aides mises en place par divers organismes et associations (le Pays, le Sefi, l'Adie, la Sofidep, entre autres).Et c’est là où le collectif Haoroagai vanilla intervient. Son rôle est de mutualiser les démarches pour les nouveaux projets de création de serres. Dix vont prochainement voir le jour : sept à Hao et trois dans la commune associée de Amanu. Les demandes ont été faites simultanément au Pays via l’aide à l’investissement en équipements agricoles et d’agro-transformation pour un montant de 1 208 518 Fcfp. S’ajoute à cela, une aide de la  SNT Maris-Stella d’un montant de 74 026 Fcfp, reste alors à la charge du demandeur environ 518 000 Fcfp. Là encore, le collectif fait le lien avec l'association pour le droit à l’initiative économique (Adie) et l'Insertion par la création ou la reprise d’activité (Icra). Car la majorité des demandeurs de serres de vanille de Hao peuvent bénéficier via l’Icra, une aide de 450 000 Fcfp maximum au démarrage de l’activité et de 90 000 Fcfp par mois pendant deux ans, un formidable soutien de la part du Sefi.
  
"Se démarquer pour exister"
 
Le collectif Haoroagai vanilla ainsi que les futurs producteurs de l’île sont unanimes : "Il faut se démarquer de la masse pour exister." Cette volonté commune est portée dans un premier temps par l’envie de faire du bio pour préserver l’environnement, mais aussi et surtout par le désir ne pas produire sous l’étiquette Vanille de Tahiti. À 920 km de Tahiti, avec une identité et un climat qui lui sont propre, il est tout à fait compréhensible et légitime pour eux de pouvoir se démarquer de la masse et de pouvoir développer à terme leur propre label, voire même une appellation AOP. La barre paraît haute mais l’histoire de la vanille de Hao est toute nouvelle et ses pages restent à écrire. Alors pourquoi pas de la plus belle des manières ?  
 

​Renaud Fleury, du collectif Haoroagai vanilla : "Nous sommes précurseurs dans les Tuamotu"

« Ça a été un long combat de deux ans et demi de travail sur ce projet-là, mais le il continue, rien n’est encore acquis. On a commencé ensemble et ça marche, nous sommes soutenus par Tearii Alpha qui croit en notre projet. Nous sommes précurseurs dans les Tuamotu, j’espère que d’autres îles des Tuamotu suivront car c’est une vraie plus value pour nos atolls en terme d’emplois, économie et autres. C’est également un challenge très excitant. Aujourd’hui, notre jeunesse part voir ailleurs car il n’y a pas d’emplois ici… Et bien là nous essayons de créer une vraie filière professionnelle d’où l’on peut rebondir. Pour la suite, à chacun de prendre soin de sa production afin que l’on puisse se démarquer et produire une vanille paumotu."

Rédigé par Teraumihi tane le Vendredi 7 Janvier 2022 à 14:53 | Lu 1698 fois