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“La situation est très grave” pour les hôtels



Thierry Brovelli, directeur général du groupe Intercontinental en Polynésie et co-président du Conseil des professionnels de l’hôtellerie (CPH).
Thierry Brovelli, directeur général du groupe Intercontinental en Polynésie et co-président du Conseil des professionnels de l’hôtellerie (CPH).
Tahiti, le 1er avril 2020 - La crise sanitaire mondiale et l’arrêt de toute liaison aérienne commerciale intérieure et à l’international, au moins jusqu’à la fin du mois, jette de graves incertitudes économiques dans le secteur hôtelier polynésien, comme le confirme Thierry Brovelli, directeur général du groupe Intercontinental en Polynésie et co-président du Conseil des professionnels de l’hôtellerie (CPH).
 
 
Quelles remontées avez-vous de vos adhérents concernant l’impact de la crise sanitaire actuelle sur leur activité ?
Chacun a pris la crise en pleine face, avec ses propres contraintes. Certains ont fermé plus vite que d’autres. Je crois qu’aujourd’hui il ne reste pas un hôtel encore ouvert en Polynésie. 
A la suite de quoi, chacun a reçu les dispositions prises par le gouvernement. Et je salue au passage que les décisions aient été prises très vite, en tenant compte de l’ensemble des situations possibles. Les arrêtés d’application ont été publiés très récemment, dont certains ce matin. Nous sommes encore en train de les digérer. Par ailleurs, une cellule de crise économique est en place au Sefi, auprès de laquelle ont peu s’informer. Nous sommes en train de prendre la mesure de tout ça. Le CPH essaye de centraliser les questions de ses adhérents, de manière à ce que chacun profite des questions et réponses des autres. 
Aujourd’hui, les remontées de terrain se concentrent sur une organisation et une centralisation de l’information
.” 
 
Dans le contexte actuel, pensez-vous que la viabilité des hôtels du fenua se trouve en danger ?
La portée de cette crise, je suis bien incapable de la mesurer. Mais, le danger existe-t-il ? Oui, cela ne fait aucun doute. On sait tous que la Polynésie est très dépendante des Etats-Unis, en termes de tourisme et de trafic aérien. Même si le confinement s’arrête, même si nous décidons de rouvrir nos hôtels, encore faudra-t-il que nos clients soient en capacité ou disposés à voyager. Notre principal marché étant notre voisin US, on attend tous avec impatience de voir ce qu’il va se passer là-bas, sur le plan sanitaire. 
On s’attend à ce que le premier marché qui bougera de nouveau soit l’Europe et surtout la France. Mais ce sera de l’affinitaire, du business société, etc., c’est-à-dire un tout petit pourcentage de ce dont on a besoin
.” 
 
Observe-t-on les prémisses d’une catastrophe économique dans le secteur hôtelier polynésien ?
La situation est très grave, c’est clair. Ce que l’on va observer surtout dans les premiers temps, ce sont les entreprises qui tiennent malgré leurs difficultés de trésorerie. Quant à la catastrophe économique, vous savez il y a peu encore la France pensait qu’il n’y aurait pas de catastrophe sanitaire. Le gouvernement français a petit à petit découvert l’ampleur du sujet. J’imagine que l’on peut se retrouver dans la même situation avec l’économie. 
Personnellement, je ne suis pas capable de répondre à ça
.”
 
Combien d’emplois sont-ils concernés dans l’hôtellerie ?
On est l’un des plus gros employeurs, si ce n’est le premier. Et on sait que pour tout emploi touristique existant, derrière c’est 2,5 emplois induits.” 
 
Des plans sociaux sont-ils inévitables dans le secteur hôtelier ?
Cela doit faire partie des options envisagées par les sociétés qui souffrent le plus. Surtout, si l’on considère ce qui va se passer après : de crise sanitaire, on va passer à une crise financière dont on a du mal à mesurer l’ampleur et la durée. Dans ce contexte, l’effort de réouverture, certaines sociétés doivent se poser la question aujourd’hui de savoir s’il faut le faire ou pas.” 
 
Qu’est-ce que cette crise change dans les projets d’investissement du secteur hôtelier ?
Là, ça dépend un peu de chaque société. En ce qui concerne les hôtels du groupe Intercontinental, nous n’en avions pas dans l’immédiat. Au niveau du CPH, c’est un point que nous n’avons pas encore fait. Mais si on en est au point où on n’arrive pas à payer les salaires, tous les investissements seront gelés pour un moment.” 
 
Vous évoquiez plus tôt les aides mises en place pour la sauvegarde de l’économie. Plus spécifiquement, que vous faudrait-il pour atténuer l’impact de la crise qui s’annonce ?
Notre premier besoin c’est la sauvegarde de la trésorerie, ne serait-ce que pour payer les salaires. Il me semble que pour tout le monde, la question se situe crucialement à ce niveau-là. Le gouvernement a répondu, dans le cadre des mesures de sauvegarde, en installant plusieurs moratoires (impôt, charges sociales, TVA, exonération de droits pour l’occupation du domaine public, etc. : Ndlr) pour préserver la trésorerie des entreprises. (…) Aujourd’hui, une grande partie du travail est faite. Maintenant, il est dans nos mains de voir si l’on arrive à tenir avec ça ou pas.” 
 
Avez-vous fait des projections pour l’avenir ? Avez-vous des espoirs de reprise ?
Vous avez raison de poser la question. Des projections, je pense que l’on en fait au quotidien, avec des paramètres qui changent tous les jours. Au niveau des grosses unités comme les hôtels du groupe Intercontinental que je dirige, nous avons encore du personnel qualifié pour se lancer dans ce type de projections. Mais franchement, rentrer les bons paramètres dans la machine relève du domaine de la boule de cristal aujourd’hui. Oui, on fait des projections. Mais le premier à rentrer pour ces projections est celui de l’aérien et avant cela celui de la réponse de nos marchés émetteurs. Et pour l’instant, on n’a aucune vision sur l’aérien, pas plus que sur les marchés qui actuellement sont soit en phase d’annulation des réservations, soit en phase de report. Aujourd’hui, tout est au point mort.”

Rédigé par Propos recueillis par Jean-Pierre Viatge le Mercredi 1 Avril 2020 à 16:06 | Lu 7121 fois

Tags : CORONAVIRUS





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