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La réduction du nombre d’agents “amène de la frustration”


Tahiti, le 9 mars 2026 - À écouter le directeur de l’agriculture, il n’y aurait pas de problème particulier au sein de son établissement qui est pourtant entré en grève ce lundi matin. Il avance que sur les 19 points de revendication, “il en reste peut-être quatre sur lesquels on va devoir discuter”.  
 
La Direction de l’agriculture (DAG) est entrée en grève ce lundi matin. Le préavis comporte 19 points de revendication, mais pour le directeur de l’établissement, Roland Bopp, “il reste peut-être quatre points sur lesquels on va devoir discuter et ça va certainement faire l'objet de rencontres que l'on va avoir aujourd'hui ou demain (hier ou aujourd’hui, NDLR)”.
 
Le directeur de la DAG considère que parmi les autres revendications, il y en a qui sont “en règle” et d’autres qui “méritent des éclaircissements, parce que les questions sont peut-être mal posées et on ne comprend pas trop ce que souhaitent les intersyndicales internes. Par exemple, on me demande de statuer sur une pièce jointe qui a accompagné le préavis, sauf que je n'ai pas la pièce jointe.”
 
Roland Bopp explique également qu’il y a des revendications qui ont été réglées, comme le puits d’eau à Papara, ou encore qui ne relèvent pas de sa direction mais du Pays, comme “leur avancement, c'est réglementaire, ça dépend du ministère de la Fonction publique et de la Direction des talents et de l'innovation”.
 
Il reconnaît que la demande des organisations syndicales de faire un audit va apporter des réponses sur “le style de management certainement, et sur bien d'autres questions d'organisation et de fonctionnement au sein de la DAG (…). Pourquoi faire une grève alors que l'audit n'est pas terminé ?”, regrette-t-il.
 
L’intersyndicale dénonce également la réduction de moitié du nombre d’agents, qui doivent passer de 500 à 250. Pour Roland Bopp, “forcément que ça amène de la frustration (…) et c'est mon rôle de maintenir les missions, même avec des moyens qui peuvent être diminués”.
 
Quant aux arrêts maladie ou les arrêts psy, le directeur précise qu’il y en a quatre ou cinq et que surtout, “il faut relativiser avec ça. En fait, il faut prendre un deuxième critère pour venir conforter ou pas ce reproche. Est-ce que, sur ces arrêts, ce sont mes proches collaborateurs ?”

La commande d’engrais bio par Parzy qui dérange

L’intersyndicale dénonce également des “irrégularités financières”. Roland Bopp assure ne pas savoir ce que ça veut dire (…) parce qu'il y a des contrôles à tous les niveaux (…). Je ne m'assois pas dans les commissions d'attribution des offres, jamais depuis que j'ai pris les fonctions. Les contrôles sont faits à plusieurs niveaux. D'abord par les chefs d'entité, puis par mon adjoint, puis par la comptabilité, puis ça remonte.”
 
Sauf que ce dernier ne se souvenait pas du tout d’une facture que la DAG a payée à un de ses “proches collaborateurs” qu’est Gilles Parzy pour l’achat de plusieurs tonnes de d’engrais bio. Et il ne se souvenait pas non plus que c’était également Gilles Parzy qui a commandé cet engrais. “Beaucoup de personnes qui travaillent pour la DAG s'occupent de ces marchés, s'occupent de faire les commandes (…) Je ne sais pas si c'est lui qui a fait ça (…). C'est le spécialiste de l'agriculture bio. C'est important de conseiller les personnes qui sont qualifiées pour savoir quel engrais bio peut remplacer les engrais qui sont chimiques.”
 
Et pour justifier cette embauche, alors même que la DAG a en son sein des ingénieurs en bio, Roland Bopp avance que “pour réussir l'agriculture, il faut travailler avec l'ensemble des parties prenantes. Et parfois, ça arrive, les agriculteurs peuvent être beaucoup plus en avance que nous sur certains points. Et parfois, d'autres professionnels, que ce soit en agriculture, en engrais conventionnel ou en engrais bio, peuvent être plus avancés que nous, bien sûr, dans ces secteurs. Et on a besoin de travailler avec ça.”

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mardi 10 Mars 2026 à 04:15 | Lu 592 fois