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La mobilisation antinucléaire croissante réveille la société japonaise



La mobilisation antinucléaire croissante réveille la société japonaise
TOKYO, 19 juil 2012 - L'accident de Fukushima secoue l'apathie politique des Japonais qui, seize mois après la catastrophe, se mobilisent de plus en plus contre le nucléaire, un phénomène "citoyen" préoccupant pour les autorités.

De 75.000 à 170.000 personnes, selon la police et les organisateurs, ont participé lundi au plus grand rassemblement contre l'atome depuis la catastrophe de mars 2011.

Des étudiants, des salariés, des femmes au foyer, dont un grand nombre manifestaient pour la première fois, sont venus de tout le pays et se sont massés dans le parc Yoyogi de Tokyo (sud-ouest du centre de la capitale) avant de défiler en plusieurs points de la ville.

Ils répondaient à l'appel de syndicats, de partis de gauche et d'associations antinucléaires, mais aussi au bouche à oreille amplifié par les réseaux sociaux sur internet, pour crier de concert "Adieu, énergie nucléaire". Ces scènes de protestation collective sont rares au Japon où les manifestations ne sont en général guère massives.

"Avant la catastrophe, je n'aurais jamais imaginé pouvoir crier dans un cortège", s'étonne encore Yusuke Hasunuma, un étudiant de 22 ans.

"J'ai peu d'expérience, mais c'est enthousiasmant d'agir avec des gens animés des mêmes idées", raconte-t-il.

Il a déjà plusieurs "manifs du vendredi" à son actif, depuis le lancement il y a quelques mois de ces protestations antinucléaires hebdomadaires sous les fenêtres du Premier ministre, à côté du Parlement autour duquel les organisateurs projettent d'organiser une chaîne humaine le 29 juillet.

"Personne ne s'intéressait à nos rassemblements avant le 11 mars 2011", souligne Masaki Yoshida, une mère de trois enfants âgée de 43 ans, qui a évacué la préfecture de Fukushima (nord-est) après l'accident pour se réfugier dans celle de Gifu (centre).

Aujourd'hui c'est une militante acharnée: "c'est comme si je découvrais un monde nouveau. Les gens se rendent compte que la fermer revient à dire +oui+ au nucléaire. La volonté populaire devient plus visible".

Défilés pacifiques

A part les grandes manifestations anti-américaines de la fin des années 50 et du début des années 60, peu de causes ont soulevé les foules au Japon depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

A l'époque, la contestation était menée par des étudiants hostiles au traité de sécurité entre le Japon et les Etats-Unis, qui prévoyait le maintien d'une présence militaire américaine dans l'archipel en échange de la protection de l'Oncle Sam.

Plusieurs manifestations dégénérèrent en violents affrontements avec les forces anti-émeutes, entraînant une foule d'arrestation, de nombreux blessés et même la mort d'un protestataire.

Yoshikazu Sakamoto, professeur de sciences politiques à l'Université de Tokyo, réfute toutefois tout parallèle avec le mouvement citoyen antinucléaire d'aujourd'hui.

"Les citoyens +ordinaires+ qui manifestent n'ont pas besoin de minorité agissante pour les conduire. La plupart ressentent juste de la frustration et de la défiance vis-à-vis du gouvernement", estime-t-il.

Le sentiment antinucléaire semble avoir encore grandi depuis que le Premier ministre de centre-gauche, Yoshihiko Noda, a autorisé le redémarrage de deux réacteurs dans le centre du pays au début de l'été.

Une première depuis l'accident de Fukushima, qui avait entraîné l'arrêt total du parc nucléaire de l'archipel pendant deux mois, entre mai et début juillet.

Et à chaque fois les manifestations deviennent plus massives, près des centrales comme à Tokyo lundi.

M. Noda a d'ailleurs laissé percer une certaine inquiétude après la démonstration de force de lundi: "l'énergie nucléaire devient un problème qui divise le pays", a-t-il reconnu.

Fait nouveau aussi: les personnes âgées manifestent en masse. "Beaucoup ont connu la Seconde guerre mondiale et notamment les destructions provoquées par les bombes atomiques (à Hiroshima et Nagasaki en août 1945). Elles se dressent aujourd'hui en espérant transmettre un message de paix aux générations futures", explique Kiyoshi Abe, un professeur d'information et de communication de l'Université de Hyogo.

D'après lui, "les vieux ont travaillé dur et en silence après la guerre au nom de la reconstruction du pays, mais ils réalisent désormais que la société ne correspond pas à leurs rêves d'antan".

La présence de ces anciens, investis de la mémoire douloureuse des violentes manifestations des années 50 et 60, garantit le caractère pacifique de la mobilisation actuelle, ajoute le professeur.

Désormais la prochaine étape risque d'être très politique, car pour nombre d'analystes la place accordée au nucléaire sera un enjeu crucial des prochaines législatives, au plus tard en août 2013.


Par Shingo ITO

Rédigé par AFP le Jeudi 19 Juillet 2012 à 19:49 | Lu 440 fois






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