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La gestion de l'électricité se normalise à Makemo


(Image d'archives)
(Image d'archives)
Tahiti, le 21 novembre 2022 – Géré depuis trois ans directement par le Pays dans une situation totalement inédite en Polynésie française, le service public de l'électricité à Makemo va retrouver une forme de normalité puisqu'un appel d'offres a été lancé pour organiser cette gestion sous la forme d'une concession de délégation de service public pour 25 ans à compter du 1er janvier 2023.
 
La gestion de l'électricité à Makemo va retrouver une forme de normalité. Fin novembre, le gouvernement a décidé d'approuver le “principe d'une délégation de service public sous le régime de la concession comme mode de gestion du service public de l'électricité sur l'atoll de Makemo”. Un arrêté pris en conseil des ministres et immédiatement suivi d'un appel d'offres pour confier la gestion de la production, du transport et de la distribution de l'électricité à un prestataire pour les 25 prochaines années à compter du 1er janvier 2023. La fin d'une période de gestion inédite opérée par le Service des énergies de la Polynésie française pendant trois ans… quoique Makemo restera tout de même la seule concession, avec celle de Tahiti-Nord, à être détenue par le Pays.
 
Le SDE redresse la barre
 
Le rapport de présentation du Pays, dressé à l'occasion de ce passage en délégation de service public de Makemo, rappelle plusieurs éléments de contexte et apporte certaines informations actualisées sur la situation de l'électricité sur l'atoll. Une concession somme toute assez modeste qui ne concerne que 825 personnes, dont 220 abonnés au service public de l'électricité principalement situés dans le village. Deux groupes électrogènes en fonctionnement depuis février et octobre 2019 assurent l'alimentation 24/24 heures, plus un troisième de secours en fonctionnement depuis 2018. Le chiffre d'affaires du secteur est de 30 millions de Fcfp annuels et la compensation issue du dispositif de solidarité dans le domaine de l'électricité est d'un montant maximum de 50 millions de Fcfp, pour des charges annuelles de carburant de 22 millions de Fcfp.
 
Plus intéressant, il faut se souvenir que ce qui a mené à cette situation unique de gestion de l'électricité par le Pays n'est autre que l'échec de la Société d'économie mixte (Sem) Te Mau ito Api des fameuses “éoliennes de Makemo”. La Sem a été liquidée en 2019 et le Pays s'est retrouvé avec la gestion de l'électricité sur les bras. Une tentative d'appel à la concurrence pour une délégation de service public temporaire avait été lancé à l'époque, mais aucun candidat n'avait été intéressé. Et pour cause, le service était en ruine avec des usagers qui ne payaient plus l'électricité et un réseau à réparer. Le Pays ayant été reconnu compétent en matière d'énergie au détriment de la commune, au gré des nombreux recours qui ont émaillés la fin de vie de la Sem Te Mau ito Api, c'est donc le service des énergies (SDE) qui a repris les choses en main depuis 2019.
 
Toujours selon le rapport du Pays, les deux employés de l'ancienne Sem ont été intégrés aux effectifs du SDE, un agent en poste à Papeete dirige les opérations nécessaires au bon fonctionnement du service à plein temps, les groupes électrogènes et le réseau de distribution ont été remis en état, les compteurs ont été remplacés, un système de facturation a été remis en place et des audits du réseau ont été réalisés… “Quelques remises en conformité non critiques ont été repérées et doivent faire l'objet de réparations. Néanmoins, les efforts produits par le SDE ont permis d'atteindre une qualité de service comparable à celle de la concession Tahiti-Nord”, conclut le rapport.
 
Nouvelle centrale demandée
 
Comme c'est le cas actuellement, le futur contrat qui devra organiser la gestion de l'électricité à Makemo ne concernera pas les atolls des communes associées de Katiu, Raroia et Taenga. Le Pays demande que le futur concessionnaire s'engage, dans les cinq premières années du contrat, à réaliser une nouvelle centrale de production électrique “couvrant à minima 50% des besoins actuels en électricité par des énergies renouvelables”. Et enfin, le service des énergies indique qu'il réfléchit de son côté à une procédure d'évacuation des anciennes éoliennes hors services qui sont encore sur place.
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Mercredi 30 Novembre 2022 à 14:57 | Lu 1126 fois