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La croissance 2017 portée par la consommation



En 2017 notre économie a été portée par la croissance de l'emploi et de la consommation d'une part ; et par la reprise du tourisme et des exportations d'une autre part.
En 2017 notre économie a été portée par la croissance de l'emploi et de la consommation d'une part ; et par la reprise du tourisme et des exportations d'une autre part.
PAPEETE, le 31 juillet 2018 - Le PIB de la Polynésie a augmenté de 2,3% l'année dernière. Le retour de la croissance économique a été principalement tiré par les créations d'emplois et la consommation des ménages. Les économistes mettent cependant en garde : ce seront les investissements qui assureront une croissance économique à long terme.

Le Cerom (Comptes économiques rapides de l'Outre-Mer), qui rassemble les économistes de l'ISPF, de l'IEOM et de l'AFD, a publié ce matin les chiffres provisoires de la croissance polynésienne, et ils sont bons. Le produit intérieur brut (PIB, un indicateur de toute la richesse créée dans un pays) a augmenté de 2,3% en 2017, hors inflation.

Cette belle performance a été permise par la forte augmentation du pouvoir d'achat des ménages polynésiens. D'abord il y a eu un rebond des embauches avec 1500 à 2000 emplois créés en équivalent temps plein (+2,7% dans le secteur privé, +1,5% dans le secteur public). Du coup la masse salariale a augmenté de 2,5% en 2017, et les ménages avaient beaucoup économisé pendant la crise... Au final "la hausse du pouvoir d'achat s'est presque entièrement traduite en consommation" note l'IEOM. C'est cette consommation des ménages (+45% de voitures immatriculées par exemple) qui a le plus participé à relancer l'activité. Le balancier de notre pirogue économique a été la demande extérieure. 80% de nos exportations, c'est le tourisme : avec presque 200 000 touristes en 2017, le secteur hôtelier est particulièrement à la fête et multiplie les investissements.

Claude Périou (IEOM), Thierry Paulais (AFD) et Fabien Breuil (ISPF)
Claude Périou (IEOM), Thierry Paulais (AFD) et Fabien Breuil (ISPF)
Fabien Breuil, directeur de l'ISPF, a ainsi expliqué à la presse qu'il y a eu "deux moteurs de la croissance en 2017. D'abord, la confiance des ménages, qui est liée à un regain de pouvoir d'achat permis par la reprise du marché du travail, a relancé la consommation. C'est un cercle vertueux. Ensuite il y a nos ressources propres qui sont le tourisme, nos exportations de vanille qui ont très fortement augmentées, et la reprise de la perle. Il y a un troisième moteur, les investissements. Pour l'instant ils n'ont joué ni positivement, ni négativement. Ça nous laisse donc de l'espoir pour l'avenir, que l'investissement soit le prochain relais de la croissance polynésienne."

"LA CROISSANCE A PERMIS DE CRÉER 1500 EMPLOIS MARCHANDS SUPPLÉMENTAIRES, ÇA PERMET À L'ÉCONOMIE DE RESPIRER ET D'ENVISAGER L'AVENIR"

Le timide retour de la croissance en 2016 s'est confirmé en 2017
Le timide retour de la croissance en 2016 s'est confirmé en 2017
Selon le directeur de l'ISPF, cette croissance de 2,3%, proche des taux européens, est un bon chiffre pour notre économie : "ça permet de créer 1500 emplois salariés supplémentaires dans le secteur marchand. Ca permet à l'économie de respirer et d'envisager l'avenir. C'est donc un bon chiffre... S'il est maintenu sur le long terme." C'est en tout cas une bonne nouvelle pour les jeunes et les chercheurs d'emplois puisqu'avec 1500 à 2000 emplois créés l'année dernière, le taux de chômage devrait s'afficher à la baisse ou rester stable. Le taux de chômage officiel, issu du recensement de 2017, sera connu en novembre.

Claude Périou, directeur de l'IEOM (notre banque centrale), va dans le même sens : "Pour nous, cette croissance du PIB est avant tout un indicateur positif qui confirme l'optimisme retrouvé que nous mesurons chez les chefs d'entreprises depuis deux ans. On voit que c'est la consommation qui tire cette croissance. On le voit dans le niveau des importations qui est supérieur de 7% en 2017. On le voit dans les octrois de crédits qui sont en hausse. Mais le PIB doit aussi croitre par les investissements."

Selon ce spécialiste, "ce niveau de 2,3% de croissance estimé pour 2017 est déjà élevé. Alors est-ce qu'il existe un plafond plus élevé pour cette croissance... c'est possible. On le voit dans le secteur touristique, où pour croitre il va falloir construire des hôtels supplémentaires. Donc je pense que notre potentiel de croissance sera d'autant plus élevé que l'investissement viendra s'ajouter à la consommation. Là on pourrait même espérer des taux de croissance plus importants."

UN MODÈLE ÉCONOMIQUE BASÉ SUR LA CONSOMMATION EST INSTABLE

Les deux principaux moteurs de cette croissance ont été la consommation des ménages et les exportations (à 80% le tourisme, qui compte comme une exportation de service). À noter que la hausse des importations contribue négativement au PIB.
Les deux principaux moteurs de cette croissance ont été la consommation des ménages et les exportations (à 80% le tourisme, qui compte comme une exportation de service). À noter que la hausse des importations contribue négativement au PIB.
Mais les économistes de l'AFD et de l'ISPF ont tout de même mis en garde contre le triomphalisme. Fabien Breuil nous explique ainsi que "le modèle économique actuel polynésien est basé sur la demande intérieure, qui est largement subventionnée par nos ressources propres. Une grosse partie vient des transferts de l'État. Mais ce modèle nous rend sensibles aux chocs extérieurs alors même que notre économie est positionnée dans le secteur du haut de gamme, qui est normalement moins sensible aux crises économiques comme on l'a vu dans le secteur du luxe. Donc diversifier l'économie et se positionner plus fortement sur ces secteurs permettrait de mieux isoler l'économie polynésienne de l'effet des crises."

Mais, selon l'économiste en réponse à nos questions, ce sont les investissements à taille humaine qu'il faut favoriser : "le temps des grands projets soutenus par les gouvernements comme dans les années 80 est un peu révolu, à cause de la dynamique de maitrise de la dépense publique. Aujourd'hui on essaie plutôt d'orienter les dépenses vers des projets plus réalistes. On l'a vu en Polynésie, on passe du Mahana Beach au Village Tahitien, et c'est une bonne chose car il y a plus de chances que le Village Tahitien se réalise, plutôt qu'un grand complexe de 3000 chambres qui pourrait déstructurer la Polynésie sur un projet complètement démodé. Donc il faut continuer d'encourager les secteurs qui fonctionnent mais il faut aussi pousser les petites initiatives privées, car on peut faire énormément d'emplois en Polynésie avec des petits projets portés par des pêcheurs, des perliculteurs et tout le tissu de petites entreprises..."


Des investissements pour sortir de la dépendance à la consommation

Le directeur de l'Agence Française de Développement (AFD) à Papeete, Thierry Paulais, nous a offert une vision optimiste de l'avenir de notre économie : "L'AFD a accordé environ 60 millions d'euros (NDLR : 7,2 milliards de francs) de prêts à des investissements publics ou parapublics, qu'on appelle des concours, l'année dernière. Par exemple nous participons aux deux câbles, Natitua et Manatua, qui sont des exemples typiques d'investissements à moyen et long termes qui sont susceptibles d'avoir des effets très positifs sur l'économie et sur l'emploi. Ils vont permettre à des entreprises, y compris des petites entreprises, de se développer aux Marquises et aux Tuamotu. Ces investissements vertueux devraient avoir un effet positif sur tout le territoire. Par exemple l'arrivée du câble aux Marquises va inciter des gens à y créer des entreprises et des emplois, et je pense conduira à une forte croissance dans l'archipel. D'autres investissements auxquels l'AFD participe sont susceptibles d'avoir les mêmes effets, comme dans le transport aérien, l'aéroport, les énergies renouvelables, l'amélioration du réseau de transport électrique... On voit que Tahiti s'équipe et se modernise."

Un petit bémol toutefois : "On espère que ces investissements favoriseront une croissance plus endogène que le modèle actuel, très tiré par la consommation des ménages et l'importation de biens extérieurs, comme les voitures par exemple. On peut tenir sur la consommation seule, mais ce n'est pas très vertueux, et ce n'est pas le mieux du point de vue social. Pour créer beaucoup d'emplois, une croissance basée sur l'investissement public et privé est bien plus vertueuse."


Rédigé par Jacques Franc de Ferrière le Mardi 31 Juillet 2018 à 17:08 | Lu 2109 fois





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