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La boxe se retire des jeux des Raromatai



Deux soirées de boxe éducative seront tout de même organisées par les clubs des Raromatai, lundi et mercredi.
Deux soirées de boxe éducative seront tout de même organisées par les clubs des Raromatai, lundi et mercredi.
BORA BORA, le 19 février 2018 - La décision a été prise dimanche, juste après l’ouverture des jeux à Bora Bora, par la fédération de boxe anglaise de la Polynésie française. La principale raison est l’absence de médecin urgentiste pour suivre les différents combats qui devaient se tenir toute la semaine. Du coup, les 60 athlètes qui se sont préparés dans cette discipline se disent déçus.

À qui la faute ? Selon la présidente du Comité organisateur local (COL), Revanui Teupoohuitua, chaque fédération sportive « a son propre règlement. Ce n’est pas la faute du comité organisateur ».

Dimanche en début de soirée, la fédération de boxe anglaise de la Polynésie française a pris la décision avec l’accord des présidents de tous les clubs des Raromatai, d’annuler la discipline pour ces jeux. « Il n’y a pas de docteur, c’est impossible de faire les jeux sans avis médical. Donc, il n’y aura pas de boxe, c’est interdit », souligne D’esli Grand-Pittman, président de la fédération polynésienne.

Une décision qui est tombée comme un couperet auprès des 60 athlètes inscrits en boxe. « Je suis très déçu de ne pas pouvoir monter sur le ring et de ne pas pouvoir représenter mon île », explique Amoroa Atiu, boxeur de Bora Bora, en catégorie super lourd. Pour ce jeune de 25 ans, la fédération n’a pas assuré : « Ils nous disent qu’il fallait un docteur. Mais en allant faire ma visite médicale pour le basket, le médecin m’a dit que la fédération n’avait pas les moyens et qu’elle n’a pas les machines pour pouvoir faire de la réanimation. Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas de docteur, mais ils ne sont pas prêts pour prendre en charge la boxe », poursuit-il.

De son côté, la fédération de boxe anglaise de la Polynésie française assure avoir pris toutes les mesures nécessaires : « Il y a deux semaines, Anthony Pheu, (directeur de la Direction de jeunesse et des sports NDLR) nous a contactés pour nous dire qu’il y aura les jeux, et qu’il fallait prendre un docteur avec nous. Mais, nous lui avions dit que ce ne sera pas possible, nous n’avons pas de docteur qui souhaiterait venir, surtout avec ce qu’il s’est passé dernièrement ». Selon D’esli Grand-Pittman, les médecins boycotteraient la discipline. « Les médecins n’ont pas voulu venir parce que l’un des leurs a été condamné dû à la mort d’un boxeur ».

Donc, pas question pour lui de prendre des risques.

La fédération de boxe anglaise de Polynésie française est repartie sur Tahiti, ce lundi matin. Les présidents des clubs des Raromatai ont décidé, dans la foulée, d’organiser deux soirées de boxe éducative, lundi et mercredi. Deux événements qui ne seront pas pris en compte pour les jeux des Îles-Sous-Le-Vent.


Revanui Teupoohuitua
Présidente du comité organisateur local

« C’est un manque de respect »


« L’organisation de ces jeux a été faite par rapport à la charte des jeux qui a été écrite par le ministère de la jeunesse et des sports. Je dis juste à cette fédération que s’ils veulent faire dans les normes, eh bien, il faut bien préparer avant de venir à Bora Bora et avant de déclencher une réunion avec tous les présidents de clubs, c’est un manque de respect. Je suis un peu déçue parce que c’est juste après l’ouverture qu’ils ont pris cette décision, suite à la difficulté de trouver un médecin urgentiste, et en tant que présidente, j’ai le regret d’annoncer qu’il n’y aura pas de boxe pour ces 4èmes jeux des Îles-Sous-Le-Vent. Aujourd’hui, le comité organisateur est conscient des désagréments causés aux athlètes, et nous nous en excusons. »


Taote Pierre Aufrère
Médecin du sport de la Direction de la jeunesse et des sports

« Il faut un médecin qui est au moins qualifié en urgentiste voire réanimation »


« Il y a deux choses pour suivre une compétition sportive. Déjà, une obligation de compétence et une obligation de moyens.
Niveau compétence pour ce genre de sport qui est quand même à risque, il faut un médecin qui est au moins qualifié en urgentiste voire réanimation. Moi, je suis médecin du sport, je n’ai pas fait de formation initiale de réanimation ou d’urgence. Je pourrai faire de la réanimation, mais ce n’est pas mon métier de base, et il vaut mieux confier cela à quelqu’un qui est vraiment formé pour ça. Il faut aussi une obligation de moyens, c’est-à-dire que pour ce genre d’événement, il faut du matériel adapté sur place, et non à l’infirmerie qui est à 10 minutes de voiture, mais sur place avec de quoi faire de la réanimation. Il faut entuber, s’il faut faire une voie veineuse pour mettre des drogues de réanimation, il faut que ce soit sur place avec le matériel adéquat.
»


Le président de la fédération de boxe anglaise de la Polynésie française, D’esli Grand-Pittman (deuxième personne debout en partant de la gauche) et son équipe sont rentrés lundi matin sur Tahiti.
Le président de la fédération de boxe anglaise de la Polynésie française, D’esli Grand-Pittman (deuxième personne debout en partant de la gauche) et son équipe sont rentrés lundi matin sur Tahiti.
D’esli Grand-Pittman
Président de la fédération de boxe anglaise de Polynésie française

« C’est vraiment malheureux, mais on ne va pas répéter ça chez nous »


« Pour ces jeux, ce sont 60 athlètes qui sont concernés par cette décision. C’est désolant, surtout que pour la boxe, c’est un sport où on joue sur le mental. Mais la loi est claire, il faut un médecin, on parle de la sécurité de nos enfants. Il nous faut un urgentiste, j’ai discuté avec le président de la Polynésie, et il n’a pas su me répondre. On a fait des bêtises avant pour garder le sport, ça suffit. Certains des athlètes vont jouer dans d’autres disciplines. C’est vraiment malheureux, mais on ne va pas répéter ça chez nous. On faisait comme ça avant, l’athlète était content, mais il n’était pas conscient des risques qu’il encourait. On a des enfants qui boxent et qui ne voient pas bien, alors que c’est interdit. Ils doivent consulter d’abord un ophtalmologue avant de monter sur un ring. Je m’excuse pour tous ces athlètes, et nous allons reparler de tout ça à Tahiti avec toutes les personnes compétentes parce que cette histoire ne peut plus durer. Il va falloir que l’on se batte pour que tout cela cesse. »


Lehi Atiu
Président du club de Bora Bora

« Nous n’avons pas le choix »


« Nous sommes déçus, mais nous n’avons pas le choix et nous avons suivi la décision des présidents de boxe et de la fédération de boxe. J’en ai parlé à mes jeunes, certains ont pleuré parce qu’ils avaient hâte de montrer ce qu’ils valaient à leurs parents. J’avais préparé deux sélections, ça fait donc 20 jeunes de Bora qui vont rester là pendant les jeux à ne rien faire. Nous serons là avec notre présidente pour soutenir les autres jeunes de Bora. »


Amoroa Atiu
Boxeur de Bora Bora

« Nous avons dépensé 30 000 francs pour ces jeux »


« J’en veux au président Pittman parce qu’il a insisté à ce qu’on paye plusieurs choses, telles que les licences, les visites médicales, l’ophtalmologue, le bateau pour aller à Raiatea. En gros, nous avons dépensé 30 000 francs pour ces jeux. Je ne travaille pas, donc c’est pas facile pour nous.
J’ai déjà fait des championnats de Polynésie et de France. Nous sommes allés au Vanuatu dernièrement, et là-bas, ça n’a rien à voir à chez nous. Quand, nous étions avec Tauhiti, nous avions des médecins et tout était au complet.
»



Rédigé par Corinne Tehetia le Lundi 19 Février 2018 à 10:01 | Lu 2044 fois






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