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La bataille commence pour la présidence du Parlement européen


Ludovic MARIN / AFP
Ludovic MARIN / AFP
Strasbourg, France | AFP | mercredi 24/11/2021 - La bataille est lancée pour l'élection à la présidence du Parlement européen, entre la droite qui désigne mercredi soir son ou sa candidate, et les sociaux-démocrates déterminés à ne pas lui laisser le champ libre.

Elu en juillet 2019 à l'issue d'un partage des responsabilités de l'UE entre les principales familles politiques européennes, l'Italien David Sassoli (S&D), ancien présentateur de journaux télévisés et eurodéputé depuis 2009, voit son mandat actuel expirer en janvier 2022.

Il avait été porté à la tête du Parlement à la suite d'un accord entre les dirigeants des groupes S&D (sociaux-démocrates), PPE (droite) et Renew Europe (centristes et libéraux) qui s'étaient engagés à lui apporter leur soutien, et à élire un candidat PPE pour la deuxième moitié de la législature quinquennale.

Dans la répartition des "top jobs" de l'UE, le Parti populaire européen, premier groupe politique au Parlement (178 eurodéputés), a obtenu la présidence de la Commission, avec la désignation de l'Allemande Ursula von der Leyen, tandis que la famille des centristes et libéraux est représentée par le Belge Charles Michel à la tête du Conseil européen.

A moins de deux mois de la remise en jeu de la présidence du Parlement, le PPE réclame désormais le respect de l'accord passé en 2019, jugeant son tour venu d'assumer cette fonction.

La première force politique du Parlement, dont le chef de file, l'Allemand Manfred Weber, a décidé de ne pas se présenter, doit choisir mercredi soir entre la Maltaise Roberta Metsola, 42 ans, première vice-présidente du Parlement européen et qui fait figure de favorite, la Néerlandaise Esther de Lange et l'Autrichien Othmar Karas.

"Equilibre politique" 

Mais le groupe S&D n'entend pas "céder" sa place au PPE, refusant de laisser l'ensemble des principales institutions aux mains des autres familles politiques alors même qu'il voit son influence grandir avec la victoire des sociaux-démocrates en Allemagne.

Les socialistes regrettent d'avoir déjà perdu la présidence de l'Eurogroupe, passée en 2020 aux mains de l'Irlandais Paschal Donohoe (centre droit).

Mardi soir, ses membres ont apporté un "soutien unanime" à David Sassoli, 65 ans, pour briguer un second mandat. Mais la santé de l'Italien, récemment remis d'une pneumonie qui l'a éloigné de l'hémicycle pendant deux mois, fait planer une incertitude sur sa candidature, qu'il n'a pas lui-même déclarée officiellement. 

"On n'est pas là pour parler de moi, je suis au service de mon groupe", a-t-il prudemment déclaré lors d'une réunion avec les eurodéputés S&D.  

Laisser la présidence du Parlement à la droite "serait une erreur politique à un moment où nous avons un avantage en Europe en tant que famille politique", a-t-il toutefois prévenu. 

La cheffe de file des eurodéputés S&D, l'Espagnole Iratxe Garcia, a aussi souligné la nécessité de préserver un "équilibre politique" à la tête des institutions. "La présidence du Parlement n'appartient de droit à personne", a-t-elle lancé.

Le groupe (145 eurodéputés) a entamé des discussions avec d'autres familles politiques pour "nouer des alliances".

Le groupe Renew Europe (100 élus), par la voix de son président le Français Stéphane Séjourné, a indiqué qu'il ne présenterait pas de candidat. Certains membres ont déjà fait part de leur préférence, comme l'eurodéputé estonien Andrus Ansip, qui s'est prononcé en faveur de Roberta Metsola.

De son côté le groupe des Verts, 4e force politique avec 73 élus, se dit libre "de toute sorte d'accord" et n'exclut pas de présenter son propre candidat. "Cela dépend" de ceux qui sont désignés par les autres, "nous allons regarder comment les choses se développent", a indiqué à l'AFP la coprésidente du groupe, l'Allemande Ska Keller, elle-même candidate en 2019.

L'élection aura lieu pendant la session plénière du Parlement en janvier, a priori le 18. Pour être élu, un candidat doit recueillir la majorité des votes exprimés par bulletins secrets. Si aucune majorité absolue ne se dégage au bout de trois tours de scrutin, la majorité simple suffit pour le quatrième.

le Mercredi 24 Novembre 2021 à 05:53 | Lu 237 fois